Lot 112
TAPISSERIE DE LA MANUFACTURE ROYALE DE BEAUVAIS de la tenture des « Grotesques » représentant « les dompteurs », à fond jaune et décor polychrome de personnages sous un dais, guirlandes de fleurs et de fruits, treillages, lambrequins, pavement d'après Jean Bérain (1640-1711) et Jean-Baptiste Monnoyer (1634-1699). Bordure « à bastons rompu » à fond bleu orné de feuilles d'acanthe et rinceaux avec des écoinçons dans les angles. Signée P. BEHAGLE F.Début du XVIIIe siècle.(Restaurations).Hauteur : 299 cm. Largeur : 399 cm. L.L. 800 000 / 1 000 000 F 121 959 / 152 449 sBibliographie :- « Les Grotesques de Beauvais » par Roger Armand Weigert - Hyphé n° mars-avril 1946.- « Les commencements de la Manufacture Royale de Beauvais 1664-1705 » par Roger Armand Weigert, Gazette des Beaux-Arts, décembre 1964.- « La Manufacture Royal de Beauvais » par Jean Coural, Monuments Historiques de la France, 1977, n° 6.- « Some Beauvais tapestries related to Bérain » par Edith A. Standen, p. 211 à 219 in Arts of the Tapestry Symposium, 1976, San Francisco.Peu de tentures tissées à la Manufacture royale de tapisserie établie à Beauvais en 1664, connurent un succès aussi prononcé que la suite des « Grotesques à fond jaune ou tabac d'espagne ». Exécutée pour la première fois en 1689 sous la direction de l'entrepreneur Philippe Behagle, leur création marque une rupture avec l'art de Charles LE BRUN ; rompant avec les allégories mythologiques et les exploits du Roi, cette tenture annonce la naissance d'un exotisme discret rempli de nombreux personnages revêtus de costumes brillants, parfois fantaisistes encadré de construction architecturale animée de guirlandes de fleurs, de treille surchargé de vigne. Philippe Behagle proposait aux acheteurs de ses tapisseries trois types de bordures : une bordure à « motif chinois », une bordure à « bastons rompus » sur fond bleu et une bordure imitant un cadre. Comme le remarque Roger-Armand Weigert (1), Behagle n'obligeait pas les acheteurs à prendre latenture complète, mais dans un souci commercial la détaillait pièce par pièce, allant parfois jusqu'à couper une même pièce en deux ou trois parties « Opération qui peut se faire dans la « Grotesque » (sic) sans que cela ne gâte le dessin ». La qualité du tissage plus libre qu'aux Gobelins permettait notamment d'ombrer certaines parties du décor pour donner plus de relief à certains éléments.Une tapisserie représentant le même sujet est conservé au Detroit Institute of Art ; un autre possédant une bordure à bastons rompus fut vendu à Paris en 1949 (2).(1) Weigert, 1946.(2) Vente Paris, Galerie Charpentier, le 30 mai 1949, n° 107.
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Tapis et tentures
À propos de la vente
Catalogue
29/03/2000
Proposé par Couturier-Nicolay
33 (0)1.42.46.75.10