Lot 74
Palma Crocodile Veracruz, Exceptionnelle palma présentant un crocodile de Morolet (Crocodylus moreletii ) aux belles formes naturalistes. La tête dirigée vers le sol et la queue spiralée aux excroissances rayonnantes vers le ciel. Les écailles de l’animal sont sculptées en ronde bosse avec maîtrise et minutie. La gueule de l’animal est fermée, les yeux sont grands ouverts et il semble prêt à bondir symboliquement sur sa proie. Cette oeuvre, à haute teneur symbolique, personnifie probablement « l’axis mundi », la queue spiralée évoque le serpent et exprime un concept de mouvement cosmique tandis que l’axe central du corps de l’animal relie la terre au ciel. Le crocodile, « Cipactli » en nahuatl, est aussi le glyphe du premier jour du calendrier Aztèque se référant à la terre. Les codes de l’art du Veracruz imposaient donc de figurer les sauriens en position verticale afin de signifier leur fonction de lien entre les différents mondes, aquatique et terrestre ou des vivants et des ancêtres. Cette oeuvre de taille importante peut être considérée sans nul doute comme une forme majeure de l’archéologie mexicaine, l’iconographie est d’une richesse inouïe. Ceci est attesté par une exceptionnelle étude du célèbre archéologue Jose Lopez Portillo de cette oeuvre. Ce dernier décrit comment cet animal fantastique est à l’origine du monde et comment il représente la structure même de l’univers : « un mythe ancien raconte qu’un monstre immense, une sorte de serpent-dragon, occupait l’espace cosmique, et que les dieux de la création le coupèrent en plusieurs parties : la tête se transforma en treize cieux, la partie centrale devint la terre et la queue vint former neuf inframondes ». Et plus loin : « L’univers fut créé à partir du monstre Cipactli. Les dieux firent de sa tête leur demeure ; c’est là que se formèrent les constellations et les planètes et que les astres se mirent en mouvement. Sur la terre, au centre, les hommes et les nourritures se multiplièrent. L’inframonde, la queue, ouvrit ses portes aux morts ». (« Quetzalcoatl », Mexico, 1977). Il existe dans la littérature trois autres Palmas Cipactli, deux appartiennent aux collections nationales mexicaines (Pina Chan,1964 ; illustration.135 et RMN, Paris, 1990, p.197), une autre au Musée de Philadelphie ( Kubler, 1954, ill.153) et celle que nous présentons. Pierre de basalte à grains fins, sculptée et semi polie. Veracruz, Mexique, Epoque Classique, 600-900 après J.-C. 43x22,5x11cm. Provenance Ancienne collection Garreau-Dombasle, acquis dans les années 1950 Publication - « Chefs-d’oeuvre inédits de l’art précolombien », Gérald Berjonneau et Jean-Louis Sonnery, Editions Arts 135, Paris, 1985, fig. n°63, - « Olympic magazine », page 14, fig. n°14, - « L’art Précolombien, Olmèque, Maya, Aztèque », Luis Aveleyra, Edita Genève, page 249, - « Mexique, Terre des dieux », Editions du Musée d’Art et d’Histoire de Genève, 1998, pages 26 à 31, n°184 cf Quetzalcoatl 1977, - « Ulama, jeu de balles des Olmèques au Aztèques », Editions du Musée Olympique, Lausanne, 1997 ; page 109 fig. 48. Exposition - « Ulama, jeu de balle des olmèques aux aztèques », Editions du Musée Olympique de Lausanne 26 Juin – 12 Octobre 1997 et reproduit au catalogue de l’exposition, - « Mexique Terre des Dieux - Trésors de l’art précolombien », Editions du Musée Rath de Genève du 8 Octobre 1998 au 24 Janvier 1999. Veracruz volcanic-stone palma of a crocodile 17 x 8 7/8 x 4 3/8 in.
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Catalogue
20/09/2017
Proposé par MILLON
01 47 27 95 34