Lot 226
Rare table de salon
dite “cabaret”, à plateau cuvette, rectangulaire.
Elle présente un décor chinoisant en laque européen à fond rouge, à décor partiellement doré ou laqué noir.
Le plateau orné en plein d'une scène animée de deux chinois jouant avec des cerfs volants, dans une perspective de pagodes, à encadrements de rinceaux, animés de papillons.
La bordure à réserve feuillagée.
Les côtés à traverse chantournée à chinois et oiseaux. Chutes à cartouche et feuille d'acanthe. Pieds cambrés à petit sabot
Travail français, d'époque Louis XIV
(légères fentes sur le plateau)
H. 67 - L. 62,5 - P. 46 cm
Vers la fin du XVIIe siècle, la France connut l'introduction de nouveaux produits de consommation, symboles du luxe et du raffinement, le chocolat, en provenance d'Amérique du Sud, et le café, importé d'Asie.
Ces nouveaux breuvages, auxquels on accordait des vertus curatives, inspirèrent une nouvelle forme de meubles tout spécialement destinés à leur usage.
Il s'agissait de petites tables carrées ou rectangulaires, dont le plateau offrait un léger rebord, qui furent rapidement dénommées tables en cabaret puisqu'elles devaient servir de supports aux cabarets de porcelaine importés à grand frais par les différentes compagnies des Indes orientales ou commandés aux manufactures européennes de porcelaine, particulièrement à la manufacture de Vincennes, puis manufacture royale de Sèvres.
Le plus souvent ces tables présentaient un plateau en laque orientale ou en vernis européen, et un piétement en bois sculpté et doré. Pour les exemplaires les plus luxueux, le décor des pieds s'accordait avec celui du plateau comme c'est le cas sur l'exemplaire présenté.
Les inventaires du XVIIIe siècle en mentionnent de nombreux exemplaires dans les intérieurs des amateurs du temps, notamment ce “plateau de verny de la Chine fond noir à bords rouges et aventurine, posé sur un pied de bois sculpté doré” estimé 60 livres dans l'inventaire après décès du financier Samuel Bernard ; ou cette “table en cabaret à plateau de laque, à pieds à quatre consoles en bois sculpté et doré” proposée aux enchères lors de vente de M. de Presle en avril 1792. De nos jours, quelques exemplaires sont connus, citons particulièrement un premier vendu chez Christie's, à Londres, le 6 novembre 2008, lot 130 ; un deuxième ayant fait partie de la vente à Paris, Mes Ader-Picard-Tajan, le 1 avril 1974, lot 110 ; enfin un dernier appartient aux collections du musée Carnavalet à Paris (illustré dans A. Forray-Carlier, Le mobilier du musée Carnavalet, Dijon, 2000, p.64-65, catalogue n°17).
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Mobilier moderne et design
À propos de la vente08/06/2010
Catalogue
Argenterie, Mobilier et Objets d'Art, Tapisseries
92200 Neuilly-sur-Seine - France
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