Lot 98
Pierre BONNARD (1867-1947) Les amandiers en fleurs, cactus et figure d'enfant, vers 1942 Huile sur toile Porte le cachet de l'atelier en bas à droite 70 x 55,5 cm (27 1/2 x 21 7/8 in.) Provenance : - Atelier de l'artiste - Wildenstein and co, New York Bibliographie : - Jean Bouret, Bonnard. Séductions, Édition International Art Book, Lausanne, 1967, Collection Rythmes et Couleurs : reproduit en couleurs planche 27 page 57. - Henri et Jean Dauberville, Bonnard, Catalogue raisonné de l'œuvre peint 1940-1947, Bernheim-Jeune, Paris, 1974, volume IV : décrit et reproduit page 49 n°1614. Pierre BONNARD : L'incroyable féérie La découverte de la Méditerranée est pour Pierre Bonnard déterminante pour l'évolution qui se dessine à partir de 1916-1917 dans son œuvre, où la lumière joue désormais un rôle majeur. En 1925, Bonnard achète une petite maison au Cannet où il séjourne de plus en plus souvent avant de s'y installer définitivement en 1939. C'est dans cette période, de 1942 à 1947, que s'épanouit son lyrisme pictural sous forme directe et spontanée. Le sujet, paysage, nature morte, intérieur, perd son importance. L'harmonie colorée est tout, faite d'alliances et de contrastes de tons puissants. Ce lyrisme croissant amène Bonnard à réduire l'évocation des volumes et des coulées chromatiques en ayant recours à des accords inconnus jusqu'à lui. Il utilise des petites touches irisées qui ponctuent la surface entière du tableau et lui donnent sa féérique vibration lumineuse, le bleu roi, l'orange vif, le blanc pur ou le vert dans ses vues du Cannet et ses paysages méditerranéens. Il atteint cette valeur intemporelle, cette délectation jubilatoire qu'il cherche à susciter et « qui font autant penser au bonheur de peindre qu'à celui d'être spectateur » (Guy Amouroux, L'univers de Bonnard ) Dans notre tableau, l'intrusion du monde de l'enfance dans ce jardin d'Eden par la figuration d'un visage d'enfant dans une tache jaune orangé, fait jaillir de notre mémoire la merveilleuse formule d'Yves Farges sur Bonnard « la joie d'inventer le bonheur ». Cette joie de vivre, imprégnant les toiles de cette dernière période, emplies d'une vibration lumineuse croissante, explose dans son œuvre ultime L'amandier en fleurs (1947, Musée National d'Art Moderne, Paris) où comme dans notre tableau l'arbre irradie de neige pour atteindre un lyrisme panthéiste et pur.
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Catalogue
19/03/2010
Proposé par Piasa
33 (0)1 53 34 10 10