Lot 184
Jacques MONORY « OPERA GLACE N°6 », 1975 Huile sur toile signée, titrée et datée au dos 195 x 130 cm Provenance : - Galerie Maeght, Paris - Galerie Louis Carré, Paris - Collection particulière Expositions : « Images détournées », Centre Georges Pompidou, Paris, Bibliographie : - « Opéras glacés », Opus international n°59, Paris, 1976, reproduit page 69 - « Jacques Monory », Pierre Tilman, éditions Frédéric Loeb, 1992, reproduit page 87 - « Monory », Jean-Christophe Bailly, éditions Maeght, 1979, reproduit sous le n°496 page 11 « Le pessimisme intégral de Monory trouve dans les « Opéras » comme dans les « Catastrophes » qui les prolongent le lieu bruyant de son accomplissement. La dernière des « Images incurables », reprise quatre fois, s'effaçant peu à peu, montrait un avion explosant sur une piste d'envol. L'explosion finale de la série ouvrait son malaise immobile au débordement de la catastrophe. C'est cette catastrophe que donne à voir les « Opéras » - catastrophe picturale aussi, non pas, cela s'entend, au sens de la valeur, mais parce que tout un monde s'y détruit, l'équilibre qui le tenait, le rêve de fixité et l'écran bleu qui en étaient les forces ayant lâché » Jean-Christophe Bailly Scène d´opéra, pièce de théâtre, épisode de roman policier où l´intrigue reste à déchiffrer, meurtre réel ou non que notre monde d´images plus souvent violentes que douces et apaisées qui se bousculent et se téléscopent, déverse chaque jour par le biais d´un écran ou sur papier glacé, fait(s) divers qui font diversion(s), Jacques Monory est le peintre des énigmes, du télescopage des images de mémoire sérielle que la vision enregistre et recompose sous la forme d´un monde aseptisé, uniformisé sous un halo de couleur bleue, couleur de la mémoire. Jacques Monory l´emploie à contre-courant, paradoxalement, en lui conférant une intensité et une profondeur pour couvrir au sens propre comme au figuré la vision d´une scène. « Opéra Glacé n°6 » est un tableau important de la série du même titre puisqu´il enregistre le moment du drame: un corps étendu ( s´agit-il d´un meurtre?) recouvert en grande partie d´un drap blanc dans un salon de coiffure aux parois de vitres reflétant un des gigantesques lustres, les balcons et les boiseries de l´Opéra Garnier à Paris. Dans « Opéra Glacé n°7 », deux détails (lustre et corps étendu) seront d´ailleurs repris. Coexistence de la scéne d´opéra et du meurtre, du monde contemporain et du monde ancien, du drame et du fait divers, de la réalité et de la fiction, Jacques Monory joue sur les glissements et les distorsions de sens, comme l´atteste le bandeau dactylographié en bas à gauche semblant présenter l´image comme illustration d´une scène: « Opéra N.Y. Acte V-Scène III »… orientant ou leurrant le déchiffrage du contenu de l´image. Spectacle de la réalité ou réalité du spectacle ? Monory pose la question. A chacun d´y répondre comme il l´entend et le perçoit.
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Tableaux anciens
À propos de la vente
Catalogue
16/12/2012
Proposé par Maître DE CRISNAY
01 39 50 69 82