Lot 261
RARISSIME SUITE DE SIX FAUTEUILS GENOIS Bois de fauteuils en noyer Housses en broderie d'application H : 117 - l : 64 - P : 76 cm Italie (Gênes) - XVIIème siècle Etat : Exceptionnel, aucune restauration Il s'agit bien ici d'une suite de fauteuils dits « meublants ». Dans un salon, on appelle sièges meublants ceux qui, de même style et de même étoffe que l'ameublement général, sont placés contre la muraille ou disposés à des endroits fixes, par opposition aux sièges volants qui ne portent pas de livrée spéciale et n'ont pas de place attitrée. La richesse des tissus en est ici témoin. Ceux-ci faisaient alors partie d'un ensemble plus vaste tels qu'en témoignent les inventaires. « Tentures, rideaux, portières et sièges de vieux damas et autres étoffes » (vente de M. Le petit de Bachaumont, 1er Juillet 1771). « Lit, sièges et rideaux de damas trois couleurs ». (Vente de la marquise d'Entraygues, 14 novembre 1784) etc. On comprend que la confection de meubles aussi généralement usités ait été de tout temps l'objet de préoccupations spéciales. Mais cet ensemble était mobile, en effet, dans les Palais en Italie, il y avait le parement d'hiver et celui d'été : plus léger et plus clair à la belle saison, ce dernier devenait plus épais et plus coloré afin d'éclairer les demeures, à la mauvaise saison. Ici nous sommes en présence du parement xxx sous forme de housses amovibles que l'on conservait dans des malles d'une saison à l'autre. Pour housse, on entend couverture de meuble et plus spécialement de siège ou de lit. Le mot housse, en étoffe parfois extrêmement riches, dont on habillait les sièges aux jours de grande réception, pris dans cette acception n'est pas très ancien. Il fut usité, il est vrai, dès le XVème siècle pour désigner les caparaçons des mules et des chevaux, et les pièces d'étoffe brodées aux armes des très grands seigneurs, qu'on jetait sur les sommiers chargés de bagages, pour qu'ils portassent, avec tout l'éclat possible, la livrée de leur maîtres. On s'en servit aussi, vers cette même époque, pour distinguer un vêtement de dessus, également brodé d'armoiries, que revêtaient les hérauts d'armes et les grands officiers d'un prince. Ce n'est que beaucoup plus tard, et par analogie, qu'on appliqua ce nom aux pièces d'étoffe taillées, dont on couvre les meubles, soit pour varier leur parure, soit pour les garantir. L'inventaire du surintendant Fouquet (1661) mentionne « un pacquet de couvertures de chaises ». On voit que le mot couverture, employé dans ce sens, demeura dans le langage jusqu'à une époque relativement récente. Cependant, la qualification de housse commença d'être en usage dès les premières années du XVIIème siècle. Dans l'Inventaire du château de Turenne (1615) on remarque « une chaise percée de velours vert, faict à housse, garnie partout d'une petite frange de soye verte ». L'Inventaire de Mazarin cite également un grand nombre de housses. Dans les Inventaires des meubles de la Couronne (états de 1673, de 1681 et de 1697), nous notons «Trois housses de chaises d'affaires, deux de velours, soit vert, soit rouge cramoisy ; la troisième de damas rouge cramoisy ; garnies, l'une de frange et mollet d'or et d'argent ; les deux autres, de frange et mollet de soie ». On voit que ces housses étaient faites de serge, de taffetas, de velours et de soie et tout autre tissu précieux. De pareilles enveloppes, cela va de soi, n'avaient pas pour but unique de préserver les meubles qu'elles recouvraient. Elles constituaient aussi une parure, parure d'autant plus nécessaire qu'à Gênes, Versailles et à Fontainebleau, dans tous les appartements, même dans la chambre du roi, les meubles étaient en temps ordinaire recouverts de housses. Dans la vente après décès de Melle Boullenger, vente qui eu lieu le 20 août 1759, figurent des « canapés, fauteuils, chaises et housses de velours et de diverses étoffes de soie, d'argent et d'or ». Le bois des sièges, en beau noyer rouge, est sculpté en os de mouton, opposés, réhaussé de moulures en saillie typique des modèles génois. Fait rarissime : Aucune restauration ni au bois, ni aux tissus, n'est à noter, l'embourrure est également d'origine. Les housses ont certainement très peu servi et étaient demeurées au fond d'un coffre, d'une malle, depuis l'époque où elles sont tombées en désuétude. LES HOUSSES DESFAUTEUILS Il s'agit de broderies d'application. Celles-ci peuvent être datées de la première moitié du XVIIème siècle, conservées de façon quasi intacte depuis leur fabrication, exemptes de toute restauration à la seule exception de quelques raccommodages. Elles peuvent être comparées aux broderies de la Chambre du Roi à Versailles, mais elles sont antérieures et à notre point de vue, de qualité supérieure (elles auraient pu servir de modèle ou tout au moins d'inspiration). En façade : le fond est de satin de soie jaune sur lequel sont rapportées des applications de velours de soie, vert, grenat ; de satin bleu, pourpre, vert, beige, violet, rebrodé de points de nœud de Boulogne en cordonnet de soie et points plats. Au revers, il s'agit de soie et lin ou chanvre pour la doublure. Le motif est appelé Ikatee (les fils sont teints sur chaine avant le tissage, puis placés sur le métier et tissés avec une bande de satin uni bleue, puis façonnés avec un intercalaire sergé écru. L'état est tout à fait exceptionnel, le tissu très frais de couleur. Toutefois, une restauration et consolidation seraient souhaitables pour une bonne conservation future. L'atelier du Musée des Tissus de Lyon se proposant d'en effectuer la restauration.
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Mobilier classique
À propos de la vente
Catalogue
17/10/2011
Proposé par AGUTTES
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