Lot 67
Très rare table de salon, de forme ovale, en placage de bois indigène partiellement frisé ou teinté à décor sur le plateau d'un couteau à greffer, de jardinier, dans des encadrements de bouquets de roses et de ruban. L'ensemble dans des encadrements à double filet de buis ou d'ébène sur des fonds de bois de rose. Elle ouvre par deux casiers latéraux à secret et un tiroir en façade à déclenchement par poussoir. Ce dernier forme écritoire, dissimulant quatre tiroirs. Lorsque ce tiroir est ouvert au maximum, les deux casiers latéraux se libèrent, et présentent chacun deux tiroirs et des compartiments. Montants plats à double cannelure foncée de cuivre, ou en gaine à fausses cannelures. Par ROENTGEN, non signée Époque Louis XVI Hauteur : 75 cm (29 1/2 in.), Largeur : 73,5 cm (29 in.), Profondeur : 50,5 cm (19 7/8 in.) Provenance : Collection Francis Guérault, vente à Paris, Me Bellier, les 21-22 mars 1935, lot 92. (fig.a et b) Bibliographie : J. Nicolay, L'art et la manière des maîtres ébénistes français au XVIIIe siècle, Paris, 1976, p.404. Par son exceptionnelle marqueterie florale, cette table illustre le génie du célèbre ébéniste-marqueteur de Neuwied, David Roentgen (1743-1807). Elle fut réalisée vers la fin des années 1770 ou au tout début de la décennie suivante comme cela est étudié par J.M. Greber, Abraham und David Roentgen, Möbel fur Europa, Starnberg, 1980, p.109-189, et D. Fabian, Abraham und David Roentgen, Das noch augefunded Gesamtwerk Ihrer Möbel und Uhrenkunst in Verbindung der Uhrmacherfamilie Kinzing in Neuwied, 1996, p.9-17. Sa marqueterie faite de guirlandes de rubans et de bouquets mis en valeur par un fond contrasté, fait ressortir les étonnantes essences de bois utilisées par l'ébéniste et qui firent sa renommée à travers toute l'Europe. Ce type de décor s'inspire librement des riches marqueteries florales réalisées à Augsbourg dans la seconde moitié du XVIe siècle et de certains trophées floraux que l'ornemaniste Pierre Ranson (1736-1786) réalisa dans la seconde moitié des années 1770. Il deviendra rapidement l'un des motifs de décor privilégié qui ornera rapidement de nombreux meubles sortis de l'atelier de Roentgen à Neuwied. Toutefois, Roentgen privilégia tout particulièrement ces tables ovales à secrets ou Mehrwecktische, du modèle de l'exemplaire proposé, pour servir d'élégants supports à ce type de marqueterie. Parmi les rares exemplaires répertoriés, citons particulièrement : - Une table, provenant des collections du baron Lionel de Rothschild, passée en vente chez Christie's, à Londres, le 13 juin 2002, lot 55. - Une deuxième a fait partie des collections Bernard Steinitz et est illustrée dans son catalogue édité en 2002. - Une troisième, dont la marqueterie offre un décor de chinoiseries, de barque et de trophées liés à la marine, fait partie des collections du Rijksmuseum d'Amsterdam (illustrée dans J.M. Greber, Abraham und David Roentgen, Möbel fur Europa, Band 2, Starnberg, 1980, p.171, planche 333). - Enfin trois autres tables similaires font partie de la collection C.L. David à Copenhague, du Victoria and Albert Museum à Londres et du Metropolitan Museum de New York (reproduites dans J.M. Greber, op.cit., p.172 et 173, planches 334-337). David Roentgen était le fils d'Abraham Roentgen, ébéniste allemand installé à Neuwied en Allemagne. Lorsqu'il prend la direction de l'atelier paternel, l'ébéniste le transforme en véritable manufacture européenne, travaillant activement à l'ameublement des palais et des châteaux des princes et des grandes familles européennes russes, allemandes, hollandaises et françaises. Roentgen entra sur le marché parisien en 1779 et connut immédiatement un immense succès ; il travailla tout d'abord par l'intermédiaire du marchand Brébant, puis ouvra sa propre boutique. En 1785, il reçut le titre d'ébéniste-mécanicien de Louis XVI
Crédits photos : Contacter la maison de vente
Mobilier classique
À propos de la vente
Catalogue
19/03/2010
Proposé par Piasa
33 (0)1 53 34 10 10