Photo 1/1 du lot

Retrouvez des lots similaires en vente sur Interencheres

Lot 113
RARE PAIRE DE TABLE de forme rectangulaire en placage d'ébène, écaille brune et laiton marqueté en “partie” et “contrepartie” de rinceaux feuillagés, volutes. Elles ouvrent à un tiroir en ceinture et reposent sur des pieds cambrés. Riche décoration de bronze ciselé et doré tels que : chutes à têtes de satyre, moulures à frise d'oves, entrées de serrure à masque d'Apollon, sabots à feuilles d'acanthe. Attribuées à André-Charles Boulle Époque Louis XIV, début du XVIIIe siècle (Restaurations, plateau modifié) 75,5 x 86,5 x 49 cm Provenance : Vente Paris, Palais Galliera, 20 juin 1968 no 63 Exposition : “Le Cabinet de l'Amateur” Paris, Orangerie des Tuileries, février-avril 1956 no 216 Issu d'une famille originaire de Hollande, l'ébéniste André Charles Boulle (1642-1732) commence à travailler dès 1664 aux abords de l'abbaye Sainte-Geneviève. Il accède à la maîtrise avant 1666. Colbert le recommande au roi comme “le plus habile de Paris dans son métier”. Par privilège royal, il obtient en 1672 un logement aux galeries du Louvre, et reçoit le brevet signé de la reine “d'ébéniste, ciseleur, doreur et sculpteur du roi”. Il travaille surtout pour les services des Bâtiments du Roi : la Reine et le Grand Dauphin lui passent ses premières commandes prestigieuses : il réalise pour 100.000L [livres] le décor en marqueterie des parquets et des lambris de l'appartement du Dauphin à Versailles achevé en 1683, véritable chef-d'œuvre qui le rend célèbre auprès de ses contemporains. Il compte aussi parmi sa prestigieuse clientèle des collectionneurs, français et étrangers dont : Monsieur, les ducs d'Orléans et de Bourbon, le Prince de Condé, la duchesse de Berry, le cardinal de Rohan, le roi Philippe V d'Espagne, l'évêque de Cologne, et le prince Maximilien-Emmanuel de Bavière. Il faut attendre 1700 pour sa première livraison au Roi : une grande armoire de bois violet pour la garde-robe du roi à Marly… Un certain nombre de meubles, bien que non estampillés peuvent lui être attribués d'après, des actes notariés (1), les inventaires après décès de certains de ses commanditaires (2) et des dessins (3) ou les comptes des Bâtiments. C'est le cas par exemple de la paire de commodes livrées en 1708 pour la chambre de Louis XIV au Grand Trianon, conservées aujourd'hui au château de Versailles (4) identifiées avec certitude : recensées dans les comptes des bâtiments du roi comme “deux bureaux” (5), elles sont le “prototype” d'un meuble qui va se développer au XVIIIe siècle et bien au-delà, attestant l'esprit novateur et inventif de cet ébéniste. Malgré son immense succès, Boulle connaît de nombreuses difficultés financières, poursuivi en justice par ses ouvriers (non payés) ou par des clients (pour des meubles payés mais non livrés) (6). Ceci est en partie dû au retard de paiement de la couronne, mais aussi et surtout, à sa passion de collectionneur. En effet, Boulle dépense d'importantes sommes pour acheter tableaux, dessins, estampes, objets d'art et médailles. Malheureusement sa collection est en grande partie détruite lors d'un incendie en 1720. Le roi l'aide plusieurs fois face à ses créanciers. Boulle cède par “acte de délaissement” en 1715 la totalité de ses biens à ses quatre fils (7), eux aussi ébénistes. Deux d'entre eux ouvrent leurs propres ateliers, les deux autres succèdent à leur père au Louvre. Cependant malgré son âge, Boulle sera présent dans les ateliers jusqu'à sa mort en 1732 à 90 ans. La personnalité de l'ébéniste domine la production française de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle. Il laisse son nom à un type de marqueterie qu'il n'est pas le seul à utiliser mais qu'il porte à sa perfection : La technique consiste à découper les motifs décoratifs identiques : volutes, rinceaux, personnages… dans deux ou trois feuilles, de métal : laiton, étain, et d'écaille, superposées afin d'obtenir ensuite un décor en laiton (et étain) sur un fond d'écaille appelé “partie” et un décor d'écaille sur un fond de laiton “contre-partie”. La production de Boulle se caractérise aussi par une importance particulière accordée au décor de bronze, ce jusque là inédit dans l'histoire du mobilier et certainement à l'origine de sa notoriété. En 1685 il achète un petit bâtiment place du Vieux-Louvre auquel il greffe un dépôt de bois, des ateliers, une fonderie et une presse à imprimer (8). Comme Domenico Cucci, Boulle est bronzier autant qu'ébéniste et conserve cette double activité toute sa vie. Il enfreint ainsi les règles de corporation (interdisant la pratique simultanée des deux professions), mais ne connaît aucune poursuite grâce à son statut d'ébéniste du Roi. Il crée, dessine, modèle lui-même ses bronzes mais utilise aussi parfois des modèles en terre cuite ou cire inventés par des sculpteurs disparus tels : Michel-Ange (1475-1564), François Duquesnoy (1594-1643) ou qu'il les “avoit fait faire depuis qu'il exerçoit sa profession” par des sculpteurs contemporains tels Girardon, Desjardins, Van Opstal, Coustou dont il est fait mention dans l'inventaire après décès de 1732 (9). De nombreux éléments sur ces tables permettent d'en attribuer vraisemblablement la paternité à André-Charles Boulle. En effet, elles sont à rapprocher du dessin d'un bureau plat (10) et du dessin d'une console (11) (reproduit ci-contre) présentant des chutes à masques de satyre surmontés d'un dé évasé et des pieds de biches à trois pans identiques développant en partie haute des feuillages. Par ailleurs l'inventaire après décès de 1732 cite un nombre important de “boëtes de modèles” en bronze ciselé et doré et cite notamment sous le no 62 “une boëte de modèles de masques de satires à différents visages…”, et sous le no 69 “dix cadres de bureaux de différentes grandeurs…” (12). Dans le dernier quart du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle les meubles réalisés par André-Charles Boulle deviennent plus fréquents dans les ventes antiques. Notre paire de tables semble très proche d'un exemplaire conservé dans le cabinet de Lebrun, peintre, expert et commissaire-expert du musée Napoléon dans la vente en 1806 mentionne une table similaire sous le n° 409 (13). “Une table à quatre pieds en console, chantournée à quatre masques de satyres, terminée par le bas par une grande feuille d'ornement, ornée sur le devant de masque de femme, à poignées et rinceaux d'ornement en marqueterie et fond d'écaille, enrichis de même sur les retours, le dessus en maroquin noir, enrichi d'un carton à gaudron”. Hauteur : 27 pouces - Largeur : 32 pouces. La paire de tables que nous présentons est à rapprocher de deux exemplaires identiques avec des petites variantes en bouts de pieds (griffes ou enroulements) : l'un avec une marqueterie d'écaille et laiton “en partie et contre-partie” provenant de la collection de Lady Baillie (13), puis Akram Ojjeh ; l'autre avec une marqueterie d'écaille et laiton “en partie” provenant de la collection d'Armaillé (14), puis Grog-Carven est conservé au Musée du Louvre (15). On retrouve ce même décor, la même découpe de la ceinture en façade délimitée par de larges encadrements en bronze doré, et ce masque d'Apollon au centre, souligné par une poignée de tirage sur plusieurs consoles, notamment sur une console conservée dans la Wallace Collection à Londres (16), et un autre exemplaire autrefois conservé dans la collection Riahi (17). (1) “A.C. Boulle et sa famille” par J.P. Samoyault, Genève 1979, p. 61-179 Acte de “délaissement” (donation) à ses fils en 1715, inventaire après décès de 1732 (2) Samoyault, Opus cité. (3) Dessins d'André-Charles Boulle publiés après 1707 par Mariette dans son ouvrage “Nouveaux dessins de meubles et ouvrages de bronze et de marqueterie inventés et gravés par A. C. Boulle”. (4) “Le mobilier de Versailles, XVIIe et XVIIIe siècles” par Daniel Meyer, Édition Faton, Dijon 2002, n° 9 p. 54. (5) “Les ébénistes français de Louis XIV à la Révolution” par Alexandre Pradère, Edition du Chêne, 1989, p. 100 : “3 septembre 1708 - 18 avril 1709 : à lui (André-Charles Boulle) sur deux bureaux qu'il fait pour le palais de Trianon 3.000L”. (6) en 1697 Crozat lui fait un procès pour quatre piédestaux, deux armoires et un socle payés d'avance et non livrés. (7) en 1677, Boulle épouse Anne-Marie Leroux, ils ont huit enfants dont quatre suivent la voie du père : Jean-Phillipe (1678-1744), Pierre-Benoît (1680-1741), André-Charles II : second prix de sculpture de Rome en 1709 et Charles-Joseph (1688-1754). Samoyault, Opus cité p. 31-33 (8) Samoyault, Opus cité p. 23-24 note 16 (9) Samoyault, Opus cité p. 13 (10) Musée des Arts Décoratifs Paris (inv. 72B), attribué à André-Charles Boulle. (11) Dessin d'André-Charles Boulle publié après 1707 par Mariette dans son ouvrage “Nouveaux dessins de meubles et ouvrages de bronze et de marqueterie inventés et gravés par A. C. Boulle” pl. V (12) Samoyault, Opus cité p. 143-144 (13) Vente du cabinet et fonds de marchandises de M. Lebrun par cessation de commerce (14) Collection de Lady Baillie, Leeds castle, Kent Collection Akram Ojjeh, vente Monaco, 25-26 juin 1979 n° 10 Succession de sir Charles Clore, vente Monaco 6 décembre 1985 n° 48. (15) Vente Paris, Galerie G. Petit, 5-6 juin 1890 n° 156. (16) Inventaire OA 10.449 cf Revue du Louvre 1974 n° 2 “La donation Grog-Carven au Musée du Louvre” par P. Verlet reproduit p. 121 (17) “The Wallace Collection. Catalogue of furniture II” par P. Hugues, Trustees of the Wallace Collection 1996 nos 160 et 161 p. 752 à 757. (18) “Magnificent french furniture formely from the Collection of Monsieur and Madame Riahi” vente New York le 2 novembre 2000 n° 39. “La Collection Djanghir Riahi, ameublement français du XVIIIe siècle” Milan 1999, FMR ed., p. 46-51 300 000 / 450 000 €
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Mobilier classique
À propos de la vente

Retrouvez des lots similaires en vente sur Interencheres

Voir plus de lots en vente sur Interencheres
Estimation :5 500 € - 6 000 €
Chrono
Proposé par ALEXANDRE LANDRE - BEAUNE
Estimation :2 000 € - 3 000 €
Live
29/08/2026
Proposé par ENCHERES COTE D'OPALE - DEBACKER & RICHMOND
Estimation :500 €
Live
26/08/2026
Proposé par VALOIR POUSSE-CORNET Maison de ventes
Estimation :200 € - 300 €
Live
30/08/2026
Proposé par Me Hubert Deloute - Amiens- Compiègne
Estimation :90 000 € 110 000 €
Live
30/08/2026
Proposé par Collector Cars Auction
Estimation :180 € - 360 €
Live
04/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :9 000 € - 18 000 €
Live
04/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :26 000 € 52 000 €
Live
04/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :1 800 € - 3 600 €
Live
04/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :50 € - 80 €
Chrono
Proposé par DE BAECQUE et Associés - Marseille
Estimation :2 500 € - 4 000 €
Live
05/09/2026
Proposé par Hôtel des Ventes de Lyon
Estimation :300 € - 600 €
Live
05/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :20 € - 30 €
Chrono
Proposé par DE BAECQUE et Associés - Marseille
Estimation :7 000 € - 10 000 €
Live
05/09/2026
Proposé par Hôtel des Ventes de Lyon
Estimation :1 800 € - 3 600 €
Live
05/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :2 800 € - 5 600 €
Live
05/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :5 000 € - 9 000 €
Live
05/09/2026
Proposé par Hôtel des Ventes de Lyon
Estimation :50 € - 80 €
Chrono
Proposé par DE BAECQUE et Associés - Marseille
Estimation :10 000 € 20 000 €
Live
05/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :10 000 € 20 000 €
Live
04/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :200 € - 300 €
Chrono
Proposé par DE BAECQUE et Associés - Marseille
Estimation :80 000 € 160 000 €
Live
05/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :55 000 € 110 000 €
Live
05/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :16 000 € 32 000 €
Live
05/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :80 000 € 160 000 €
Live
05/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :160 000 € 320 000 €
Live
05/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :40 € - 70 €
Live
08/09/2026
Proposé par Maison de Ventes Richard
Estimation :120 000 € 240 000 €
Live
05/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :240 000 € 480 000 €
Live
06/09/2026
Proposé par Kunstauktionshaus Schloss Ahlden
Estimation :40 € - 70 €
Live
08/09/2026
Proposé par Maison de Ventes Richard