Lot 190
Rare Coffret à bijoux de forme rectangulaire en loupe de thuya, argent et ébène. Le couvercle marqueté de sphinges adossées à un bouclier à l'antique orné du chiffre E flanqué de branches de laurier, griffons, palmettes, étoiles, feuilles, et fleurettes. Le couvercle présente un casier et l'abattant démasque quatre tiroirs numérotés, chacun gainé de maroquin rouge doré au petit fer. Un mécanisme actionné par une clé permet de régler la hauteur des pieds. Il présente deux poignées latérales et porte l'inscription sur la tranche de l'abattant “Biennais Orfèvre du premier Consul au Singe Violet Rue St Honoré n° 119 Tient aussi la Tabletterie” Époque Consulat - Empire (Fentes, petits manques) Haut. : 21 cm - Larg. : 47,5 cm - Prof. : 28 cm Provenance : Vraisemblablement Elisa Bonaparte, Princesse de Piombino ou le Prince Eugène Vente Paris, Hôtel Drouot, 27 avril 1959 n° 26 Bibliographie : “La série des petits bustes en bronze des Napoléonides par l'orfèvre Biennais” par Guy Ledoux-Lebard in l'Estampille l'objet d'art n° 311, mars 1997 reproduit p. 77 “L'art de vivre au temps de Joséphine” par Bernard Chevallier, Paris 1998, Flammarion Editeur, reproduit p. 168 et 169 Martin-Guillaume Biennais (1764-1843), tabletier reçu maître en 1788, achète la même année le fonds modeste du tabletier Claude-Louis Anciaux qu'il développe. Sous le Consulat, il accepte de fournir le 1er Consul Bonaparte à crédit. Ce dernier devenu Empereur se montre reconnaissant et fait de lui son orfèvre. La Révolution ayant aboli le système des corporations, Biennais en profite pour étendre son activité à l'orfèvrerie offrant ainsi à sa clientèle des objets de luxe dont il maîtrise toutes les étapes de fabrication. Sous l'enseigne du “Singe Violet”, il vend tabletterie, ébénisterie et orfèvrerie. En 1806, il obtient une médaille d'or à l'Exposition des Produits de l'Industrie dans la section orfèvrerie. Son entreprise connaît alors un essor considérable et emploie jusqu'à 200 ouvriers. Les deux plus luxueux nécessaires jamais acquis par la Maison de l'Empereur sont destinés à l'Impératrice Marie-Louise , l'un en juin 1810 pour 22.634 francs (1) et l'autre en 1812 pour 28.000 francs (2). Il exécute également les insignes impériaux utilisés lors du sacre : couronne d'or de feuilles de laurier, sceptre, main de justice……qui sont fondus en 1819. Biennais compte parmi sa clientèle les familles Bonaparte, Beauharnais et des grands dignitaires. Sous la Restauration, son attachement à l'Empereur le prive de commandes royales mais il reçoit plusieurs commandes de l'étranger. En 1821, il cède son fonds de commerce à Jean-Charles Cahier, en faveur auprès des Bourbons. Biennais partage alors son temps entre ses résidences de Paris et du château de La Verrière, et meurt en 1843. Les nécessaires et coffrets révèlent l'habileté et la dextérité de tabletier de Martin-Guillaume Biennais moins connu que son talent d'orfèvre. Le coffret que nous présentons est marqueté d'argent et possède un mécanisme permettant de régler la hauteur des pieds. Il est à rapprocher d'un coffret formant nécessaire de voyage, signé Biennais, orné également de sphinges affrontées, démasquant cinq tiroirs ; orné sur le couvercle du chiffre “P” très vraisemblablement pour la princesse Pauline Borghèse. L'extrême qualité de ce travail, joint au monogramme E, nous conduisent à penser qu'il a été réalisé pour la sœur de Napoléon, Elisa princesse de Piombino, ou pour le prince Eugène de Beauharnais, fils de Joséphine et frère de la Reine Hortense. (1) “L'Orfèvre de Napoléon, Martin-Guillaume Biennais” Musée du Louvre 15 octobre 2003 - 19 janvier 2004 p. 25. (2) Id. conservé à Munich au trésor de la Résidence.
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Catalogue
20/06/2006
Proposé par Artcurial
33 (0)1 42 99 20 20