Lot 62
Léon Spilliaert (1881-1946)
Belgique
La noyade (1904)
Aquarelle, encre de Chine et lavis sur papier
Sig. 1904 avec titre
38 x 30,3 cm
Étiquette d'exposition au dos
"Léon Spilliaert" MSK, Oostende 1996, cat. no. 18 ill.
"Léon Spilliaert" Musée des Beaux-Arts, Mons 2001, cat. no. 2
Sera repris dans le catalogue raisonné en préparation par Mme Anne Adriaens-Pannier
LES EAUX PROFONDES …
La relation entre Léon Spilliaert et la mer était complexe et intime. Elle était son âme sœur la plus chère. Comme un miroir, elle reflétait ses émotions et ses désirs. Un parallèle avec la vie psycho-émotionnelle de l'artiste est apparente. En dessous de la surface calme et placide se cache un monde exceptionnel et turbulant avec ses propres habitants et fantasmes.
Tandis que la surface donne l’impression calme et paisible, les eaux s’agitent dans les profondeurs. C’est là que réside le danger, sous la forme d’une créature féminine ténébreuse. Elle apparaît soudai-nement, attrape l’homme là où il est le plus faible et l'entraîne dans les profondeurs. D’une distance on ne peut qu’observer. Ses camarades ne voient pas ce qui se passe en dessous de la surface. Le plus pré-cieux de l'homme emmènera sa chute.
Spilliaert dépeint la peur et la réalité de nombreuses personnes. Des lignes courbées et épaisses, des contours tremblants et des couleurs sombres créent une forte expressivité. Les gesticulations sont presque comiques, ce qui les rend d'autant plus désespérés. La terreur se lit sur le visage de l'homme. C’est un visage qui donne expression au drame existentiel.
La ressemblance avec « Le cri » d’Edvard Munch de 1893 est frappante. Spilliaert connaissait l’œuvre de l’artiste norvégien grâce aux magazines français qu’il feuilletait beaucoup, où furent publiées des gra-vures dudit œuvre à partir de 1895. Les formes graphiques co-détermineront le langage formel que Spilliaert appliquera plus tard.
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Dessins, aquarelles et pastels
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