Lot 333
Guglielmo Ciardi (1842 - 1917) Labourage (travaux des champs), vers 1872 Huile sur toile 44 x 95 cm Signature : en bas à gauche, "Ciardi". Éléments distinctifs : au verso du cadre, "CIARDI" au feutre Provenance : collection privée, Biella Bibliographie : Maria et Francesco Pospisil, "Guglielmo Ciardi", Florence, 1946, table 45 ; Giuseppe L. Marini, ed. "Il valore dei dipinti italiani dell'Ottocento e del primo Novecento", Turin, 1999, p. 205 ; "Ottocento. Catalogo dell'arte italiana dell'Ottocento", n° 28, Milan, 1999, p. 118 ; Giuseppe Pavanello, "Venezia : dall'età neoclassica alla 'scuola del vero'", in G. Pavanello, ed. "La pittura nel Veneto. L'Ottocento", I, Milan, 2002, p. 77, fig. 118 ; Nico Stringa, "Guglielmo Ciardi. Catalogo generale dei dipinti", Crocetta del Montello, 2007, p. 291, no. 368 ; Stefano Bosi, scheda in Enzo Savoia, Stefano Bosi, a cura di, "I Maestri del Colore. Arte a Venezia nell'800", catalogue d'exposition, Milan, 2017, pp. 36-39, 161. Expositions : "I Maestri del Colore. L'art à Venise au XIXe siècle ", Milan, Galleria Bottegantica, 2017. État de conservation. Support : 85% (rintelo et rintel) État de conservation. Surface : 80% (chutes de couleur et retouches) La formation de Guglielmo Ciardi est marquée par son passage à l'Académie des Beaux-Arts de Venise sous la direction de Domenico Bresolin, le rénovateur de la peinture de paysage vénitienne, et par son voyage à Florence, Rome et Naples en 1868, qui lui permet de connaître la peinture de Fattori, Signorini, Costa, Palizzi et Morelli. Les œuvres de la première maturité de l'artiste réalisées entre 1868 et 1869 entre le canal de la Giudecca et la campagne de Trévise semblent s'inspirer de la leçon du "réel". Comme l'indique Nico Stringa, l'artiste tourne le dos à la ville construite pour "emprunter la voie d'une conversation complète et presque désarmée avec la nature "nue", en minimisant les éléments narratifs et descriptifs (et décoratifs) et le potentiel chromatique qui en résulte, ouvrant la voie à une approche synthétique" (Nico Stringa, "Guglielmo Ciardi : l'istinto del vero", in Nico Stringa, "Guglielmo Ciardi. Catalogue général", citée, pp. 27-45, p. 37-38). Au début des années 1970, les paysages de lagune et de campagne sont peuplés de pêcheurs et de paysans, représentés sans rhétorique au sein de l'environnement naturel, qui devient le protagoniste absolu. La toile "L'aratura" (Le labour), au format allongé caractéristique de la tradition des Macchiaioli, appartient à la série des vues de campagne peintes à cette époque. Il s'agit d'un tableau à l'équilibre délicat, parfaitement bipartitionné par la ligne d'horizon et construit sur le contraste entre les tons chauds et terreux de la partie inférieure et les tons froids de la partie supérieure. Le blanc et le bleu décrivent les variations de lumière dans le ciel coruscant de rares nuages et la neige sur les sommets des montagnes lointaines. La scène se déroule à la fin de l'automne : deux hommes achèvent de labourer, tandis que deux femmes sont prêtes à semer. Ce sont des personnages impersonnels, représentés de dos ou de profil, dont les visages sont méconnaissables. Ce qui compte, en effet, c'est le rapport équilibré et serein entre la nature et les activités humaines. Les gestes calmes des personnages prennent une dimension mythique, en analogie avec la peinture de terrain française contemporaine, de Millet à Breton. Teresa Sacchi Lodispoto
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15/05/2024
Proposé par Claudia Bonino
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