Lot 70
Rops Félicien (1833 - 1898)
Ecole : Belgique
Les sataniques: le calvaire (1882)
Crayon Conté et encre de Chine sur papier
26,2 x 16,7 cm
Exposition : "Félicien Rops" Musée d'Ixelles 1969, cat. no. 169
Musée d'Ixelles 2012, p. 117 reprod.
Provenance : coll. Maurice Pereire, France
coll. Jacques Odry, Bruxelles
coll. Carlo De Poortere, Kortrijk
coll. Dr. Pigneur, Namur
Collection Caroline & Maurice Verbaet
Sataniques
Dans Les Sataniques, une série de représentations de 1882, Rops glorifie le Diable et son emprise sur la femme. Elle symbolise les tourments charnel et l’emprise violente du mal sur la terre, dont la femme est le catalyseur. Ses œuvres rendent hommage à la force et la souffrance et montrent ce qui se passe quand la sensualité tourne en folie. Rops met de cette façon le chaos de son temps en question. Il résume son point de vue esthétique de façon suivante: “ L'homme est possédé par la femme, la femme possédée par le Diable”. L’imagination érotique de Rops est illimitée. Il dépasse les règles de l’honorabilité, il veut provoquer et est pleinement conscient du côté excessif de son œuvre.
La série peut être lue comme l’histoire de l’emprise en augmentation constante de Satan sur la femme. “Le Diable détruit la femme, elle n’est pas le Diable ou son complice. L’esthétique décadent peut facilement introduire deux victimes grâce au malentendu initiale” mais il est quand même marquant que dans cette illustration la femme prenne son rôle de victime à cœur. Elle se jette spontanément dans les griffes de Satan, pour vivre un dernier plaisir explosif.
Dans “L’idole” et “Le calvaire” Rops passe du registre païen au registre chrétien. Sa conception est une attaque ouverte blasphématoire: une parodie sexuelle du cérémonie de mariage et de la crucifixion. L’inscription en haut de la croix n’est pas INRI, mais BELZ, l’abréviation pour Belzébul.
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