Lot 100
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CHINE - Epoque QIANLONG (1736 - 1795)
Rare et importante pendule à automate impériale en bronze doré et incrustations de perles de verre à facettes imitant les pierres précieuses, à décor de porteurs de tributs.
En trois parties :
La partie inférieure en bronze doré, reposant sur une frise ajourée de feuilles finement ciselées, les quatre pieds en forme de feuille. Les angles ornés d'une frise de feuilles se superposant. Le recto montrant derrière une vitre sur un fond de miroir une scène animée de porteurs de tributs accompagnés d'éléphants et chevaux portant chacun des cadeaux dans un paysage orné d'arbres. Les personnages s'activent pour entrer et ressortir dans une maison à l'européenne sur chaque côté. La scène est encadrée par une frise incrustée de pâte de verre facettée carrée translucides et roses imitant les pierres précieuses entre deux fines frises de perles en bronze doré. L'arrière à décor ajouré de rinceaux stylisés et soie brune.
Chaque côté orné d'une peinture fixée sous verre à décor de paysage à l'européenne montrant une jeune femme près d'une rive, entouré d'une frise de deux branches.
La partie centrale ornée d'une frise de fleurs stylisées entrelacées, dans chaque angle un vase en bronze doré comportant un arbre automate composé de cinq rangées alternées de verre de taille ronde et de taille poire à facettes rose, vert et blanc tournant sur lui-même. Le bloc de forme carrée en bronze doré contenant la pendule, le cadran à chiffres romains sous un demi-globe en verre entouré d'une frise de verre carrée à facettes roses et blanches alternés et branches de fleurs s'enlaçant. Les angles coupés et ornés d'une frise de perles en bronze doré. De chaque côté, un vase à deux anses en forme de têtes de béliers reposant sur trois pieds en forme de feuille entouré d'une guirlande de feuilles superposées. L'arrière à décor ajouré de rinceaux stylisés et soie brune.
La partie supérieure également ornée d'une frise de fleurs stylisées entrelacées, dans chaque coin un vase orné de feuilles comportant deux roues de Sainte-Catherine tournant chacune dans un sens inversé, incrustées de verre à taille carrée à facettes roses et translucides autour d'une taille ronde à facettes centrale rose entourée de dix tailles carrées à facettes vert.
Reposant sur quatre pieds en forme de feuilles, un cylindre comportant un automate : huit cylindres en émaux bleus et or ornés de fleurs tournant sur eux-mêmes et dans le sens de l'aiguille d'une montre, alternés avec des roues de Sainte-Catherine à six branches ornées de taille rondes à facettes de verre rose avec cabochon central translucide tournant sur elles-mêmes, l'intérieur du cercle orné d'une fleur centrale autour de laquelle tournent huit fleurs en verre à taille ronde à facettes roses et translucides. Le tout entouré d'une frise de taille triangulaire à facettes de verre rose et vert. Le cylindre est surmonté d'une fleur reposant sur son feuillage et arborant un bouquet de huit fleurs aux feuilles en émaux peints verts, les fleurs en trembleuse en verre à taille carrée à facettes roses et translucides, le tout surmonté d'un bouton de fleur de lotus à moitié fermé en taille carrée à facettes de verre rose et translucide, le bouquet tournant sur lui-même. L'arrière à décor ajouré de rinceaux stylisés et soie brune.
Le cadran en émail, les heures en chiffres romains, les quarts en chiffres arabes sous un verre convexe.
L'automate est activé chaque heure ou à la demande par un bouton sur la partie gauche qui active les porteurs de tributs sur une chaîne dans la partie inférieure, les quatre arbres sur la partie centrale, les quatre roues de Sainte-Catherine, le cylindre central et l'arbre supérieur tournant sur lui-même.
Trois mélodies peuvent être sélectionnées à l'arrière par un bouton.
H. totale 85 cm
Dim. de la base 36 x 28 cm
Dim. caisson du bas 31 x 24 cm
dim. caisson du haut 23 x 23 x 18 cm
Diam. Cylindre du haut 15 cm
Diam. Cadran 13 cm
Provenance : Nezu Museum, Tokyo
Vente Christie's, Hong Kong, 27 mai 2008, lot 1508
Références : Exemplaires similaires conservés au Musée de la Cité Interdite, à Beijing, reproduits dans the Complete Collection of the Treasures Museum, scientifiques and technical instruments of the Qing Dynasty, 1998, n°218, n° 219, n°220 p.244 et 246.
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Les horloges occidentales arrivèrent probablement en Chine bien plus tôt qu'on ne le pense. Un document conservé au British Museum, dans lequel le roi Louis IX de France a envoyé un ambassadeur au khan de l'Empire Mongol, Möngke (1209-1259), rapporta qu'un horloger lyonnais fabriqua une "horloge ornementale mobile" pour un dignitaire chinois. C'est peut-être la plus ancienne trace d'un échange officiel entre la Chine et l'Occident concernant les horloges.
Au XVIe siècle, l'industrie horlogère européenne, représentée par l'Angleterre et la France, était très développée et ces horloges magnifiques ont été progressivement apportées en Chine par les missionnaires jésuites. À l'époque, les garde-temps chinois étaient encore des instruments traditionnels tels que les cadrans solaires et les sabliers. La différence entre eux et les horloges occidentales était évidente en termes d'esthétique, de taille, de portabilité et de précision. Les missionnaires espéraient plaire aux personnalités chinoises avec des "objets rares et précieux" tels que des horloges et des montres et atteindre ainsi leurs objectifs d'évangélisation. Effectivement, ils l'ont réalisé. Certains jésuites, comme Matteo Ricci (1552-1610), sont même entrés à la cour des Ming, exerçant un impact profond sur la culture et la société chinoises dans les années qui ont suivi. Certains chercheurs et historiens contemporains ont même qualifié de "diplomatie horlogère" l'introduction des horloges occidentales en Chine par les missionnaires au cours de cette période.
Les horloges occidentales étaient déjà largement connues à la fin de la dynastie Ming. Pendant la dynastie Qing, avec l'apogée de la prospérité économique, les horloges occidentales ont connu un engouement populaire. À cette époque, la plupart des horloges transmises par l'Europe aux empereurs chinois étaient dotées de nouvelles fonctions telles que des mécanismes automatiques, des figures mobiles et des boîtes musicales avec des formes plus flamboyantes et un chronométrage plus précis. L'empereur Kangxi (1654-1772), qui s'intéressait vivement à la science occidentale, a utilisé les horloges occidentales comme objets de recherche sur la technologie européenne moderne. Il a créé un "bureau des horloges à chronométrage automatique" dans la Cité interdite, a recruté des artisans qualifiés dans tout le pays, formés par le missionnaire d'origine suisse François-louis Stadlin (1658-1740). Ce bureau a non seulement assuré l'entretien courant des horloges utilisées dans la dynastie Qing, mais a également effectué des recherches et produit lui-même un certain nombre d'horloges et de montres automatiques.
L'empereur Qianlong (1711-1799), qui était passionné par les horloges occidentales, n'a pas ménagé ses efforts pour collectionner toutes sortes d'horloges rares et innovantes. Il a écrit de nombreux poèmes sur les horloges à chronométrage automatique, dont la plupart se trouvent aujourd'hui dans la collection du musée de la Cité Interdite. Selon le missionnaire Valentin Chalier (1697-1747), au début du règne de Qianlong, il y avait déjà plus de 400 horloges automatiques à la cour impériale. Le son de ces horloges pouvait être entendu dans chaque palais de la Cité interdite.
À cette période, outre les importations des horloges européennes, l'industrie horlogère a également commencé à se développer à Guangzhou dans la province de Guangdong, devenant rapidement le centre de l'horlogerie mécanique chinoise sous la dynastie Qing. Au début, les horloges produites par les artisans de Guangzhou étaient bien inférieures à celles produites par les horloges occidentales. Après une longue période de recherches et d'expérimentations techniques, les horlogers de Guangzhou, qui excellaient dans l'apprentissage et l'innovation, ont fait de grands progrès à partir du milieu de la période Qianlong. Diverses horloges de Guangzhou au style artistique fortement chinois et légèrement européen ont non seulement été produites à destination de la cour impériale, mais sont également apparues sur le marché et ont été très populaires. Vers 1800, les horloges produites à Guangzhou étaient considérées comme équivalentes aux horloges européennes. L'horloge de cette vente est l'un des chefs-d'oeuvre des artisans de Guangzhou au XVIIIe siècle.
Lorsque nous regardons aujourd'hui les horloges et montres de cour de la dynastie Qing, nous avons tendance à être attirés par leur décoration extravagante et leur mécanique délicate, tout en négligeant la fonction de chronométrage des horloges. En fait, le grand nombre d'horloges et de montres provenant d'Europe a non seulement satisfait la curiosité des empereurs et des dignitaires chinois, mais a également introduit progressivement le concept moderne du temps dans la Chine ancienne, ce qui a eu un impact extrêmement important sur le cours de l'histoire chinoise.
Western clocks probably arrived in China earlier than we think. In a document held in the British Museum, an ambassador sent by the king of France Louis IX to Möngke (1209-1259), khan of the Mongol Empire, recounts that a horologist from Lyon made a "mobile decorative clock" for a Chinese dignitary. This may be the earliest evidence of an official trade between China and the West regarding the clocks.
During the 16th century, the western horological industry was led by France and England. It was very well developed and beautiful clocks have been brought to China by the Jesuit missionaries. At the time, the Chinese timepieces were still traditional instruments such as sundials and hourglasses. The missionaries aimed to seduce the Chinese elite with "rare and precious objects" such as clocks and watches in order to succeed in their evangelist mission. And they indeed did succeed. Some of them, such as Matteo Ricci (1552-1610), entered the Ming court and have had a profound impact on the Chinese culture and society in the following decades. Some contemporary scholars and historians describe the introduction of western clocks in China by the Jesuits as "horologist diplomacy".
During the Qing dynasty, western clocks have been made popular due to the economic prosperity. In that period, most of the clocks sent by Europe to the Chinese emperors had new features such as automatic mechanisms, movable figures and music boxes, their shapes were flamboyant and the time more accurate. Emperor Kangxi (1654-1772), who had a strong interest for western sciences, used western clocks as a research object on European modern technology. He created in the Forbidden city a "bureau of clocks with an automatic timing system" and recruited makers around the country to be trained by the Swiss missionary François-Louis Stadlin (1658-1740). This bureau not only did research and made clocks and watches with an automatic timing system but also oversaw the maintenance of the clocks used at the Qing court.
Emperor Qianlong (1711-1799) was passionate about western clocks and collected all kinds of rare and innovative clocks. He wrote numerous poems on automatic timing clocks, now held in the collection of the Forbidden City. According to the missionary Valentin Chalier (1697-1747), at the beginning of the Qianlong period, there were already more than 400 automatic clocks at the court. The sound of these clocks could be heard in every palace of the Forbidden City.
During the Qing dynasty, the clock industry began to develop in the city of Guangzhou, quickly becoming the center of the mechanical horology industry in China. At the beginning the technical knowledge and mastery of the Chinese makers was lower than that of the West. It increased from the middle of the Qing dynasty after a long period of research and trials. Various clocks with a combination of Chinese and European characteristics were produced in Guangzhou not only for the imperial court but also for the local market where they were very popular. From 1800, the clocks from Guangzhou have been held to the same prestige as European clocks. The clock in this sale can be considered as a masterpiece of the Guangzhou makers in the 18th century. Western clocks brought to the Qing court have not only satisfied the curiosity of Chinese emperors and dignitaries but also introduced the modern concept of time in Ancient China.
Pour découvrir la pendule en mouvement, merci de scanner le QR code que vous trouverez dans les photos ci jointes.
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Arts d'Asie
À propos de la vente28/11/2022
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95650 Génicourt - France
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