Lot 75
Kees VAN DONGEN 1877-1968 LA MARQUISE LUISA CASATI Huile sur toile signée en bas à droite 46 X 38 cm (181/4 X 143/4 in) bibliographie : Ce tableau sera inclus dans le catalogue raisonné actuellement en préparation par le Wildenstein Institute Une copie de l'attestation du Wildenstein Institute sera remise à l'acquéreur Bien que peintre connu dès les premières années du vingtième siècle grâce à ses oeuvres Fauves, à ses modèles de rues et de cabarets de la Place Pigalle, Kees Van Dongen se tourne vers une peinture mondaine qui va lui assurer rapidement la gloire et la richesse. A partir de 1914, dans son vaste atelier du 33 rue Denfert Rochereau à Paris, il donne des «fêtes très mouvementées», prenant l'allure de bacchanales. Un bal costumé donné à cette époque devait longtemps rester dans les mémoires. Kees, torse nu, les cheveux et la barbe parsemés de petits noeuds de ruban rose, recevait les célébrités artistiques et celles du «Tout Paris à la page». Deux femmes l'ont aidé à pénétrer ce milieu très fermé, «l'extravagante» marquise Casati rencontrée en 1914 et Léa Jacob, dite Jasmy «la divine», qu'il connaît en 1916. D'origine vénitienne, la marquise Luisa Casati Stampa, propriétaire d'un palais vénitien et de plusieurs résidences en France, vit alternativement en Italie et à Paris, où l'aristocratie, représentée par la duchesse de Clermont-Tonnerre et le prince de Faucigny-Lucinge, la reçoit. Elle doit sa notoriété à sa fortune considérable, à son extravagance spectaculaire et à son titre de maîtresse de Gabriele D'Annunzio. Un chroniqueur mondain de l'époque la décrit ainsi, lors de l'une de ses apparitions : «Une morte entra. Sa taille souple se moulait dans un satin blanc qui l'enroulait comme un suaire à la longue traîne, un massif d'orchidées cachait sa poitrine. Ses cheveux étaient roux, son visage livide d'albâtre, veiné de vert, disparaissait, dévoré par deux yeux énormes dont un cerne noir atteignait presque la bouche teinte en rouge, si foncé qu'elle semblait une barre de sang coagulé. Elle portait un tout jeune léopard dans ses bras. C'était la marquise Casati»*. Van Dongen fit plusieurs portraits de la marquise, dont deux peuvent prétendre révéler le secret de leur liaison. Pour le premier, intitulé Luisa, elle pose de profil, l'oeil peint de face et son cerne noir, le buste nu avec un pendentif en forme de coeur entre les seins. Le second, Chez la marquise Casati, exposé en 1917 à la galerie d'Antin, fut reproduit en couleurs dans le catalogue, manière d'afficher le genre de relations qui existait entre le peintre et le modèle. Ce portrait La marquise Luisa Casati, montre l'élégance de son profil d'aristocrate maculé par l'immense cerne noir de son oeil droit. Cet insolite regard permit à la célèbre marquise d'être reconnue, aujourd'hui il autorise une certitude : celle de l'identifier. * Cité in Louis Chaumeil, Van Dongen, Pierre Cailler Editeur, Genève, 1957, p. 164. BIBLIOGRAHIE : 25 janvier - 9 juin 2OO2, Martigny (Suisse), Fondation Pierre Gianadda, Kees van Dongen (Texte de Philippe Dagen : Une «époque Cocktail» : Van Dongen du côté de Dada). 100 000 / 150 000 €
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