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Lot 54
Table à écrire rectangulaire en placage d'acajou moucheté mouluré. Elle ouvre par deux tiroirs latéraux, dont un formant écritoire. Le plateau à filets d'ébène et de buis. Pieds fuselés gaine à chapiteaux et sabots de bronze doré. Elle porte la marque au feu du château des Tuileries sous l'Ancien Régime et le numéro d'inventaire du Garde-meuble de la Couronne : du N°3139/2. Estampille d'Adam Weisweiler Adam Weisweiler, reçu maître à Paris le 26 mars 1778. Époque Louis XVI Hauteur : 71 cm (28 in.), Largeur : 74,5 cm (29 1/4 in.), Profondeur : 43 cm (17 in.) Bibliographie : - Catalogue de l'exposition Grands ébénistes et menuisiers parisiens du XVIIIe siècle 1740-1790, Musée des arts décoratifs, Pavillon de Marsan, décembre 1955-février 1956, n°333 (non reproduite). - P. Verlet, Le mobilier royal français, Tome IV, Meubles de la Couronne conservés en Europe et aux États-Unis, Picard, 1990, p.96-97, catalogue n°23 (probablement illustrée). Provenance : - Livrée par Riesener (avec une seconde table identique) le 9 février 1782 pour le premier valet de chambre de Louis XVI, Monsieur Thierry, au château des Tuileries. - Vente à Paris, Hôtel George V, Mes Ader-Picard-Tajan, le 15 avril 1989, lot 167. Cette table (ou celle formant paire) a été étudiée en 1990 par Pierre Verlet dans son ouvrage sur le mobilier royal français qui la comparait à un bureau livré par Riesener en 1783 pour un commis de la Maison du Roi au Louvre (conservé au Musée du Louvre, illustré dans Pierre Verlet, Le mobilier royal français, Les Éditions d'art et d'histoire, Paris, 1945, p.26-27). À propos de ces deux meubles, Pierre Verlet relève tout particulièrement : « Sur les deux meubles, même puissance et même grâce, même finesse des pieds que souligne un simple chapiteau de bronze et que ponctue un sabot carré, même splendeur d'un bel acajou poli, même pureté des proportions, même netteté des lignes droites qu'un léger mouvement raccorde entre elles, même sobriété du décor qui se limite à de fines moulures d'acajou », enfin il termine par « un chef-d'œuvre en somme qui se rattache à toute la lignée des tables les plus somptueuses ». Le numéro d'inventaire qu'elle porte se reportant au Journal du Garde-meuble de la Couronne, ainsi que la marque au fer du château des Tuileries, permettent de connaître son premier destinataire : « (Livrées par) Riesener, 9 février 1782. Pour servir chez M. Thierry au château des Tuileries. N°3139. Deux tables à écrire de bois d'acajou moucheté, ayant chacune 28 pouces de large sur 16 de profondeur, ayant 2 tiroirs fermants à clef dont un garni d'encrier, poudrier et boëte à éponge de cuivre argenté, ornée de sabots, chapiteaux, entrée de serrure et anneaux de bronze en couleur d'or » (A.N., O/1/3320, Maison du Roy). La collaboration Weisweiler et Riesener : Nous ne connaissons pas réellement l'étendue des relations commerciales entre Jean-Henri Riesener (1734-1806), ébéniste attitré de Louis XVI et de Marie-Antoinette, et Adam Weisweiler (1744-1820), ébéniste privilégié de Dominique Daguerre, le plus important marchand-mercier du dernier quart du XVIIIe siècle. Il convient d'énumérer les quelques meubles portant leurs deux estampilles : particulièrement une commode en acajou conservée au Musée Carnavalet à Paris ; ainsi qu'un secrétaire en cabinet orné d'une plaque de porcelaine (anciennement dans la collection Charles de Pauw, vente Sotheby's, Monaco, le 22 juin 1986). Cette collaboration pourrait s'expliquer par le fait qu'en 1774, lorsque Riesener succède à Gilles Joubert comme ébéniste ordinaire du Mobilier de la Couronne, l'ébéniste reçoit des commandes nombreuses et importantes. Tout comme son prédécesseur, il dut en sous-traiter une partie auprès de certains de ses confrères ou merciers parisiens. De plus, cette hypothèse est corroborée par une note du service du Garde-meuble en date de 1786 confirmant que « Riesener achète ses ébénisteries dans le faubourg Saint-Antoine », quartier des artisans en meubles dans lequel Weisweiler a son propre atelier. Adam Weisweiler (1744-1820) Probablement né à Nieuwied-sur-le-Rhin, il vient s'installer à Paris dans les années 1770, ville dans laquelle il se marie en 1777. L'exceptionnelle ascension de l'ébéniste est liée à sa collaboration avec le marchand Daguerre, qui avait succédé à Poirier et conservé ainsi le quasi-monopole des plaques de porcelaines de Sèvres qu'il fournissait à ses ébénistes sous-traitants. Après la Révolution, contrairement à la plupart de ses confrères, Weisweiler continue son commerce et achète même plusieurs immeubles dans la capitale, preuve que ses affaires sont florissantes. À la fin du siècle, il quitte définitivement le quartier du faubourg Saint-Antoine, pour installer son atelier et une boutique rue des Tournelles. À la mort de sa femme en 1809, il est mentionné comme « ancien ébéniste ». Marc-Antoine Thierry baron de Ville-d'Avray (1732-1792). Après avoir été nommé colonel en 1770 dans le régiment des Dauphins-Dragons, il occupe à partir de 1776, la charge de Premier valet de chambre du Roy. En 1775, il fait l'acquisition du manoir de la Brosse à Ville-d'Avray qu'il fait démolir pour faire édifier un château entouré d'un vaste parc. En 1783, il cède des terres à Louis XVI en échange de la seigneurie de Ville-d'Avray, devenant ainsi le premier seigneur de cette baronnie. Il achète peu de temps après la charge d'intendant général des Meubles de la Couronne et deviendra quelques mois avant la Révolution, le premier maire de Versailles. Il est arrêté en 1792 et tué à la prison de l'Abbaye à Paris.
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Mobilier classique
À propos de la vente
Catalogue
19/03/2010
Proposé par Piasa
33 (0)1 53 34 10 10

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