Lot 50
TÊTE DE JULIA DOMNA « MATER DEA » Marbre H. 40 cm Méditerranée orientale (probablement Antioche), IIIe siècle Provenance Ancienne collection anglaise des années 1980 Christie’s London, Antiquities, 25/10/2007, lot 204 Collection parisienne Le visage présente les traits caractéristiques de Julia Domna tels qu'établis par l'iconographie officielle sévérienne : visage ovale aux proportions harmonieuses, front large et bombé, grands yeux en amande aux paupières épaisses sculptées en léger relief, arcade sourcilière marquée, nez droit de profil classique, bouche aux lèvres charnues avec une légère moue expressive. Les pommettes sont délicatement modelées, conférant au visage une rondeur idéalisée caractéristique des portraits féminins impériaux. Le menton est fermement dessiné, évoquant détermination et dignité. L'élément le plus spectaculaire de cette sculpture réside dans le traitement de la coiffure et des attributs divins. La chevelure est organisée selon la mode sévérienne typique : ondulations profondes divisées par une raie médiane, mèches sculptées avec virtuosité retombant de part et d'autre du visage en masses volumineuses et symétriques. Les cheveux, travaillés au trépan pour créer des effets de profondeur et d'ombre, encadrent majestueusement le visage. Au sommet de la tête se dresse un polos (couronne cylindrique) monumental orné de motifs architecturaux en haut relief : arcades, niches et figures divines miniatures suggérant des temples ou des sanctuaires. Ce couronnement architectural, attribut caractéristique de Cybèle (la Grande Mère phrygienne) et d'autres déesses maternelles orientales, identifie clairement Julia Domna dans son rôle de Mater Castrorum (Mère des Camps) divinisée et assimilée aux grandes déesses-mères du panthéon gréco-oriental. Autour du cou, un large collier ou torque sculpté en relief, orné de motifs végétaux stylisés et de perles, souligne le statut divin et royal du personnage. Sur les côtés de la tête, des éléments décoratifs en fort relief suggèrent des attributs supplémentaires, possiblement des épis de blé ou des branches de vigne, symboles de fertilité et d'abondance associés aux cultes de la fécondité. Julia Domna (vers 160-217 ap. J.-C.), épouse de l'empereur Septime Sévère et mère des empereurs Caracalla et Geta, exerça une influence politique et culturelle considérable durant la dynastie sévérienne (193-235 ap. J.-C.). Originaire d'Émèse en Syrie, elle apporta à la cour impériale romaine des traditions religieuses et culturelles orientales qui marquèrent profondément l'art et l'idéologie de l'époque. Les portraits de Julia Domna la représentent fréquemment assimilée aux grandes déesses du monde gréco-romain et oriental : Cybèle, Junon, Vénus, Isis, Tyché. Cette assimilation divine (syncrétisme) répondait à des impératifs de propagande impériale, présentant l'impératrice comme garante de la prospérité, de la fertilité et de la continuité dynastique de l'Empire. Le polos monumental orné d'architectures miniatures constitue l'attribut spécifique de Cybèle, la Grande Mère phrygienne dont le culte connut une diffusion massive dans le monde romain, particulièrement dans les provinces orientales. La représentation de Julia Domna couronnée du polos l'identifie explicitement à cette divinité, suggérant que cette sculpture ornait probablement un sanctuaire dédié au culte impérial syncrétique ou un complexe architectural honorifique dans une cité majeure de Syrie ou d'Asie Mineure. Antioche, capitale de la province de Syrie et métropole cosmopolite où se mêlaient traditions grecques, romaines et orientales, constitue une provenance probable pour une œuvre de cette qualité et de cette ambition iconographique. A Roman Eastern Mediterranean Marble Head of Julia Domna 'Mater Dea'. 3rd century A.D. The face displays the characteristic features of Julia Domna as established by official Severan iconography: oval face with harmonious proportions, broad and domed forehead, large almond-shaped eyes with thick eyelids carved in slight relief, pronounced brow ridge, straight nose of classical profile, mouth with full lips showing a slight expressive pout. The cheekbones are delicately modeled, conferring upon the face an idealized roundness characteristic of imperial female portraits. The chin is firmly rendered, evoking determination and dignity. The most spectacular element of this sculpture resides in the treatment of the coiffure and divine attributes. The hair is organized according to typical Severan fashion: deep undulations divided by a central part, locks sculpted with virtuosity falling on either side of the face in voluminous and symmetrical masses. The hair, worked with the drill to create effects of depth and shadow, majestically frames the face. Atop the head rises a monumental polos (cylindrical crown) adorned with architectural motifs in high relief: arcades, niches and miniature divine figures suggesting temples or sanctuaries. This architectural crowning, characteristic attribute of Cybele (the Phrygian Great Mother) and other Oriental maternal goddesses, clearly identifies Julia Domna in her role as Mater Castrorum (Mother of the Camps) deified and assimilated to the great mother-goddesses of the Greco-Oriental pantheon. Around the neck, a broad collar or torque sculpted in relief, adorned with stylized vegetal motifs and pearls, underscores the divine and royal status of the figure. On the sides of the head, decorative elements in high relief suggest additional attributes, possibly wheat ears or vine branches, symbols of fertility and abundance associated with fertility cults. Julia Domna (ca. 160-217 AD), wife of Emperor Septimius Severus and mother of Emperors Caracalla and Geta, exercised considerable political and cultural influence during the Severan dynasty (193-235 AD). Native of Emesa in Syria, she brought to the Roman imperial court Oriental religious and cultural traditions that profoundly marked the art and ideology of the period. Portraits of Julia Domna frequently represent her assimilated to the great goddesses of the Greco-Roman and Oriental world: Cybele, Juno, Venus, Isis, Tyche. This divine assimilation (syncretism) responded to imperatives of imperial propaganda, presenting the empress as guarantor of prosperity, fertility and dynastic continuity of the Empire. The monumental polos adorned with miniature architectures constitutes the specific attribute of Cybele, the Phrygian Great Mother whose cult experienced massive diffusion in the Roman world, particularly in the eastern provinces. The representation of Julia Domna crowned with the polos explicitly identifies her with this divinity, suggesting that this sculpture probably adorned a sanctuary dedicated to syncretic imperial cult or an honorific architectural complex in a major city of Syria or Asia Minor. Antioch, capital of the province of Syria and cosmopolitan metropolis where Greek, Roman and Oriental traditions mingled, constitutes a probable provenance for a work of this quality and iconographic ambition.
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