Lot 120
Russie Ensemble de chevalier de l'ordre de Saint-Alexandre Nevski : croix, plaque, lettre de nomination de Nicolas Ier et lettre d'annonce du chancelier Nesselrod. - Croix de l'ordre de Saint-Alexandre Nevski du deuxième type, à quatre branches en or émaillé rouge sombre (importants éclats et manques au revers), les bras anglés d'aigles bicéphales couronnés en or ciselé (l'un recollé), aux ailes éployées se rejoignant au milieu des branches. Le médaillon central représente sur l'avers, dans un encadrement en or ciselé, une peinture à l'émail figurant Alexandre Nevski, en armure sur un cheval blanc, couronné de laurier par une main céleste, devant la cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod ; sur le revers, le monogramme couronné "SA" en lettres latines, sur fond d'émail blanc (petits manques). Poinçons : sous l'émail, aigle bicéphale de fournisseur officiel et KK pour Kämmerer et Keibel ; sur l'anneau, de titre, 72 zolotniki (18 carats), et de date pour Saint-Pétersbourg, incomplètement lisible (18) 5 (3) ; sur l'aile droite de chaque aigle, poinçon rond du bureau d'essai de Saint-Pétersbourg aux armes de la ville. Hauteur : 59 mm - Largeur : 54 mm - Poids : 35,05 g Russie, Saint-Pétersbourg, 1853. TTB à SUP pour l'avers, B à TB pour le revers. Note : la paix revenue avec la Russie après le traité de Paris, le marquis de Castelbajac dut régulièrement porter son ordre de Saint-Alexandre Nevski à la façon des ordres français, de l'épaule droite à la hanche gauche (statutairement dans l'autre sens), expliquant ainsi l'état de conservation de sa croix qui, frottant régulièrement contre la garde de son épée, y brisait son émail. - Plaque de fabrication française en argent à huit rayons travaillés en pointes de diamant, au centre le monogramme en cyrillique non couronné "CA" en lettres d'or délicatement ciselé sur fond d'émail blanc, entouré de la devise de l'ordre en lettres d'or découpées et appliquées sur fond d'émail rouge signifiant "Pour le service de la Patrie", surmontant deux rameaux de lauriers émaillés, au revers la marque du fabricant "Ouizille Lemoine, Joailliers bijoutiers de la Légion d'honneur rue du Bac n°1 Paris", système de fixation pas épingle basculante et deux crochets latéraux (manque l'épingle et son crochet de fermeture). Diamètre : 83,5 mm France, 1854-1863. TTB Note : Jusqu'en 1855, le chapitre des ordres remettait aux nouveaux chevaliers une simple plaque en broderie à coudre sur l'habit, le marquis de Castelbajac fit donc l'acquisition, auprès du célèbre joaillier de la Légion d'honneur, d'une plaque métallique amovible et plus flatteuse. - Lettre de nomination de Nicolas Ier (1796-1855), entièrement manuscrite en français, sur papier, dans une enveloppe adressée "Au Général Marquis de Castelbajac", scellée du petit sceau impérial (l'enveloppe déchirée comporte des mentions manuscrites postérieures). Dimensions de la lettre : 26 cm x 20,8 cm (repliée). "Au Général Marquis de Castelbajac (en bas de la feuille) Général, La mission que Vous avez si honorablement remplie en Russie m'a mis à même d'apprécier l'élévation de Votre caractère, la noblesse de Vos intentions et la rectitude de Vos principes. C'est avec un zèle qui ne s'est jamais démenti que Vous avez consacré des efforts pleins de loyauté à l'établissement de bons rapports entre la Russie et la France. Bien qu'ils n'aient pas été couronnés de succès, il me tient à c Sur de le reconnaître et de Vous offrir un témoignage ostensible de mes sentiments de véritable estime et d'amitié pour Vous. Je Vous envoie en conséquence les insignes de mon Ordre de St Alexandre Nevsky et Vous renouvelle à cette occasion l'assurance de mon attachement. Nicolas St Pétersbourg le 27. Janvier 1854." - Lettre d'annonce du chancelier Nesselrod (1780-1862), entièrement manuscrite en français, sur papier. Dimensions de la lettre : 24,2 cm x 20 cm (repliée). "Monsieur le Marquis, Sa Majesté l'Empereur désirant vous donner une preuve de son estime particulière et des sentiments que vous avez su lui inspirer par un langage toujours franc et loyal, m'a chargé de vous transmettre les insignes de son Ordre de St Alexandre Nevsky. Heureux d'être dans cette occasion l'interprète des bienveillantes intentions de mon Auguste Maître, permettez moi Monsieur le Marquis de vous offrir mes plus sincères félicitations, ainsi que l'assurance des sentiments d'attachement et de haute estime que je vous ai invariablement donnés. Nesselrode St Petersbourg le 27. Janvier 1854." Note : Initié en 1724 par Pierre le Grand, qui voulait créer un ordre de mérite strictement militaire inspiré de l'ordre de Saint-Louis, l'ordre de Saint-Alexandre Nevski, fut officiellement fondé en mai 1725, après sa mort, par son épouse l'impératrice Catherine Ire. Finalement ouvert aux civils, ce nouvel ordre de chevalerie à classe unique, porté à une écharpe rouge, deuxième dans la hiérarchie des ordres russes, jouira jusqu'en 1917 d'un très grand prestige. Paul Ier lui donna ses statuts officiels en 1797, ceux-ci furent peu modifiés jusqu'à la Révolution. Après 1855 il pouvait être, pour acte de bravoure exceptionnel, remis avec épées, ou avec diamants, comme marque d'estime particulière. Recherché et convoité, l'empereur de Russie en fit un usage discrétionnaire, et le remit avec parcimonie, notamment aux diplomates qu'il voulait particulièrement honorer. On distingue trois principaux types d'insignes : le premier type, d'ancienne forme, en usage jusqu'en 1816, dont les branches, ornées d'un important cabochon en patte de verre rouge sont anglées d'aigles bicéphales ; le deuxième type, intermédiaire, en usage jusque vers 1855, aux bras émaillés rouge, anglés d'aigles dont les ailes, au vol abaissé empiétant largement sur les bras, se rejoignent et se touchent (avec le temps leur taille se réduit, et l'émail tend à s'assombrir) ; enfin le troisième type, définitif, en usage à partir de la réforme héraldique d'Alexandre II en 1856, dont les aigles, aux ailes éployées, reposent à peine sur les bras de la croix, celle-ci est ornée en son centre d'un Alexandre Nevski chevauchant à gauche. Jusqu'en 1917 les insignes des ordres impériaux étaient théoriquement restituables, mais cette obligation avait peu d'effets à l'étranger.
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Militaria et armes
À propos de la vente
Catalogue
18/04/2012
Proposé par BEAUSSANT LEFÈVRE & Associés
01 47 70 40 00