Lot 16
PLEURANTE EN BAS-RELIEF PROVENANT PROBABLEMENT D'UN TOMBEAU DE L'ÉGLISE D'AUTREVILLE (HAUTE-MARNE)
Bourgogne, vers 1340
MATÉRIAU
Pierre calcaire
H. 49 cm, L. 18,5 cm, P 7 cm
PROVENANCE
Collection de M. G. RICHARD
Notre oeuvre est répertoriée et reproduite dans l'ouvrage de Monique Jallet-Vallat
et Fabienne Joubert, Sculpture médiévale en Bourgogne, collection lapidaire du Musée Archéologique de Dijon,
éd. universitaires de Dijon, Dijon 2000, p. 323, fi g. 107
Cette sculpture en bas-relief réalisée en pierre calcaire représente une pleurante, debout, face au spectateur, le buste légèrement tourné vers la gauche. Cette jeune femme est vêtue d'une longue robe rythmée par des plis souples soulignant son déhanché et sa fi ne silhouette. Ses avant-bras laissés nus retiennent un lourd manteau.
La grande originalité de cette sculpture réside dans sa coiffe qui dissimule entièrement sa chevelure. Elle se compose d'un tissu léger et fluide sur lequel repose une barbette couvrant à la fois son cou et son menton.
A l'instar de la robe qui épouse les formes du corps, cette coiffure est caractéristique de la mode féminine des années 1340-1360. Cette pleurante, au visage emprunt de douceur et de dignité, pose sa main droite sur son coeur en signe de recueillement et de dévotion. Elle prend place sous des arcs polylobés typiques de l'époque gothique, sommés de gâbles à crochets.
Ce chef-d'oeuvre de l'art bourguignon du XIVe siècle a été analysé par la critique comme étant un fragment de soubassement d'un tombeau placé très probablement dans l'église d'Autreville en Haute-Marne. Les caractéristiques stylistiques de notre œuvre sont à rapprocher d'un relief funéraire orné de personnages conservé au Musée archéologique de Dijon. Bien que de dimensions plus réduites, la jeune femme ornant notre bas-relief adopte un vêtement, une coiffure et une posture similaire hormis les gâbles que le notre
a conservé. Le Musée municipal de Chaumont conserve dans ses collections également deux fragments montrant des pleurants appartenant au même tombeau.
Ce bas-relief, comme ceux que nous venons de citer, montre un personnage de la vie civile, ici une femme, dont on perçoit, à travers son geste de la main et l'humilité de son visage, toute la douleur qui la traverse.
Son attitude de recueillement, à la fois simple et très expressive, traduit tous les sentiments qu'elle avait envers le défunt. Tout comme les personnages du fragment du Musée de Dijon, notre pleurante ne revêt pas d'habit de deuil mais un vêtement traditionnel pour l'époque, évitant ainsi tout pathétisme pour privilégier l'expressivité des gestes et des traits. Compte tenu de la grande qualité de sculpture et de la pierre, certains auteurs, notamment Monsieur F. Baron, considère que le tombeau servant de support à notre bas-relief devait être celui d'un haut personnage de la société bourguignonne du XIVe siècle. Selon son hypothèse, notre
sculpture aurait appartenu à un membre de la famille de Chateauvillain, seigneurs d'Autreville à cette époque.
La grande rareté de ce bas-relief tient également au fait qu'il s'agit d'une représentation d'un personnage profane, issu de la vie civile, que l'on retrouve sur un monument funéraire placé très probablement dans un édifice religieux.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Monique Jallet-Vallat et Fabienne Joubert, Sculpture médiévale en Bourgogne, collection lapidaire du Musée Archéologique de Dijon, éd. universitaires de Dijon, Dijon 2000.
archéologique.
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Objets d'art et de décoration anciens
À propos de la vente27/07/2011
Catalogue
Cabinet d'Amateur : Antiques, Moyen Age, Renaissance et Objets de Curiosité
98000 Monaco - Monaco