Lot 103
LIVRE D’HEURES À L’USAGE DE ROME Manuscrit enluminé à situer entre le Maître aux rinceaux d’or et l’entourage du peintre brugeois William Vrelant Parchemin, II papier, 128 ff. + I parchemin, II papier, 168 x 120 mm, justification du calendrier 110 x 75 mm, justification du texte 110 x 75 mm, écriture textura, 33 longues lignes au calendrier et 18 longues lignes dans le texte, 7, 22, 51v, 52, 56, 60, 64, 68, 78, 128v ff. blancs, lacune de trois peintures une en tête des heures de la Croix, une en tête de matines et une dernière en tête de vêpres, la miniature du Couronnement de la Vierge qui se situe normalement à Complies des Heures de la Vierge a peut-être été déplacée car elle se trouve aujourd’hui en tête de la messe Reliure maroquin olive du XVIIIe siècle Bruges, vers 1460 Expert : Jacques Benelli La Vierge est représentée debout dans un léger déhanchement caractéristique de l’Ecole du Primatice. Elle porte sur son bras gauche l’Enfant qui s’intéresse à un petit oiseau (dont il manque la tête) posé sur le bras droit de sa Mère. Il s’agit très certainement d’un chardonneret, oiseau que la symbolique chrétienne associe à la Passion, car les épines du chardon dont il se nourrit évoquent la couronne d’épines, tandis que les taches rouges de son plumage évoquent le sang du Christ. Le geste de l’Enfant, se penchant pour attraper l’oiseau, signifie l’acceptation de son supplice futur. La finesse, la délicatesse et la douceur rayonnant de ce groupe est l’oeuvre d’un artiste, bien que resté à ce jour anonyme, qui a su faire preuve d’une grande dextérité pour un objet de dévotion privée (compte tenu de ses dimensions). Elle témoigne de l’influence de Domenico Ricoveri, dit Dominique Florentin (Florence, vers 1506 - Paris, 1565) : la rondeur des visages, le drapé moulant le corps puis tombant en plis amples autour des jambes sont des constantes de l’art de cet artiste, transmises ensuite à l’École Troyenne de Sculpture. Le Musée du Louvre conserve une Vierge et l’Enfant attribuée à Dominique Florentin très proche de la nôtre . Originaire de Toscane (d’où le nom de Florentin qu’on lui donne en France), il étudie l’art de Michel-Ange et fit des gravures d’après la fresque du Jugement Dernier. Il vient en France, à Fontainebleau, à la suite de Rosso dès 1537, et apparaît d’abord comme stucateur (jusqu’en 1540). De 1540 à 1550, il fait partie de l’équipe de Primatice, dont il devient un des principaux collaborateurs et qui l’introduit auprès des Dinteville, importante famille de mécènes, à Troyes, dont il deviendra un des principaux sculpteurs. Jean de Dinteville faisait partie de la suite royale de François Ier. Ses principales oeuvres sont le soubassement du Monument du Coeur d’Henri II, en 1561- 1563 (aujourd’hui au Louvre) et le modèle du gisant du Roi, pour le tombeau royal de Saint-Denis (1565), seul achevé à sa mort. Il a également collaboré avec Primatice au tombeau des Guise à Joinville (1551-1552).
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