Lot 208
Rare commode marquetée de fleurs, feuillages et roseaux sur fond rayonnant en "œil de vermeil" dans des réserves soulignées de palissandre en frisage.
De forme mouvementée, elle ouvre par deux tiroirs sans traverse et repose sur des pieds cambrés.
Riche ornementation de bronze finement ciselé et doré à décor d’encadrements sinueux à rinceaux et feuillages, cartouches fleuris et feuillagés, chutes à espagnolettes à bustes dénudés et sabots en pattes de lion.
Plateau de granit rose.
L’envers du bronze de la serrure marqué ZN.
Par Joseph-Emmanuel ZWIENER.
Dernier quart du XIXe siècle.
H : 91 ; L : 115 ; P : 57,5 cm.
Note : La composition originale de cette commode, particulièrement son décor exubérant en bronze finement ciselé et doré dans le style rocaille, est une parfaite illustration du génie créatif de Joseph-Emmanuel Zwiener, qui collabora sur ce modèle particulier pour la réalisation des bronzes avec le sculpteur Léon Messagé (1842-1901).
Librement inspirées des modèles créés au XVIIIe siècle par Charles Cressent, les chutes formées d’espagnolettes à bustes dénudés sont la véritable signature de Messagé que le sculpteur déclinera quelques années plus tard lors de sa collaboration avec François Linke, autre ébéniste talentueux ; voir notamment un piédestal formant vitrine de Linke paru dans C. Payne, François Linke 1855-1946, The Belle Epoque of French Furniture, 2003, p. 257.
La commode que nous proposons s’inscrit parfaitement dans l’œuvre de Zwiener qui associait harmonieusement marqueteries florales et riches décors de bronze comme cela se retrouve sur un autre modèle de commode reproduit dans C. Payne, European Furniture in the 19th Century, 1988, p. 78.
Enfin, relevons les quelques rares autres commodes de même modèle répertoriées : notamment une première proposée aux enchères chez Sotheby’s, à New York, le 21 octobre 2008, lot 196 ; ainsi qu’une deuxième vendue par la même maison de vente le 26 octobre 2006, lot 135 ; mentionnons également un troisième exemplaire qui est illustré dans C. Mestdagh, L’ameublement d’art français 1850-1900, Les éditions de l’amateur, Paris, 2010, p. 20, fig.17 ; enfin, signalons un dernier modèle proposé récemment en vente privée sur le marché de l’art international (Sotheby’s, Hong Kong, Age of Elegance : European paintings, furniture and sculpture, 3-7 octobre 2014, n° 55).
Joseph-Emmanuel Zwiener (1849-vers 1910) : A l’instar de nombreux confrères ébénistes du XVIIIe siècle, Zwiener est d’origine germanique et vient s’installer à Paris dans le dernier tiers du XIXe siècle.
Actif dans la capitale pendant une quinzaine d’années, entre 1882 et 1895, il établit son atelier rue de la Roquette, au cœur du Faubourg Saint-Antoine, et rencontre immédiatement un immense succès auprès des amateurs.
Ses réalisations sont aussi bien des réinterprétations des styles de l’Ancien Régime, que des créations plus personnelles, particulièrement par le traitement exubérant de certains modèles d’esprit rocaille.
Présent à l’Exposition universelle de 1889, il obtient une médaille d’or et est encensé par la critique jugeant que "…dès ses débuts à une Exposition universelle, (Zwiener) s’est mis au premier rang par la richesse, la hardiesse et le fini de ses meubles incrustés de bronze et fort habilement marquetés…" (cf. D. Ledoux-Lebard, Le mobilier français du XIXe siècle, dictionnaire des ébénistes et menuisiers, Paris, 2000, p. 645).
Il collabore avec les meilleurs artisans de l’époque et s’entoure notamment du sculpteur Léon Messagé (1842-1901), futur collaborateur de François Linke.
En octobre 1895, peu avant le départ de Zwiener pour l’Allemagne, l’ébéniste vend son fonds de commerce à Jean-Henri Jansen.
Zwiener semble alors s’installer à Berlin où il reçoit notamment une importante commande d’un mobilier de chambre à coucher destiné à l’empereur Guillaume II (voir le lit et l’armoire de cet ensemble spectaculaire illustrés dans C. Mestdagh, L’ameublement d’art français 1850-1900, Les éditions de l’amateur, Paris, 2010, p. 196-197).
Enfin, il figure quelques années plus tard parmi les exposants du Pavillon allemand lors de l’Exposition universelle de 1900 à Paris.
Expert : Cabinet Etienne-Molinier / Cabinet Dillée (judiciaire, frais réduits)
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Mobilier moderne et design
À propos de la vente25/10/2014
Catalogue
Art d'Asie et Archéologie Chinoise, Histoire Naturelle, Tableaux Anciens, Mobiliet, Design et Objets d'Art
06400 Cannes - France
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