Lot 34
PEUGEOT
905 - 1991
N° de série : EV 1.5
Moteur : 10 cylindres en V à 80°, en position centrale arrière, longitudinal, bloc cylindre en alliage léger
Alésage-course : 91mm x 53.8mm
Cylindrée : 3 499 cm3
Distribution : double arbre à cames en tête par rangée de cylindres entraînés par une cascade de pignons, 4 soupapes par cylindre
Alimentation : injection électronique Magneti-Marelli
Lubrification : à carter sec
Puissance maximum : 650 ch à 11 000 tr/mn en version Le Mans
Boîte de vitesses : longitudinale, mécanique à 6 rapports + M.A.
Embrayage : tri disque carbone
Châssis : coque en carbone, fabrication Dassault
Suspensions : roues indépendantes, triangulée, avec biellettes et basculeurs, amortisseurs Bilstein
Empattement : 2 800 mm
Voie avant : 1 630 mm
Voie arrière : 1 550 mm
Poids à sec : 780 kg en version Le Mans
Freins : hydrauliques à disques en carbone, étriers à 4 pistons
Roues : de marque Speedline en alliage léger, fixation centrale, 17'' à l'avant, 18'' à l'arrière
Pneumatiques : Michelin, 32x63-17 à l'avant, 34x70-18 à l'arrière
Peugeot Talbot Sport fut créé en 1983. Jean Todt, déjà connu par la firme pour ses qualités d'organisateur, en devint naturellement le patron et recruta une équipe gagnante, tout d'abord avec la 205 T16 qui fut Championne du Monde des rallyes en Groupe B, et ensuite avec les 205 puis 405 Turbo 16 de rallye-raid, lorsque le Groupe B disparut pour des raisons de sécurité.
Ces voitures étaient imbattables, que ce soit au Paris-Dakar ou bien dans une course de côte aussi atypique que celle de Pike's Peak aux Etats-Unis, où Vatanen dama le pion aux professionnels américains et aux voitures préparées spécifiquement pour cette course.
Ne pouvant se contenter de ces activités victorieuses qui devenaient répétitives, Jean Todt songea d'abord à la création d'un Championnat du Monde des rallyes-raids, mais le projet n'aboutit pas.
Peugeot décida alors de construire un moteur de course de 3.5 litres de cylindrée, à admission atmosphérique, répondant à la nouvelle réglementation de la FIA, tant pour les Sport-Prototypes que pour la Formule 1.
Jean Boillot, alors Président d'Automobiles Peugeot, et Jacques Calvet décidèrent de s'orienter tout d'abord vers la catégorie des Sport-Protos dans laquelle, pensaient-ils, un grand constructeur pouvait s'exprimer.
La décision de construire la 905 fut prise en 1989. Peugeot Talbot Sport quitta les ateliers de Boulogne-Billancourt pour Vélizy en juillet 1990 alors que la première 905 tournait déjà. La gestation de la voiture fut donc extrêmement rapide.
Jean Todt s'était appuyé sur une petite équipe aguerrie par l'aventure des 205 et 405 T16.
Il y avait André de Cortanze et Jean-Pierre Boudy, Jean-Claude Vaucard et Guy Audoux.
Parmi les techniciens et les mécaniciens, nous citerons Marcel Vieublé qui venait de Matra-Sport, Carlos dos Barros, ancien de Talbot, l'ex mécanicien-chef d'Alain Prost, Fernand Lidoven, mais aussi Broussard, Montbertrand et bien d'autres, dont Robert Choulet, un aérodynamicien venant de chez CD, puis Matra et Ligier.
Jean Todt réussit à s'assurer des partenaires techniques de premier plan dont Dassault, IBM, Esso et Michelin.
Il choisit ensuite de coopter un ingénieur, Tim Wright, transfuge de chez Mc Laren chez qui il était chargé des essais et du développement, et qui avait côtoyé les plus grands pilotes dont Alain Prost, Ayrton Senna, Niki Lauda, Keke Rosberg et Gerhard Berger. Enfin, il chargea Jean-Pierre Jabouille de la mission de pilote-essayeur.
Jean-Pierre Jabouille fit faire ses premiers tours de roue à la 905 à Montlhéry le 20 juin 1990.
Deux premières voitures Peugeot 905 furent engagées dans les deux dernières épreuves du Championnat du Monde de Sport-Prototypes fin 1990. Ce furent les EV 1.1 et EV 1.2 (EV pour évolution, 1 désignant la première évolution, le deuxième chiffre 1, 2, etc. pour le numéro d'ordre de fabrication des châssis).
Les pilotes étaient Jean-Pierre Jabouille et Keke Rosberg. Après un abandon à Montréal pour cause de panne d'alimentation d'essence, la 905 EV 1.2 se classa 13e à Mexico. Peugeot Talbot Sport avait réussi à obtenir de la Fédération une autorisation spéciale de participation aux deux dernières courses sans avoir couru l'intégralité du Championnat.
Les choses sérieuses commencèrent en 1991. L'intersaison fut rude pour la firme française. Toute l'équipe était galvanisée par Jean Todt et cherchait à développer la voiture en tenant compte des enseignements de Montréal et Mexico. Le chef de projet André de Cortanze, l'aérodynamicien Robert Choulet et l'homme des moteurs Jean-Pierre Boudy réussirent à sortir à mi-saison une évolution dite 1.Bis qui fut engagée en course au Nürburgring. Il fut attribué à Jean-Pierre Jabouille un rôle plus administratif, aussi Keke Rosberg fut rejoint par deux jeunes pilotes de F1, Philippe Alliot et Yannick Dalmas.
Peugeot Talbot Sport réalisa un coup spectaculaire en engageant le Champion du Monde sortant Mauro Baldi.
Les voitures étaient assez exigeantes physiquement pour leurs pilotes, aussi Peugeot s'orienta vers une direction assistée.
Les Peugeot ne firent pas le déplacement à Daytona les 2 et 3 février 1991, ni à Sebring le 16 mars.
Par contre deux voitures, EV 1.4 et EV 1.3 étaient présentes à Suzuka le 14 avril.
EV 1.3 ne prit pas le départ et EV 1.4, pilotée par Keke Rosberg/Yannick Dalmas/Mauro Baldi et Philippe Alliot avec le numéro de course 6 cassa son moteur.
A Monza, le 5 mai, les mêmes pilotes terminèrent en 8ème position avec le numéro de course 5 et la voiture que nous présentons EV 1.5.
A Silverstone, le 19 mai, notre voiture ne termina pas, sur casse moteur alors que EV 1.4 terminait en 6e position.
Aux 24 Heures du Mans, les 22 et 23 juin, EV 1.5 cassa sa boîte de vitesses au 68e tour et EV 1.4 son moteur au 22e tour.
Au Nürburgring, EV 1.5 avait fait l'objet d'une sérieuse évolution et fut présentée comme EV 1 bis (EV 1.5). Elle fut accidentée au 8e tour. La deuxième version de la Peugeot 905, appelée EV 1 bis, consiste en une première évolution du moteur V10 appelé « A2 » qui apparut aux essais du Nürburgring. 16 kg avaient été gagné sur le poids du moteur, principalement sur la fonderie. Du point de vue aérodynamique, l'implantation d'un grand aileron à l'avant avait nécessité le déplacement des entrées d'air et des radiateurs. L'aération des freins se faisait à partir de bouches d'air situées dans les ailes.
La 905 disposait d'un double aileron à l'arrière et la géométrie des suspensions évoluait. Toutes les voitures bénéficièrent de coques neuves fabriquées chez Dassault et qui contribuèrent au gain de poids.
A Magny-Cours, le 15 septembre, les deux voitures Peugeot 905 Evo 1 bis (EV1.5), que nous présentons aujourd'hui, et Evo 1 bis (EV 1.4) terminèrent dans cet ordre aux 1ère et 2ème place avec Yannick Dalmas/ Keke Rosberg et Philippe Alliot/ Mauro Baldi, avec les numéros de course 6 et 5.
Le 6 octobre à Mexico, ce fut un nouveau doublé dans le même ordre pour les deux voitures et les mêmes équipages.
A la dernière épreuve de la saison, à Autopolis le 27 octobre 1991, Mauro Baldi/Philippe Alliot sur EV 1.3 terminèrent en 4ème position.
La saison se terminait pour Peugeot Talbot Sport par une 3e place au Championnat du Monde des Marques, derrière Jaguar et Porsche, et par une 3e place au Championnat des pilots de Sport-Prototypes pour Philippe Alliot.
En 1992, Peugeot Talbot Sport remplaça Keke Rosberg par Derek Warwick.
L'équipe Française fit de nouveau l'impasse sur Daytona et Sebring et engagea deux voitures à Monza le 26 avril, les châssis EV 1.2 et EV 1.6. Aucune ne termina.
A Silverstone, le 10 mai 1992, Derek Warwick et Yannick Dalmas sur EV 1 bis (EV 1.2) gagnèrent la course alors que Mauro Baldi et Philippe Alliot cassèrent leur moteur.
Aux 24 Heures du Mans, les 21 et 22 juin, Peugeot Talbot Sport amena six voitures : EV 1.7, EV 1.3, EV 1.2, EV 1.5, EV 1.4 et EV 1.6.
Yannick Dalmas et Derek Warwick gagnèrent les 24 Heures sur EV 1.7, Philippe Alliot et Mauro Baldi terminèrent sur le podium avec EV 1.3.
Il est à noter que la voiture présentée, EV 1.5, signa le meilleur temps en qualification avec le numéro de course 2, pilotée par Philippe Alliot en 3'21''209.
Les 905 EV 1.6 et EV 1.7 signèrent un nouveau doublé à Donington le 19 juillet 1992, pilotées par Mauro Baldi/Philippe Alliot et Derek Warwick/Yannick Dalmas.
Le 30 août à Suzuka, Warwick et Dalmas sur EV 1.7 enlevèrent la course, Alliot et Baldi sur EV 1.6 complétant le podium.
Les 905 écrasèrent les Toyota à Magny-Cours le 18 octobre pour la deuxième course de la saison.
EV 1.6, avec Baldi et Alliot terminèrent devant EV 1.4 pilotée par Christophe Bouchut et Eric Hélary.
Peugeot termina largement en tête du Championnat du Monde des Marques devant Toyota et Yannick Dalmas étant sacré meilleur pilote devant Derek Warwick.
En 1993, les Peugeot 905 ne se présentèrent qu'aux 24 Heures du Mans et réalisèrent un triplé historique avec EV 1.2, EV 1.7, EV 1.1, pilotées par Eric Hélary/Christophe Bouchut, Thierry Boutsen/Yannick Dalmas et Philippe Alliot/Mauro Baldi.
Tous ces pilotes portèrent Jean Todt en triomphe pour ce qui était sa dernière course avec Peugeot Talbot Sport. Dix jours plus tard, il entrait chez Ferrari.
Nous sommes très heureux, et honorés, de la confiance que Peugeot, grand et historique constructeur français, nous témoigne en nous confiant cette précieuse part de son patrimoine, considérant que le sort le meilleur pour cette machine n'est pas de sommeiller parmi ses s?urs dans son Musée, mais de lui donner la chance de courir entre des mains privées.
Les deux gagnantes du Mans 92 et 93, soit EV 1.7 et EV 1.2, resteront bien évidemment dans la collection Peugeot, tout comme les prototypes EV.2.1 et EV.2.2 qui n'ont jamais couru. Il est à noter que l'une de ces voitures, appelées « SuperCopter », lors d'essais privés à Magny-Cours faisait des temps qui l'auraient placée en milieu de grille du Grand-Prix de Formule 1 de cette année là.
La voiture présentée, EV 1.5, restaurée par l'équipe de Peugeot Talbot Sport à Vélizy en 2005/2006, terminée à l'été 2006, a été essayée en démonstration au Mans Classic, pilotée par Eric Hélary sur trois tours.
La voiture se présente donc prête à prendre la piste, en configuration EV 1 bis du Championnat 1992. Elle porte le n°1 et les noms des pilotes Derek Warwick et Yannick Dalmas.
La Peugeot 905 EV 1.5 est une voiture très importante. Elle a tout : la provenance, l'état, la beauté, son architecture, son extrême rareté et son palmarès puisqu'elle a gagné deux épreuves du Championnat du Monde des Marques et qu'elle fit partie de l'équipe Peugeot Talbot Sport, Championne du Monde en 1992.
C'est une occasion unique d'acquérir un joyau de la construction automobile française.
Véhicule de compétition
This Peugeot #EV 1.5 had been restored by the Peugeot Talbot Sport staff at Vélizy in 2005/2006 and tested in a demonstration run with Eric Helary at the wheel at the Le Mans Classic 2006.
It is ready to be raced in its EV 1 bis guise as it was in the 1992 World Championship. It displays the racing number 1 and the names of its drivers, Derek Warwick and Yannick Dalmas. This Peugeot 905 1.5 is a very important car with an excellent pedigree, a superb condition throughout, its sophisticated design and its pure beauty besides an extreme rarity and a prestigious racing record with two first places in the World Championship for Marques.
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