Lot 255
ROUGET DE LISLE (Joseph). Lettre autographe signée au « cher Duval ». S.l., « 14 février ». 2 pp. in-8.
Belle lettre de l’auteur de La Marseillaise.
« Vous n’avez pas pitié..., ni des pauvres ermites, ni de l’inquiétude que dans leur isolement ils éprouvent pour les gens qu’ils aiment, et qu’ils savent aux prises avec des tribulations semblables à celles que vous donne votre santé. Ces tribulations, elle me les donne aussi ; et ce que vous m’en dites dans votre dernière ne me rassure point du tout. Dans la situation où me voilà, on n’a pas besoin d’un chagrin de plus, qui se prolonge, et de la nature de celui-ci. Soyez donc assez bon, mon cher ami, pour y couper court, s’il y a lieu, comme je l’espère ; mandez-moi aussi laconiquement que vous le voudrez, que vous êtes gros, gras et bien portant en dépit de ce vilain hiver ; et que si pour mon compte je n’ai plus de jouissances à prétendre, je puisse, au moins pour le compte de mes amis, jouir de leur santé, que ne puis-je dire de leur prospérité sans mélange, et surtout pour celui d’un ami auquel j’ai voué un attachement aussi sincère et aussi mérité...
Si vous me demandez ce que je fais, ce que devient ma triste machine, je vous répondrai que je m’occupe d’un opuscule patriotique, dont l’importance est plus grande que sa teneur. Quant à la machine, elle végète pasiblement, vous savez grâces à qui, et le ferait bien plus paisiblement encore sans le chapitre des souvenirs qui me tuent...
Mr le Fèvre que vous avez vu, ou quelqu’autre ira un de ces jours vous débarrasser de Rosa [Joseph Rouget de Lisle composa une romance intitulée Rosa mourante (songe)]. »
Crédits photos :
Osenat / Michel Bury
Militaria et armes
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