Lot 227
Rare vase de forme navette Attribué à Duplessis - Paris, vers 1765-1770 Suite du lot précédent François Joseph Belanger (1744-1818) fut nommé architecte-dessinateur, Pierre Gouthiere avait en charge la réalisation des montures de bronze, tandis que le sculpteur italien Augustin Bocciardi (actif à Paris de 1760 à 1790) était responsable de la taille et du polissage des marbres et des pierres dures. On retrouve également des artisans français dans l'art du lapidaire, comme en témoigne la paire de vases en porphyre aux têtes de bouc, commandés en 1762 par le Maréchal de Richelieu au sculpteur Guillemin qui les avait tiré de fragment de colonnes ramenées de Gênes, par le Duc de Richelieu. Ce même Guillemin est cité par les Menus-Plaisirs pour avoir inventé une nouvelle technique afin de donner au marbre "un poli ferme et brillant". Le marbre africain ou "africano" est extrêmement rare dans les productions du XVIIIe siècle. Ce matériau, connu et exploité depuis l'Antiquité provient d'Asie Mineure (actuelle Turquie). Il possède les qualités des Brèches, avec des tonalités variant du noir au gris brun ou au vert-rouge. Il est illustré dans l'ouvrage : Marmi Antichi, (édition de Luca, Rome 1997, planche 134, fig. 1C). Il est cité notamment dans le catalogue de la vente du Duc d'Aumont, concernant une colonne montée de bronze doré par Gouthière. Le vase que nous présentons, de forme cassolette, nacelle, navette ou en nef, est directement inspiré des modèles du XVIIe siècle. Réalisé vers 1770, il peut être rapproché d'une paire de cassolettes en porphyre provenant des anciennes collections du Cardinal Mazarin (Porphyre, la pierre pourpre des Ptolémés aux Bonaparte, 2003/2004, page 115, n° 30) de deux autres vases conservés au Louvre, de forme nacelle (aux dimensions moins importantes) provenant des collections du Duc d'Aumont (D. Alcouffe, A. Dion Tenenbaum et G. Mabille : Les bronzes d'ameublement du Louvre, 2004, pages 240 et 243, nos 120 et 121). La monture de bronze qui orne le vase que nous présentons, est d'une qualité de ciselure exceptionnelle. On retrouve des décors comparables de guirlandes de feuilles de chêne, glands ou tores de feuilles de laurier enrubanées, dans le travail du bronzier Duplessis (1699-1774). Ce dernier d'origine italienne, arriva à Paris au milieu des années 1735 (probablement sollicité par le Prince de Carignan). Dès 1748 il travailla en tant que donneur de modèles à la Manufacture de Vincennes, poste qu'il occupera jusqu'en 1773. Duplessis eut en charge la création de deux braseros en bronze doré, destinés à être offerts par le Roi Louis XV à l'Ambassade de Turquie, en 1742 (un seul est conservé à Istanbul, Topkapi Sarai Mûzesi). Cette prestigieuse commande lui donna une solide notoriété, particulièrement aux yeux des marchands parisiens qui lui commandèrent des montures de bronze doré. Il habita et travailla à la Manufacture de Sèvres, quatre jours par semaine. Durant cette période, il est intéressant de noter que la forme navette dominait dans ses productions (Guilhem Sadde, Jean-Claude Duplessis, la liberté du style rocaille, L'estampille - L'objet d'Art, n° 392, Juin 2004, pages 42 à 51). 120 000 / 150 000 €
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Objets d'art et de décoration anciens
À propos de la vente
Catalogue
03/12/2004
Proposé par BEAUSSANT LEFÈVRE & Associés
01 47 70 40 00