Lot 189
Très important vase couvert, ovoïde, en porphyre d'Egypte, il présente une monture de bronze très finement ciselé et doré, la prise ornée d'une pomme de pin reposant sur des feuilles d'acanthe, les anses ajourées à graine, soulignées de quatre serpents aux queues entrelacées ; base à piédouche, ornée de feuilles crispées, graines et frise de feuilles d'eau ; base pleine (éclats) Vers 1780 H : 70 - L : 45 cm Dès l'Antiquité le porphyre était particulièrement recherché pour sa couleur unique (le nom dérive de "pourpre" en grec ancien) et son exceptionnelle dureté. Sculpter des éléments d'architecte, des colonnes et des vases dans ce matériau était considéré comme une véritable prouesse, témoignage de la virtuosité des artistes lapidaires antiques. Les Romains importèrent de grandes quantités de blocs de porphyre égyptien afin d'orner les édifices architecturaux ou de sculpter des bustes. Sa couleur pourpre, symbole suprême du pouvoir, trouva logiquement sa signification dans la Rome des Césars. Du temps de la Renaissance italienne, la redécouverte de la Rome antique entraîna un exceptionnel regain d'intérêt pour ce matériau, qui perdura tout au long des siècles suivants. Quelques collectioneurs tels que les Médicis à Florence, le roi Louis XIV, les cardinaux de Richelieu et Mazarin, constituèrent d'importantes collections de vases et d'objets sculptés. En France, le règne de Louis XV fut de toute évidence celui des porcelaines montées; en effet, rares sont les vases en marbres et pierres dures montés sous ce règne. Puis dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, le retour au néoclassicime du règne de Louis XVI vit un retour des vases en marbres rares dont la monture était confiée à quelques habiles bronziers-ciseleurs de la capitale. Le duc d'Aumont, amateur remarquable, établit même un atelier de taille et de polissage à l'Hôtel des Menus Plaisirs sous la direction de l'architecte François-Joseph Belanger et du sculpteur italien Augustin Bocciardi. De cette époque furent crées en France et en Europe quelques-uns des plus grands chefs-d'oeuvre de l'art lapidaire européen. C'est dans ce contexte d'effervescence artistique que notre vase fut réalisé, ou plutôt agrémenté d'une monture de bronze doré, car il est particulièrement difficile de dater avec certitude le travail d'un vase en porphyre. La particularité de son ornementation se concentre essentiellement dans son décor de serpents fantastiques à queues entrelacées. Ce motif original est caractéristique du style parisien nommé "goût grec" développé notamment dans les projets de l'architecte Jean-Guillaume Moitte (mort en 1792) et du sculpteur-bronzier Jean-Louis Prieur (mort en 1792). Ce dernier réalisa le projet d'un vase à serpents pour le roi Stanislas-Auguste Poniatowski au Palais royal de Varsovie (conservé à la Livrairie de Varsovie) qui dût certainement inspirer nombre d'artistes et d'artisans européens et qui pourrait avoir eu indirectement une influence sur la réalisation de la monture en bronze doré du vase présenté, probablement russe ou polonaise. Parmi quelques exemples de vases à serpents, citons une paire, entièrement sculptée en porphyre dans le dernier tiers du XVIIIème siècle et conservée au Musée du Louvre (MR 2812 et 2813) (illustrés dans le catalogue de l'exposition, Porphyre, la pierre pourpre des Ptolémées aux Bonaparte, Musée du Louvre, 2003-2004, p.171, catalogue n°64) ; ainsi qu'une deuxième paire, en bois pétrifié, provenant du cabinet intérieur de la reine Marie-Antoinette au château de Versailles (collection du Musée Nissim de Camondo à Paris) ; enfin une troisième paire en marbre Verde Antico (ancienne collection Jacques Franck, vente à Paris, le 29 mai 2000, lot 33).
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Céramiques, poteries et faïences
À propos de la vente
Catalogue
07/06/2006
Proposé par Thierry de Maigret
01 44 83 95 20