Lot 114
PORTRAIT DU FAYOUM La Dame en bleu Exceptionnel à la fois par sa qualité picturale et son état de conservation, ce portrait dit “du Fayoum” représente une jeune femme de haut rang, légèrement tournée vers la droite. Elle est vêtue d’une tunique blanche, aux clavi mauves, les épaules couvertes d’un manteau bleu clair. Le visage assez large et au menton arrondi présente des yeux cernés, le regard grave détourné du spectateur ; les sourcils irréguliers se prolongent le long des tempes. Le nez fin et droit domine la bouche au léger sourire et au dessin net. La carnation rosée est subtilement rendue par des touches juxtaposées suivant le modelé de la face ; le peintre a, ici, exploité à la perfection la densité de la cire. La coiffure encadre le visage par une double rangée de petites boucles, suivie d’une autre série plus légères qui se détachent sur le fond gris nuancé ; puis les cheveux tirés vers l’arrière et sur les côtés sont séparés par une raie médiane. Deux lourdes nattes spiralées retombent derrière les oreilles, sur les épaules. Cette coiffure se retrouve sur les portraits d’Agrippine la Jeune et de Claudia Octavia. Elle porte des boucles d’oreilles à deux hémisphères dont la brillance est rendue par des rehauts blancs. Une chaîne d’or torsadée avec un pendentif en forme de figure complète la parure. Fin panneau de bois au sommet arrondi peint à l’encaustique. Bandelettage aux angles inférieurs. H_38 cm L_22,3 cm Égypte, Ier siècle, règne de Néron, 54 - 68 de notre ère. Collection particulière européenne, 1972. Ancienne collection particulière européenne, 1968. Publications : - Kl. Parlaska & H. G. Frenz, Ritratti di mummie. Repertorio d’arte dell’Egitto Greco-Romano, Série B, vol. IV, Rome, 2003, p. 37, n° 675, pl. G, fig. 1. - Kl. Parlasca, “Mummy Portraits : Old and New Problems”, dans Portraits and Masks. Burial customs in Roman Egypt, Londres, British Museum,1997, p. 128, pl. 16, fig. 3. - H. G. Frenz, Augenblicke : Mumienportr€ts und Egyptische Grabkunst aus römischer Zeit, catalogue d’exposition, Francfort, 1999, pp. 208-209, n° 116, ill. - H. Froschauer & H. Harrauer, Tod am Nil. Tod und Totenkult im antiken €gypten, catalogue d’exposition, Vienne, 2003, pp. 102-103, n° 36 et p. 131, pl. 13b. Expositions : - Augenblicke : Mumienportr€ts und Egyptische Grabkunst aus römischer Zeit, Schirn Kunsthalle de Francfort, 30 janvier - 11 avril 1999, n° 116, sous la direction de Klaus Parlaska et Hellmut Seemann. - Tod am Nil. Tod und Totenkult im antiken €gypten, Bibliothèque Nationale Autrichienne, Vienne, 22 juillet 2003 - 5 mars 2004, n° 36, sous la direction de Harald Froschauer, Christian Gastgeber et Hermann Harrauer. En 31 av. J.-C., après la défaite d’Actium, l’Égypte devient une province romaine. De nombreux Romains s’y installent et adoptent les rites funéraires locaux en se faisant embaumer. Ils introduisent cependant certains usages propres, en particulier celui du portrait. Ces peintures, exécutées à la cire ou à la détrempe sur des panneaux de bois ou sur les suaires de toile, étaient réalisées du vivant du modèle. Après le décès, elles étaient appliquées sur la momie, au niveau du visage, remplaçant le traditionnel masque tridimensionnel de type pharaonique contribuant à définir l’identité du défunt. Apparus sous le règne de Tibère (14 - 37 de notre ère), et en usage jusqu’au début du IVe siècle, les portraits du Fayoum sont d’abord l’œuvre d’artistes itinérants profondément influencés par la tradition picturale grecque et plus particulièrement celle d’Alexandrie. Ils étaient inconnus jusqu’en 1887, date à laquelle des agriculteurs en découvrirent de nombreux à er-Rubayat, qu’ils négocièrent auprès de l’antiquaire viennois Theodor Ritter von Graf ; celui-ci les fit connaître au grand public en organisant de nombreuses expositions à Berlin, Munich, Paris, Bruxelles, Londres et New York. En 1888, Flinders Petrie en découvrit environ cent cinquante sur le site d’Hawara dans le Fayoum confirmant l’authenticité de ceux excavés l’année précédente. Environ un millier est parvenu jusqu’à aujourd’hui, certains souvent très lacunaires. Leur dénomination “portraits du Fayoum” vient du fait que les premiers ont été découverts dans cette oasis, mais d’autres ont été inventés dans toute l’Égypte, en particulier à Saqqarah, Thèbes, Antinoopolis et Akhmîm. Premiers portraits peints connus dans l’histoire mondiale de l’art, ils sont une source d’informations sans pareil mêlant les cultures égyptienne, grecque et romaine. Certains sont remarquables par la vie qui s’en dégage et le savoir-faire de l’artiste ; d’autres, les plus nombreux, sont stéréotypés et conventionnels, caractéristiques d’une production standardisée (”portraits ready-made”). L’œuvre présentée figure selon Klaus Parlasca comme un des plus beaux qui existe (“The portrait of a woman is one of the best of its genre”, Londres, 1997). Il dépeint une femme issue de la classe privilégiée à l’idéalisation hellénistique, dont l’utilisation minutieuse du médium conduit à un sentiment de vie. Sa coiffure, subtilement travaillée par des touches en léger relief, est directement calquée sur celles d’Agrippine la Jeune et de Claudia Octavia permettant une datation précise du règne de Néron, soit 54 - 68 de notre ère. Estimation sur demande
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Sculptures et bronzes
À propos de la vente
Catalogue
Archéologie
75009 Paris - France
29/05/2013
Proposé par Pierre Bergé & Associés Paris
01 49 49 90 00