Lot 48
SIX CHAISES AYANT APPARTENU AU DUC DE PENTHIÈVRE Par Georges JACOB(1739-1814) Reçu Maître Ebéniste en 1765 Et par Paul-François JEAN Reçu Maître Ebéniste en 1784 Paris, époque Louis XVI, vers 1780-1785 MATÉRIAUX Bois laqué Estampilles : G IACOB et P.F JEAN Marque au feu : Ancre marine surmontée d’une couronne H. 90 cm, L. 51 cm, P. 46 cm PROVENANCE Louis de Bourbon, Duc de Penthièvre, Grand Amiral de France (1725-1793) Cette suite de six chaises en bois laqué crème rechampi gris présente une ligne sobre et épurée caractéristique des productions néoclassiques. Elles portent une marque au feu représentant une ancre marine surmontée d’une couronne, symbole que l’on retrouve sur le mobilier garnissant les châteaux de Chanteloup et d’Anet , propriétés de Louis de Bourbon, Duc de Penthièvre. D’une très grande sobriété, chaque chaise adopte un dossier rectangulaire « à la Reine », simplement mouluré. La ceinture à moulure nue est rythmée par des dés de raccordement centrés de fleurettes. Elles reposent sur quatre pieds cannelés et rudentés réunis par une entretoise en H. Ce type de décor et la présence de cette entretoise, qui avait été abandonnée par les ébénistes pendant plus de cinquante ans, permet de dater ces chaises vers 1780-1785. Un modèle très proche, avec un dé de raccordement décentré, daté vers 1785, est reproduit dans l’ouvrage de Guillaume Janneau, Le Mobilier Français - Les sièges, éd. de l’Amateur, 1993, p. 134, fig. 251. Ces sièges portent l’estampille de Georges Jacob (1739-1814) qui fut dès 1773 fournisseur officiel du Garde-meuble royal. Ce titre lui ouvrit les portes des plus illustres et riches mécènes de l’entourage du Roi. On retrouve dans les livres de commande du menuisier des noms tels que le Comte d’Artois, Madame Elisabeth ou le Comte de Provence. Sa production, principalement néoclassique, se caractérise par la grâce et l’élégance des sculptures, la sobriété et le raffinement des formes. Pour le Duc de Penthièvre, il réalisa notamment deux fauteuils et deux chaises pour garnir l’Hôtel de Toulouse à Paris (New York, Metropolitan Museum of Art). Une chaise parfaitement identique, tant dans sa forme, son décor que ses dimensions est conservée au Musée des Arts Décoratifs et porte la marque au feu de Chanteloup. Elle ferait parti d’une importante série livrée par Jacob pour le Duc de Penthièvre accompagné également d’un canapé, de marquises et de fauteuils. Une autre chaise, avec la marque du château d’Amboise, autre demeure du Duc, estampillée de Georges Jacob, présente exactement les mêmes caractéristiques que notre oeuvre . Petit-fils de Louis XIV et de Madame de Montespan, Louis-Jean-Marie fut élevé au rang de Grand Amiral de France et Gouverneur de Bretagne. Passionné d’étiquette et d’une très grande richesse, il posséda de nombreuses résidences prestigieuses notamment à Amboise, Anet, Chanteloup, Rambouillet et Sceaux qu’il meubla auprès des plus grands ébénistes et menuisiers de l’époque. La présence d’une seconde estampille sur ces chaises, celle de Paul François Jean, peut s’expliquer par la pratique consistant à partager entre plusieurs ébénistes et menuisiers la réalisation d’une même commande conséquente par le biais de contrats de sous-traitance. Paul-François Jean, menuisier en sièges de moindre notoriété, conçut à l’enseigne du « Saint Esprit » au Faubourg-Saint-Antoine, des sièges néoclassiques aux formes rigoureuses et soignées.
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Mobilier moderne et design
À propos de la vente