Lot 5
HANS HARTUNG (1904-1989) T 1949 - 10, 1949 Huile sur toile. Signée et datée en bas à gauche. 50 x 73 cm - 193/4 x 283/4 in. Il était une fois un petit garçon qui se faisait gronder par son maître d'école : « Sortez ! Vous faites encore vos taches, vos horribles taches d'encre ! Vous verrez où cela vous mènera dans la vie de ne faire que des taches et des gribouillages ! » La tache un jour s'allongea et devint cursive : le petit garçon s'appelait Hans Hartung. En 1947 paraît « La Peste » de Camus qui coïncide avec la toute première exposition de cet artiste dont les émois en peinture apparurent d'abord devant Holbein et Goya. Mais c'est devant La Famille de Rembrandt qu'il eut l'illumination (« je serai peintre ») avant d'avoir une révélation : dans les plis de la robe de la mère, il découvrit que Rembrandt aussi faisait des taches ! Hartung se mit alors à apprendre à griffonner, à gratter, à agir sur la toile qu'il épuise de ces lacérations nées de ses ralentissements puis de ses accélérations. C'est désormais en maître qu'il envahit la toile, informelle. « A la liberté d'expression, devait répondre la liberté de la contemplation » dit-il. Des affrontements qui engendrèrent l'ineffable, il fustigea et caressa les tableaux avec des plumes, des craies, des branches, des encres, des pastels, ses doigts… Conjurant les éclairs et sa peur par une science exacte : l'apprentissage de la Section d'or (recherche de l'équilibre en mathématiques qui prévaut également en art). « Divisez une ligne en deux parties égales : vous obtenez l'ennui. Coupez-en un septième : la majorité opprime la minorité. Mais il y a une mesure unique qui préserve l'unité du tout » dit-il. Assis devant son chevalet, Hartung avait alors pour obsession de diviser le ciel, d'équarrir l'horizon afin d'atteindre au plus juste l'harmonie. La clarté de cette composition se retrouve ici dans l'alternance parfaite entre la surface peinte et le tracé, de même qu'entre le trait linéaire et celui en écheveau. Quant au contraste subtil des nuances, il sert celui entre le brossé - flou par essence - et la précision fulgurante du tracé. La peinture, disait Léonard de Vinci, est une poésie qui se voit.
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Tableaux anciens
À propos de la vente
Catalogue
Collection Alain Delon
75008 Paris - France
15/10/2007
Proposé par BONHAMS CORNETTE DE SAINT CYR
01 47 27 11 24