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Une sélection par : Maître Matthieu SEMONT - PHILOCALE
Lot 45
Interencheres LIVE
Estimation : 40 000 € - 60 000 €
Maître de Monte Oliveto Maggiore, actif à Sienne et sa région entre 1305 et le début 1330 Calvaire, volet de diptyque Panneau, peint au revers. Peinture à tempera et à fond d'or 31 x 22,5 cm Sans cadre Provenance : achat pour une icône à Valenciennes en 1984 H. 31 cm ; L. 22,5 cm (panneau avec cadre) H . 26,3 cm ; L18,2 cm (surface picturale) H. 29,2 cm ; L. 21 cm (panneau seul) DESCRIPTIF Sur le fond d'or circonscrit par une double bordure poinçonnée sur laquelle on a repeint plus tardivement en noir des motifs foliés, la croix du supplicié s'élève sur un tertre rocheux au centre de la composition. Sur les côtés, La Vierge et saint Jean l'évangéliste se tiennent debout. Vêtus de draperies rouge et bleu noirci, ils croisent leurs mains, le visage de la Vierge douloureux, tourné vers le Christ, celui de saint Jean baissé, consterné et affligé de douleur. Le Christ, au corps frêle et amaigri, vêtu du seul périzonium, penche la tête vers la droite, la chevelure mi-longue et pendante maintenue par la couronne d'épines. Les yeux clos, la bouche à peine ouverte, son corps s'étire tout le long de la croix, les pieds étant placés très bas sur le suppedaneum. ETAT Avers : panneau légèrement bombé, moulure dorée du cadre, d'origine, endommagée, laissant visible la toile sous-jacente. Fond d'or d'origine usé. Ornementation poinçonnée du fond d'or et auréoles : d'origine. Surpeints : bordures et motifs foliés peints en noir. Surface picturale : usures, accidents, restaurations dans la croix, le manteau de la Vierge, la robe de saint Jean. Revers : recouvert de « gesso » peint en brun et lacunaire, frappé d'un motif de quadrilobe (peint ou poinçonné) dans chaque coin du tableau. Un autre quadrilobe, plus important, orne le centre du panneau. La trace d'un crochet sur le coté droit inférieur ainsi que les motifs ornementaux de ce revers, indiquent qu'il s'agit d'un élément de diptyque dont le volet manquant devait être une Madone à l'Enfant. APPROCHE STYLISTIQUE On remarquera l'entourage de la croix souligné par une suite de petits points estampés, disposition qui semble ne revenir que dans les oeuvres du Maître de Monteoliveto, telle une marque particulière de fabrication (cf. Stubblebine, fig.211, Calvaire de la collection Marco Grassi). Autre caractéristique de ce maître : la double bordure poinçonnée qui souligne le pourtour de ses panneaux de dévotion. C'est autour du centre d'un triptyque représentant la Madone et l'Enfant entourés d'anges et de saints, panneau conservé au monastère de Monte Oliveto Maggiore, au sud de Sienne, que le catalogue des oeuvres de ce maître anonyme a été élaboré par la critique et placé sous le nom de convention de « Maestro di Monte Oliveto » artiste travaillant à Sienne et dans les environs au tout début du XIVe siècle. Influencé par l'art de Duccio et de ses élèves, d'abord par Ugolino di Nerio puis plus tardivement par Segna di Bonaventura (1), son activité s'étend des années 1305 à 1330 environ. Cesare Brandi, le premier (2), a réuni sous cette appellation une série de panneaux, proches par le style. Au nombre de ceux-ci figurent : les triptyques du Metropolitan Museum de New York (n°18.117.1 ; 41.190.31), la petite Maestà et la Crucifixion de la collection Lehman (1975.1.1 ; 1,2) (3), la Madone et l'enfant et une donatrice avec inscription Mater Sancta Dei chez Knoedler, (New York en 1939 ) (4). Ce début de catalogue fut amplifié au cours des années par G. Coor Achenbach, J.H.Stubblebine et F. Zeri (5), toutes créations de petites dimensions. Il semble que le Maître de Monteoliveto se soit spécialisé dans les oeuvres de dévotion, de formats modestes, destinées à une clientèle particulière, car ce sont majoritairement des éléments de triptyques ou de diptyques qui nous sont parvenus. Le Calvaire que nous présentons, inédit jusqu'ici, s'insère dans cette production où l'on trouve plusieurs panneaux de même sujet. Stubblebine en a recensé six (6) parmi lesquels on pourra rapprocher notre panneau de celui de l'ancienne collection Corsi de Florence (7). Avec un schéma réduit à trois personnages, aux attitudes d'affliction similaires, statiques et compassés devant le spectacle douloureux du Christ en croix, on retrouve, comme l'a bien défini Luisa Vertova, les « mêmes têtes allongées, les mêmes ombres brunes, la même gamme colorée limitée au rouge sang, bleu profond et ocre » qui caractérisent les oeuvres de ce maître. » Dans l'évolution de la carrière de cet artiste, notre Calvaire, doit plutôt se placer au début, vers les années 1315, au moment où il se rapproche de la production d'Ugolino di Nerio - bien que documenté de 1317 à 1327. Plus tardivement, ses regards se porteront plus volontiers vers les oeuvres de Segna di Bonaventura (documenté de 1298 à 1326). 1- Cf. F Zeri, E.Gardner, Catalogue of the collection of The Metropolitan Museum of art, Sienese and Central Italian schools, p.44-46 2- .C. Brandi, Catalogue Pinacothèque de Sienne 1933, et « Duccio » Florence, 1951, p. 141, 152 3- M. Laclotte, « A propos des « primitifs italiens de la collection Lehman » Information d'histoire de l'art, Mars-Avril 1957, p. 49, place ces panneaux à un niveau plus élevé que celui du Maître de Monteoliveto. 4- cf. G.Coor-Achenbach « A new attribution to the Master of Monteoliveto and some observations concerning the chronology of his works », The Burlington Magazine, vol.XCVII, 1955, p. 203-207, fig.26 ; J.H. Stubblebine, Duccio di Buoninsegna and his school, Princeton, 1979, p.92-102 et en particulier p.99, fig. 227. Passé ensuite dans diverses collections, le tableau a fait partie de la vente Edwin L. Weisl, Christie's, New York, 6 avril 2006, lot 27. 5- F. Zeri , E. Gardner, Italian paintings , Sienese and Central Italian Schools, The Metropolitan Museum of art, New York 1980, p.44-46 ; B.B Fredericksen , F. Zeri, Census of pre-nineteenth century Italian paintings in North America public collections, Cambridge (Masss) 1972, p. 132. 6- Stubblebine, vol. II, figs. 210,211,213,214,217,237 7- Stubblebine, fig 210 ; L. Vertova, « A new work by the Monteoliveto Master, The Burlington Magazine, vol. CXII, 1970, p. 688-691, fig. 1
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Ref. : 071230 - 1
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