Lot 112
Rare pendule squelette en bronze ciselé et doré, marbre blanc et marbre griotte. La partie supérieure présente un motif de nuées, feuilles de chêne, étoiles avec un cadran émaillé indiquant les phases de la lune. Elle présente quatre cadrans dont un central à mouvement apparent émaillé avec indication des quantièmes, des minutes et des secondes. Celui de gauche indique les jours de la semaine ainsi que les mois du calendrier révolutionnaire, celui de droite les signes du zodiac, les mois du calendrier grégorien et leur nombre de jours. Enfin le cadran inférieur présente les équinoxes et les solstices et des médaillons polychromes représentant des allégories des quatre saisons. Elle repose sur une base rectangulaire décorée de moulures et supportée par quatre patins. La partie inférieure de la pendule présente un balancier émaillé rose. Les émaux attribués à Coteau. Fin du XVIIIe - début du XIXe siècle. (Restaurations et balancier rapporté) Haut. 59 - Larg. 31,5 - Prof. 14,5 cm Le 4 frimaire de l'An II (24 novembre 1793), selon la proposition du mathématicien Gilbert Romme, la Convention Nationale adopte un décret remplaçant le calendrier grégorien par le calendrier révolutionnaire basé sur le système décimal. Une journée se compose donc dorénavant de dix heures de 100 minutes ; un mois compte trois semaines de dix jours nommées décades et une année douze mois de trente jours ; les cinq ou six derniers jours de l'année étant dédiés aux fêtes révolutionnaires. Le poète Fabre d'Eglantine est chargé de créer de nouveaux noms de mois inspirés des saisons et s'intitullant vendémiaire, brumaire, frimaire, nivôse, pluviôse, ventôse, germinal, floréal, prairial, messidor, thermidor, fructidor. Cependant, les français ne parviennent pas à s'habituer à cette nouvelle mesure du temps et la convention doit suspendre le décret de l'heure décimale le 18 germinal An III (7 avril 1795). Napoléon met définitivement un terme au calendrier révolutionnaire le 22 fructidor An XII (9 septembre 1805) et rétablit le calendrier grégorien. Durant les douze ans du calendrier révolutionnaire, les horlogers, à la demande de leurs clients, créent des cadrans présentant un double affichage, le modèle que nous présentons en est un exemple. La pendule squelette est particulièrement populaire pendant la dernière décennie du XVIIIe siècle et se perpétue tout au long du XIXe siècle. Elle présente en général un décor dépouillé en réaction aux surcharges décoratives des styles précédents et permet aux horlogers d'exposer sobrement les prouesses techniques des mécanismes. On connaît plusieurs pendules squelettes associant les calendriers révolutionnaire et grégorien. L'une comprenant deux cadrans, l'un marquant les heures duodécimales l'autre les heures décimales, est conservée au musée Carnavalet (1). Une autre pendule autrefois à la galerie Pascal Izarn (2) présente également deux cadrans. Le premier indique les heures et les minutes duodécimales, les jours et les quantièmes républicains. Le second indique les heures et les minutes décimales ainsi que les mois républicains et grégoriens. (1)“ Musée Carnavalet, une histoire de Paris ” cadran de Bruel par Jean-Marc Leri, Fragment Ed. Paris 2000, p.107. (2)“ Encyclopédie de la pendule française du Moyen-Age au XXe siècle ” par Pierre Kjellberg, Edition de l'Amateur Paris 1997, ill. A p.324. 30000 / 40000 €
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Mobilier classique
À propos de la vente
Catalogue
14/12/2005
Proposé par Tajan
01 53 30 30 54