Lot 8
Partie de tympan en pierre calcaire sculptée en faible et fort reliefs représentant un Christ bénissant, traces de chaux. Le Christ est assis dans une attitude frontale, celle de la Majesté ; les genoux ouverts, il écarte ses deux bras, sa main droite, aujourd'hui bûchée, devait faire le geste de la bénédiction, l'autre, disparue, devait porter le Livre ; le banc trône allongé et ovale, est repercé de fines arcatures cintrées et ses bords inférieur et supérieur sont ornés de frises ; tête surdimensionnée, sur fond de nimbe crucifère au pourtour de perles ; visage allongé avec yeux aux globes oculaires saillants et paupières ourlées, pommettes hautes ; la chevelure, dont seules les mèches sur le devant ont été dessinées, forme une sorte de casque laissant les oreilles dégagées ; il est revêtu d'une robe à l'encolure ornée, ceinturée à la taille par une épaisse écharpe avec chute médiane, et d'un manteau ouvert, couvrant son épaule et son bras gauches, un pan retombant sur l'autre bras ; plissé fin et harmonieux dessinant des lignes concentriques et des zigzags aux bords du manteau. Provence, milieu du XIIe siècle Hauteur : 65,5 cm - Largeur : 44,5 cm (Angle supérieur droit manquant, quelques accidents et érosions) Cette pierre de tympan, de par ses dimensions, devait appartenir à une église de taille modeste ; elle pouvait cependant faire aussi partie d'un grand tympan constitué de deux registres comme on peut en voir à Sainte-Foy de Conques (Aveyron) ou Saint-Chamand (Corrèze). Madame Annie Blanc, géologue, a examiné la pierre qui est« un calcaire blanc, biodétritique, grossier, à nombreux éléments fossiles : coquilles de bivalves, débris d'astéries, bryozoaires, algues calcaires. Ce calcaire provient des formations marines du Burdigalien du Bassin Rhodanien. Parmi les nombreuses carrières ouvertes dans cette formation, il se rapproche le plus de celle de Pujaud, située au nord de Villeneuve-lès-Avignon. Ce calcaire a été utilisé pour la construction et la décoration à Villeneuve, à Avignon et dans les environs proches ». De nombreux édifices romans ont disparu en Provence et il n'est pas aisé d'établir des comparaisons avec les monuments visibles de nos jours qui, même conservés, ont été souvent remaniés au cours des siècles à l'image de la cathédrale Notre-Dame-des-Doms d'Avignon. On peut seulement observer un raffinement des modelés et des détails qui apparentent ce bas-relief à l'art vivant et délicat de certaines sculptures toulousaines, rapprochement souvent évoqué par les historiens d'art entre les écoles de ces deux régions.
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Mobilier classique
À propos de la vente
Catalogue
Haute Epoque, Curisosités
75009 Paris - France
08/06/2012
Proposé par Piasa
33 (0)1 53 34 10 10