Lot 114
Honoré-Gabriel de Riquetti, comte de MIRABEAU (1749-1791).
Manuscrit autographe, Mes Mémoires ; cahier petit in-fol. de 48 pages cousues sous couverture de papier portant un titre d’une autre main : Vie privée de M. de Mirabeau écrite par lui-même.
Précieux manuscrit inédit des mémoires de Mirabeau sur sa jeunesse, ses premières expériences sexuelles et sa vie amoureuse jusqu’à l’âge de dix-sept ans.
Ce manuscrit a probablement été rédigé par Mirabeau pour tromper l’ennui de sa captivité au fort de Joux ou au donjon de Vincennes. Quoique de premier jet, il est soigneusement écrit à l’encre brune sur toutes les pages de 12 feuillets doubles de papier vergé (numérotés en haut à droite de 1 à 12), d’une écriture régulière et fort lisible, centrée dans la page avec de belles marges ; il présente quelques ratures et corrections. Il est resté inédit, et, par sa narration vive et décomplexée, il contraste fort avec les très officiels Mémoires biographiques, politiques et littéraires de Mirabeau, composés par son fils adoptif Lucas de Montigny à partir des archives familiales (1833-1835).
Mirabeau se penche avec verve au fil de la plume sur la personnalité acrimonieuse de son père, nous parle de son éducation, notamment chez l’abbé Choquard, et nous expose ses premiers ébats amoureux…. Mirabeau commence par un préambule : « Nous voyons avec plaisir les tableaux de nos ancêtres. Nous observons attentivement leurs traits : nous nous rappellons avec intérêt les anecdotes qui en retracent le souvenir. Sans doute ce sentiment est comme tant d’autres l’ouvrage de notre amour propre. Mais chacun de nous est plus près de soi qu’aucun de ses pères. Nous sommes bien autrement précieux à nous même, que ces hommes dont la mémoire n’est guères utile qu’à notre vanité. Le tableau de notre intérieur, l’histoire de nos actions soit que nous nous les rappellions de bonne foi, soit que nous nous nous fardions à nos propres yeux, sera toujours un monument intéressant pour notre cœur. J’en suis si persuadé que je vais écrire mes mémoires, sûr que cette occupation me sera agréable dans tous les tems.
Je ne penserai qu’à moi en laissant courir ma plume, afin de travailler avec zèle et facilité. […] Privé de la liberté, triste, malheureux, presque insupportable à mes propres yeux, je cours après les distractions, et je sçais bon gré à mon imagination de m’avoir offert celle-ci. Je me promets un véritable amusement en me racontant mon histoire. Je suis certain d’exciter ma propre curiosité. […] J’écrirai facilement ; car je n’ai point de prétentions : je me peindrai de bonne foi ; car je ne travaille que pour moi : je rirai de moi, je pleurerai sur moi, et soit que des souvenirs agréables ou sombres s’offrent à ma mémoire, je tracerai du moins une peinture très fidèle des passions qui ont agité mon cœur ».
Mirabeau commence par parler de sa famille : « Je suis d’une race très ancienne, considérée, respectée même, et dont il n’est point sorti d’hommes médiocres […] Mon père s’est fait un grand nom. Il a mérité sa réputation à beaucoup d’égards ; et s’il eut cultivé ses talens, contenu son génie et quitté à tems sa carrière, il eût peut-être été l’un des premiers hommes de son siècle. Ma mère est fille d’un bon gentilhomme qui né sans fortune, sans talens, sans raison, quoiqu’avec beaucoup d’esprit, épousa une riche héritière de la plus haute naissance. [...] Ma mère eût quatre filles et deux garçons avant que de me donner le jour. Les filles vivoient lorsque je naquis ; mais les garçons m’avoient fait place. Je fus assez négligé dans les premiers tems de ma vie, selon l’ancienne coutume ».
Il fut confié à un gouverneur [Poisson, désigné ici par l’initiale P.] qui « mit tout l’intérêt de son amour propre, de sa gloire, de son devoir, de sa sensibilité même, à hâter mes progrès dans les études ordinaires de la jeunesse, à surcharger ma mémoire, et ce qui est pis encore, à monter ma tête au ton de la raison et de la gravité. [...] Il ne pensa qu’à donner à son élève le vernis, ou plutôt le masque de l’esprit, de l’instruction, et presque de la philosophie », et il fit de Mirabeau « un enfant perroquet », doué d’une « mémoire heureuse », d’une « élocution facile », délaissé par son père, « alors occupé de ses ouvrages »…
Mirabeau dénonce ce système d’éducation, « pas moins dangereux pour l’âme que pour l’esprit », qui pouvait le rendre pédant, hypocrite et nul. « Le petit homme qui sentoit l’injustice et l’hippocrisie, sans pouvoir la dévoiler, frémissoit, rugissoit, mais inutilement. […] mais le fonds était bon. Mon cœur resta tel ; tandis que mon caractère contracta de la rudesse et de l’apreté. […] je devins fier, hautain et emporté. […] Les douze ou quinze premières années de ma vie, j’étois contraint et sombre ; parce que le sentiment de l’injustice opprimoit mon jeune cœur. […] Ainsi j’ai été malheureux, en ouvrant la paupière, et j’ai trempé mes lèvres dans la coupe amère des injustices et des contradictions dès l’aurore de ma vie »… Enfant faible et malingre, il fut frappé par la maladie, « à deux doigts de la mort » ; mais cette crise « raffermit à jamais ma constitution physique »….
C’est alors sa première expérience sexuelle avec Julie, la fille de son gouverneur, âgée de quinze ans et dont il partageait la chambre : « Pour moi très imbécille et très gauche, je n’observois cependant pas sans émotion sa gorge naissante ; mais je m’en tenois à l’émotion. […] Je jouois un jour avec elle, ma main touchoit son sein, ce sein brulant la repousse, et je suis troublé jusqu’à perdre connoissance. Je ne sçais laquelle de la nature, ou de Julie, m’inspira la première ; mais le baiser le plus ardent ferma sa bouche ; Julie me presse et bientôt nos caresses se confondent »... Julie le calme et lui promet « de m’apprendre le soir même bien des jolies choses. […] La nuit tant souhaittée, tant attendue arriva enfin. Nous nous couchâmes, et Julie me dit de venir partager son lit ».
Mirabeau rapporte leur charmant dialogue et son doux apprentissage : « Elle saisit ce qu’une main si douce n’avoit jamais touché.... et il ne fût plus tems d’attendre. Je me précipitai sur elle, je la pressois, je la mordois, je l’étouffois, je me consumois en vains efforts » ; mais Julie sait le guider : « La nature m’indiquoit des mouvemens violens et rapides qui bouleversoient tout mon être. Julie ennivrée de plaisir n’existoit plus que pour lui. Bientôt l’amour lui prodigua ses plus délicieuses faveurs »… Etc.
Trois mois de bonheur et de jouissances eurent sur Mirabeau le meilleur effet : « Mon esprit sembloit attendre cet instant pour éclore. Mon imagination commença à produire de vives étincelles. Mes premiers essais présagèrent un stile séduisant et rapide. Mes progrès dans toute sorte de travail s’accélérèrent ».
Deux ans passèrent ainsi en « passetems » amoureux secrets, même après qu’on les ait mis dans des chambres séparées…. Alors que Julie était devenue « une vieille jouissance », Mirabeau a la tête tournée par Mme de P*** [Pailly], « femme artificieuse et implacable » ; elle avait été la maîtresse du maréchal de Saxe, du duc d’Orléans, et même du roi, puis du duc de Duras, qui pour s’en débarrasser « la fit connoître à mon père, qu’il sçavoit inflammable et romanesque » ; le marquis installa chez lui sa maîtresse, « relégua ma mère dans ses terres, et l’y retint par lettre de cachet, acte de tirannie qui fût toute sa vie son arme favorite ».
Trahi par ses « stances indiscrètes », le jeune Mirabeau est envoyé à Versailles chez un ami de son père Monsieur de S*** [Sigrais], « pédant académicien, sévère et soucieux moraliste, et mari très impotent d’une fort jolie femme », hélas « trop sage pour se livrer à un aussi jeune et aussi bouillant enfant », qui se console avec une voisine, « folle aimable, qui ne me donna pas même la peine de lui demander un sacrifice, qui ne lui coutoit rien »….
Chassé par le jaloux Sigrais, Mirabeau, âgé de seize ans, est alors placé par son père, qui le juge comme « un sujet dangereux et presque perdu », chez l’abbé C*** [Choquard], « un charlatan, homme d’esprit », qui fait du jeune homme « la plus utile décoration de son gymnase. Il me donna la supériorité des grades établis parmi ses élèves ; et je fus bientôt plus maître que lui dans sa maison »... Dans un moment de colère, l’abbé « écrit à mon père.
Celui-ci furieux, sollicite une lettre de cachet » ; mais le jeune Mirabeau réussit à convaincre ses condisciples et l’abbé de solliciter du marquis parmi eux. « La chasteté n’entroit pas dans mon système de morale, et graces à mes soins et à ceux de mes coopérateurs, dans l’espace de trois mois, trois jolies servantes sortirent grosses de la pention ». Il évoque aussi une orgie où « nous fîmes coucher une de ces filles au milieu de nous, et cette nouvelle Messalline surpassa les exploits de la célèbre romaine, car elle reçut vingt quatre fois nos embrassemens »…
Il est chargé pour la Saint-Louis de « faire l’éloge d’un grand homme », et prononce devant le duc de Bourbon l’éloge du grand Condé. Le jeune Mirabeau découvre alors son talent d’orateur, salué dans les journaux.. Il relate alors « une aventure qui me valut les faveurs d’une des plus jolies femmes de Paris », Mme B., « jeune et charmante femme », épouse d’un fermier général de 75 ans, et sœur de la célèbre Madame H. et L. ». Elle l’avait remarqué à la pension, « non pas assurément que ma figure mérita cette attention ; la petite vérole a détruit chez moi tous les dons extérieurs de la nature ; mais je ne sçais quoi de piquant et de singulier, dans ma phisionomie, m’a toujours attiré des regards, dont mon amour propre se seroit souvent bien passé ».
Il s’étonne cependant « qu’une très jolie femme de vingt quatre ans, environnée d’une cour nombreuse, se donna la peine d’agaçer un écolier de dix sept ans. […] Madame B. venoit me chercher tous les jours, et j’étois de toutes ses parties. […] Jamais cependant une aussi flatteuse conquête n’avoit excité mes désirs. Madame B. belle et jolie, régulière et piquante, grande, faite à peindre, possédoit également les beautés d’une figure noble et régulière, et les attraits d’une phisionomie étincelante et voluptueuse ».
Mirabeau raconte son entreprise de séduction : « je jouai avec beaucoup de vérité l’amour timide ; quoiqu’au fonds je ne fûsse ni amoureux, ni timide. Je plaignis avec attendrissement le cruel esclavage, sous lequel on gémissoit ; j’admirai la vertu, la patience, la douceur, d’une femme qui n’étoit ni douce, ni vertueuse, ni patiente. Nous étions devant une glace, et j’observois les impressions que faisoient mes tendres flatteries. [...] Je baisois cependant tendrement une main qu’on ne retiroit pas. Madame B. voulut s’asseoir, et je ne quittai pas cette main ; mais la mienne, en suivant maladroitement le mouvement de madame B. s’arrêta fort adroitement sur une gorge formée des mains de l’amour...
Alors la violence du désir m’emporta de bonne foi. Je ne voulus point être entreprenant, mais je le fus, renverser Madame B., la vaincre, et jouir d’elle, se succédèrent si rapidement, qu’elle eût été fort embarassée pour se défendre, si tel eût été son projet. Mais elle me prouva bientôt qu’elle avoit vû arriver l’instant de sa déffaite, sans vouloir retarder ma victoire. […] Madame B. me prouva bientôt qu’elle partageoit tous mes plaisirs »... Mais Mirabeau accroche par mégarde le cordon de la sonnette, et la femme de chambre interrompt ces ébats « dans la position du monde la moins équivoque »…
Il raconte également une partie de campagne dans « une maison enchantée » à Bercy : « Là, pour la première fois, je pus passer des nuits dans les bras de ma divinité. Là s’ouvrit une nouvelle carrière à mes plaisirs. Que de beautés ! quel corps ! que de volupté ! que je m’ennivrai de mon bonheur. Fougueux, emporté en amour, je n’avois connu jusqu’alors de jouissance que la jouissance elle même. Ces caresses ravissantes qui la précèdent, et l’emportent peut-être sur elle, me sembloient une perte de tems. Je désirois toujours, et je me satisfaisois sans cesse. Madame B. avoit un tempéramment ardent, mais presqu’autant de volupté. Elle m’initia bientôt dans ses plus doux mystères, et m’apprit à ajouter beaucoup à mes plaisirs, en n’accordant pas tout à mes désirs »…
Autres exploits lors d’un nouveau séjour à Bercy : « Huit fois j’offris mon hommage à l’amour ; et ma fervente maitresse surpassa de beaucoup mes vœux et mes offrandes »…. Mirabeau quitte alors la pension de l’abbé Choquard pour Saintes, où il doit rejoindre un régiment. Lors du voyage en carrosse, malgré la surveillance du domestique G. [Grévin], chargé par son père de l’espionner, il réussit à séduire une jolie Baronne allemande. Il arrive à son régiment à Saintes, sous les ordres du marquis de Lambert, « un des faiseurs de riens à la mode [...] J’apperçus encore, avec un véritable chagrin, que mon père selon une louable coutume particulière à lui, et qui ne s’est jamais démentie, avait inspiré à M. de Lambert les préventions les plus sérieuses sur mon compte [...] C’étoit une méthode infaillible pour me perdre ; car ma tête bouillante, qui n’a jamais pu tolérer l’injustice et le despotisme, devoit se révolter »... Après un bref séjour en prison, Mirabeau peut se livrer à de nouvelles conquêtes féminines : « Le plus étonnant effet de l’imagination, est selon moi la disposition de l’homme aux plaisirs de l’amour. Sans parler des excès dont il est capable, il est certain que les plaisirs habituels d’un homme ordinaire épuiseroient tout autre être plus vigoureusement constitué qu’aucun individu de notre espèce ; mais dépourvu de ce foyer embrasé que nous avons appelé imagination. Jamais on n’en reçut de la nature une plus enflammable que la mienne, et mes sens lui obéissoient avec facilité, surtout alors. Rose n’avoit que quinze ans, et madame de Br. était une des femmes les plus ardentes que j’aye jamais trouvée »... Une de ces aventures lui vaut de se battre en duel avec un officier. Peu après il fait la rencontre de Mme de Se., puis de la jeune Adélaïde, et il raconte avec bien des détails piquants ces aventures, menées de front, et ses prouesses galantes… Le manuscrit s’arrête lors du récit de son aventure avec Madame de la T.D.P. [La Tour du Pin], « une des femmes de ce siècle que le débordement de ses mœurs a rendu la plus célèbre, dans la classe des femmes perdues [...] J’étois bien aise d’éprouver ce que l’expérience pouvoit ajouter de plaisir au phisique de l’amour. [...] Un jour qu’elle m’ennuyait d’une dissertation sur le sentiment, (c’étoit son sujet favori) : Ma foi, lui dis-je, Madame la marquise, je ne suis pas grand métaphisicien, et la phisique expérimentale est plus analogue à mes talens et à mes gouts. [...] Je lui plaçai vivement la main, de manière qu’elle ne pût pas douter que je ne lui en imposois pas... Cette démonstration n’étoit pas faite pour laisser de sang froid une telle femme, et bientôt les expériences firent en effet place aux raisonnemens ».
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Arts de la table, orfèvrerie
À propos de la vente
Retrouvez des lots similaires en vente sur Interencheres
Voir plus de lots en vente sur Interencheres
Estimation :16 000 €
18 000 €
Live
04/06/2026
Proposé par La Suite Subastas
Estimation :200 € - 300 €
Live
04/06/2026
Proposé par Gros & Delettrez
Estimation :27 000 €
29 000 €
Live
07/06/2026
Proposé par Maître Denis HERBETTE
Estimation :200 000 €
250 000 €
Live
07/06/2026
Proposé par ROUILLAC
Estimation :3 000 € - 6 000 €
Live
07/06/2026
Proposé par ROUILLAC
Estimation :50 € - 80 €
Live
04/06/2026
Proposé par Gros & Delettrez
Estimation :20 000 €
30 000 €
Live
07/06/2026
Proposé par ROUILLAC
Estimation :10 000 €
20 000 €
Live
06/06/2026
Proposé par HDVM Hôtel Des Ventes Mazzella
Estimation :20 000 €
Live
07/06/2026
Proposé par ROUILLAC
Estimation :3 000 € - 5 000 €
Live
04/06/2026
Proposé par FOURNIÉ & CORTÈS
Estimation :3 000 € - 5 000 €
Live
04/06/2026
Proposé par La Suite Subastas
Estimation :5 000 € - 8 000 €
Live
04/06/2026
Proposé par La Suite Subastas
Estimation :5 000 € - 10 000 €
Live
04/06/2026
Proposé par La Suite Subastas
Estimation :1 800 € - 3 000 €
Live
04/06/2026
Proposé par La Suite Subastas
Estimation :200 € - 300 €
Live
04/06/2026
Proposé par Gros & Delettrez
Estimation :800 € - 1 200 €
Live
04/06/2026
Proposé par Rossini
Estimation :400 € - 600 €
Live
07/06/2026
Proposé par ROUILLAC
Estimation :40 000 €
60 000 €
Live
04/06/2026
Proposé par FOURNIÉ & CORTÈS
Estimation :200 000 €
300 000 €
Live
07/06/2026
Proposé par ROUILLAC
Estimation :80 000 €
120 000 €
Live
08/06/2026
Proposé par ROUILLAC
Estimation :15 000 €
20 000 €
Live
07/06/2026
Proposé par ROUILLAC
Estimation :2 000 € - 4 000 €
Live
04/06/2026
Proposé par La Suite Subastas
Estimation :10 000 €
Live
07/06/2026
Proposé par ROUILLAC
Estimation :6 000 € - 10 000 €
Live
04/06/2026
Proposé par La Suite Subastas
Estimation :2 500 € - 4 500 €
Live
04/06/2026
Proposé par La Suite Subastas
Estimation :8 000 € - 12 000 €
Live
06/06/2026
Proposé par Saint Paul Auction
Estimation :200 000 €
300 000 €
Live
07/06/2026
Proposé par ROUILLAC
Estimation :2 500 € - 3 000 €
Live
07/06/2026
Proposé par ROUILLAC
Estimation :8 000 € - 12 000 €
Live
07/06/2026
Proposé par ROUILLAC
Estimation :3 000 € - 4 000 €
Live
09/06/2026
Proposé par Gros & Delettrez