Lot 15
Raoul DUFY 1877-1953 ATELIER AU CHAMP DE BLÉ, 1942 Huile sur toile signée en bas vers la droite 65 X 81 cm (253/4 X 31 in) Expositions : - Venise, XXVIe Biennale, 1952 - Paris, Musée National d'Art Moderne, “Raoul Dufy”, 18 juin - 1er novembre 1953, n° 87 - Londres, Tate Gallery, “Raoul Dufy”, 9 janvier - 7 février 1954, n° 64, planche II - Bâle, Kunsthalle, “Raoul Dufy”, 22 avril - 7 juin 1954, n° 78 - Berne, Kunsthalle, “Raoul Dufy”, juin 1954, n° 44 - Marseille, Musée Cantini, “Hommage à Raoul Dufy”, 1954-1955, n° 42 - Paris, Galerie Bernheim Jeune - Dauberville, avril - juillet 1959, n° 49 - Musée National d'Art Moderne, 10 ans de Biennale, 1960 - Venise, 26e Biennale n° 172 et 277 Bibliographie : - Marcel Brion, “Raoul Dufy, paintings and watercolors”, Londres, Cologne Phaïdon, 1959, n° 66 - Maurice Laffaille, “Raoul Dufy, catalogue raisonné de l'œuvre peint”, Tome III, Éditions Motte, Genève, 1976, n° 1195, reproduit page 222 - Dora Perez-Tibi, “Dufy”, Flammarion, Paris, 1989, 1997, page 246 (cité) Raoul Dufy s'installe à Perpignan en 194O, d'abord chez son médecin le Docteur Nicolau, puis dans un atelier situé au rez-de-chaussée de la rue Jeanne d'Arc où il peint l'importante série des Atelier de Perpignan, dont l'Atelier au champ de blé. Cette œuvre comporte les emblèmes chers à l'artiste : le tableau posé sur le chevalet, le carton à dessins, le nu - ici sur la lithographie -, auxquels il faut ajouter une indication particulière aux œuvres exécutées à Perpignan, la présence d'une sculpture. D'abord le tableau et le carton à dessins. Le tableau se rapporte à un autre thème, celui des moissons, souvent représentées dans l'œuvre de Dufy. Ce n'est pas tant la condition paysanne qui intéresse l'artiste, mais plutôt les effets de la lumière brûlante dans les épis battus par la machine, et l'effervescence du travail des hommes. Les quelques traits rapides jetés sur la toile donnent l'illusion du rythme saccadé de la moissonneuse-batteuse. Les bleus légers remplacent les blonds et font écho au carton à dessins, qui se présente dans un genre diamétralement opposé, avec son chromatisme lisse et sa forme géométrique. Le nu à l'atelier tient un rôle majeur chez Dufy. Dans l'Atelier au champ de blé, il se présente sur une lithographie représentant la Grande baigneuse de Sainte-Adresse de 1914. Cette lithographie, tirée en 1919, apparaît aux murs de toutes les vues d'atelier de l'impasse de Guelma et de la rue Jeanne d'Arc. La sculpture, la Frileuse, plâtre du XIXe siècle, placée dans l'angle droit, est une allusion à la séduction féminine. Souvent présente dans le décor des ateliers de Perpignan, elle appartient au Docteur Nicolau. La proximité de ces deux représentations de la femme, opposées par leur date d'exécution et leur support (dessin/sculpture), montre l'attachement de Dufy à l'évolution de l'expression féminine dans l'art. Si la Frileuse est un hommage, la Grande baigneuse est sa vie. Bibliographie : - Maurice Laffaille, Raoul Dufy, Catalogue raisonné de l'œuvre peint, tome III, Éditions Motte, Genève, 1976 - Dora Perez-Tibi, Dufy, Flammarion, Paris, 1997. See english notes 15 150 000 / 200 000 € 150 000 / 200 000 $
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