Lot 19
Jean Guillaume MOITTE (né à Paris en 1746 -1810)
Saül sacrifiant aux idoles avant la bataille de Geboë ou Guilboa
Dessin au lavis d'encre grise et à l'encre brune, plume à l'encre brune, gouache blanche, grise-indigo et verte, reprises à la pierre noire, collé en plein sur un papier vergé à filets d'encadrements.
Porte au verso du montage un n° 327 sur une étiquette de collection ou d'exposition fin XIXe.
Dimensions dessin :
Haut. : 41,7 cm.
Larg. : 53,5 cm.
Dimensions doublage à filets :
Haut. : 46 cm.
Larg. : 58 cm.
Cadre en bois sculpté et doré estampillé CHERIN (Jean Chérin, Paris, m. en 1760)
Haut. : 41,7 cm.
Larg. : 53,5 cm.
Provenance : France, collection particulière
Note :
Épisode de l'Ancien Testament et histoire des rois d'Israël.
L'onction royale conférée par le prophète Samuel au jeune Saül encouragea le jeune roi à libérer son peuple des Philistins et à soumettre les Amalécites. Après ses nombreuses victoires, il assura l'union des Hébreux, mais les Philistins décidèrent de réunir une importante armée pour exterminer le peuple hébreux.
Or le prophète Samuel avait recommandé au jeune roi de l'attendre afin d'offrir un sacrifice à Jéhovah avant cette bataille. Impatient et inquiet du retard du prophète, Saül précipita le combat et accompagné d'une sibylle, il officia lui-même au sacrifice afin de faire apparaître l'ombre de Samuel. Le roi devait périr durant cette dernière bataille ainsi que ses fils puni pour ne pas s'être plié aux conseils de Samuel et d'avoir désobéi à Dieu. Il sera remplacé par David.
J.-G. Moitte a choisi de représenter Saül offrant un sacrifice en l'absence de Samuel afin d'exhorter ses troupes pour le combat qui s'apprêtent au départ à gauche de la composition.
Ce grand dessin date des années 1770/1775 comme la Mort de Séneque au Metropolitan Museum of Art *doté d'une technique similaire peu commune mêlant lavis, gouache et poudre de bronze afin de conférer un aspect pictural au dessin. Le nôtre marrie de la gouache verte, grise-indigo et blanche appliquée en épaisses touches et doté de dimensions exceptionnelles bien supérieures à celles du dessin de New York témoigne des ambitions de Moitte pour accéder alors à l'Académie et choisissait pour cette raison durant ces années 1770/1780 des sujets violents illustrant le destin tragique de héros de l'ancienne Grèce ou de l'Ancien Testament comme l'atteste aussi une feuille au musée de Besançon, inv. D 2892, Polydore suppliant Achille de l'épargner (280 x 418 mm).
*Metropolitan Museum of art, inv. 2001.453 222 x 300 mm cf figure.
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