Lot 122
Trés important et rare masque FANG, Gabon Au large front bombé et parfaitement convexe, le visage aux arcades sourcilières très arrondies se creusant dans des orbites cupulaires qui se prolongent par l'aplat des joues démeusurées de part et d'autre du long du nez, la bouche assez large et entrouverte sur de petites dents acérées, au pourtour noirci et pourvu de lèvres minces étirées vers l'avant, la coiffe en léger relief à motif triblobé et une amorce de crête centrale et peinte d'un enduit noirâtre, le dessous de menton se prolongeant par une sorte de plaque arrondie percée de trous multiples servant de fixation d'une “barbe” en raphia, le visage enduit d'une peinture à base de terre argileuse blanche (principalement du kaolin), un épais bandeau noir sous les yeux, quelques manques anciens sur le front, deux agrafes métalliques autochtones sur la coiffure. Haut. : 70 cm Provenance : - Ancienne collection Delcour, Paris, vers 1950. - Madame Delcour, paris, 1995. - Galerie Ratton Hourdé, Paris, 1996. Ce rare et important masque Fang fut trouvé par Delcour, un marchand ami de Charles et Maurice Ratton et ayant un stand au marché de Saint Ouen dans les années 50-60. Notons deux autres lots de la collection Goldet avec la même provenance, un Kota et une coupe Kuba (voir François de Ricqlès, Arts primitifs Collection Hubert Goldet, Paris, 30 juin 2001, lots 275 et 534) ainsi que la célèbre statuette Bembe de l'ancienne collection Ginsberg, New York (voir Borgatti et alii, Likeness and Beyond. Portraits from Africa and the World, The Center for African Art, New York, 1990, cat. 61). L'attribution de l'utilisation de ce type de masque à la société initiatique de ngil, semble être une attribution peu fondée que les chercheurs occidentaux ont répété depuis une centaine d'années. Selon les recherches de Vincent Boulouré (voir notice dans J. Kerchache et V. Boulouré éd., Sculptures Afrique Océanie Amérique. Musée du Louvre, 2000, p. 169-170) c'est essentiellement sur la base de l'unique et très courte mention d'Albert Bennett à propos du masque Fang qu'il trouva ur place que repose l'attribution au ngil de tous les grands masques longilignes Fang blancs. Le grand masque récolté par Bennett en 1890, près de Kango, à l'est de Libreville est maintenant au musée de Denver, Colorado (Falgayerettes-Leveau, Fang, Musée Dapper, Paris, 1991, p. 88). Deux autres masques Fang blancs avec une face longiligne ont été récoltés avant 1900 : celui du musée de Berlin récolté par Oelert en 1895 et celui du musée d'ethnographie de Leipzig, donné par Heise en 1899. Selon le chercheur américain Léon Siroto, l'attribution des masques blancs longilignes à la société du ngil est une simplification abusive. En effet, aucun masque blanc n'a jamais été vu in situ par les Occidentaux et aucun chercheur ou voyageur ancien chez les Fang ayant fait un travail de longue haleine sur le terrain que ce soit Gunther Tessman (1907, in Falgayerettes-Leveau, Fang, Musée Dapper, Paris, 1991, p. 268) ou le père Trilles (H. Trilles, chez les Fang, Desclé de Brouwer, Brugge, 1912), ne le mentionne. Tessmann parle de lieux de culte du ngil avec des grandes figures en terre tandis que Trilles déclare avoir assisté à l'arrivée du ngil sans masque (Trilles, op. cit., p. 175). Des expertises sur ce masque Delcour par le Professeur Louis Perrois ainsi que par André Fourquet, un des meilleurs connaisseurs de l'art du Gabon en France seront données à l'acheteur. Fin de la description au lot 122suite 100 000 / 150 000 €
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Sculptures et bronzes
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