Lot 6
Max ERNST (1854-1932)
OISEAU EN CAGE, circa 1924-1925
Huile sur carton signé en bas à droite
24 x 19 cm (91/2x 71/2 in.)
Provenance : Collection Paul Eluard.“C'est un cadeau que me fit Paul Eluard en 1939 à la veille de la guerre, époque où, avec mon père nous rendions souvent visite le soir à Paul Eluard et à sa femme Nusch. Pour le jeune homme que j'étais, c'était à chaque fois des moments merveilleux entre la jolie et souriante Nusch et le poète, simple et réservé, mais plein de charme qui fut toujours très amical avec moi.”
Jacques MatarassoS'il faut attendre les années vingt pour que “la créature ailée” apparaisse sous le nom de Loplop, Max Ernst, en revanche, mentionne sa tendance à s'identifier à un oiseau dès le début du siècle. Relisons ses “Notes pour une biographie” : “1906. Le supérieur des oiseaux Horneborn. Un ami du nom de Horneborn, un oiseau intelligent, tacheté et fidèle meurt dans la nuit ; la même nuit, un bébé, le sixième de la famille, vient au monde. Confusion dans le cerveau du garçon [...].
La crise est bientôt surmontée, mais une association volontaire quoique irrationnelle entre des images d'êtres humains et d'oiseaux ou d'autres animaux subsiste dans l'esprit du garçon, et cela se reflète dans son art.”
A cette époque, la phonétique loplop est dans l'air du temps. Il retentit au quartier latin derrière le “poète public” en la personne de Ferdinand Lop, tandis qu'en 1929 paraît un texte érotique anonyme, en réalité de la main d'Aragon, où l'on peut lire encore quelques provoquantes “vomissures lopes lopes”...
Cette identification à l'oiseau va se décliner selon de nombreuses interprétations dans l'œuvre de Ernst. Ici, L'oiseau en cage, juste fait d'un œil rond comme une balle de fusil, dévoile sa fragile existence derrière des barreaux mythiques. Les amis surréalistes du peintre voient en l'animal son double, son alter ego, et Paul Eluard d'écrire en 1926 :
Dévoré par les plumes et soumis à la mer
Il a laissé passer son ombre en vol
Des oiseaux de la liberté.
Bibliographie : Werner Spies, Max Ernst-Loplop, L'artiste et son double, Gallimard, Paris, 1982.
450 000 / 650 000 FF
62 500 / 90 300 $
68 600 / 99 100 ¤
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Tableaux anciens
À propos de la vente