Lot 261
UN PASSAGE DE LA PRÉFACE À SA PART DES « DICTÉES DE SAINTE-HÉLÈNE » BERTRAND (Henri-Gatien). Manuscrit autographe signé dans le texte. [Probablement début des années 1840]. 4 pp. in-folio et une p. in-8 oblong, le tout sur une colonne à demi-largeur, sur papier français filigrané au griffon avec contremarque « Gaudin [...] » ; déchirures marginales dont quelques-unes avec manques restaurés portant atteinte à quelques lettres. Ce passage comprend deux souvenirs distincts. « Des dîners avec l’empereur » « À son arrivée à Longwood, l’emp. dînait avec les personnes qui l’avaient accompagné à Ste-Hélène. Le g[énér]al B[ertran]d occupait alors le cottage d’Hut’s Gate à demi-lie[eue] de Longwood. Lorsqu’il fut établi dans la maison qu’on avait été construite pour sa famille, l’emp. eût voulu que le g[ran]d m[aréch]al et sa femme dînassent tous les jours avec lui. On pourrait s’étonner qu’ils aient eu des motifs de ne pas accepter cet honneur. À l’isle d’Elbe, le g[énér]al ayant [av[ec lui] sa femme et plusieurs enfans ne put loger dans le pavillon habité par l’empereur qui l’engagea à s’établir à l’hôtel de ville. Le g[ran]d m[aréch]al mangeait avec sa famille, et le g[énér]al Drouot dînait avec l’empereur. La c[omte]sse Bertrand parmi ses bonnes qualités ne comptait pas l’exactitude. Il lui était difficile d’être habillée et prête à une heure fixe. À l’isle d’Elbe, elle arriva un jour quand l’emp[ereur] était à table. L’emp[ereur] dit sèchement et avec raison qu’il n’était pas poli de se faire attendre. Dîner tous les jours avec l’emp[ereur] eût été une occasion de scènes désagréables et méritées. Il était sage de les éviter... » « D’un départ projetté de Longwood » Texte apologétique pour répondre à l’accusation de vouloir abandonner l’empereur insinuée par le comte de Montholon dans une lettre qu’il écrivit de Saint-Hélène pour faire venir un autre officier qui aurait dû selon lui remplacer le grand-maréchal Bertrand après un départ volontaire : « À la fin de 1820, mon fils aîné était dans sa douzième année, ma fille dans sa onzième. Il devenait nécessaire de s’occuper de leur éducation. Un sergent anglais apprenait à nos enfans à écrire, et l’abbé Vignali, jeune prêtre corse, qui parlait le français assez incorrectement, leur donnait quelques leçons de langue latine. La c[omte]sse B[ertran]d n’avait pas l’exactitude et la patience nécessaire pour instruire elle-même ses enfans, le g[éré]al ne les avait pas non plus... » Le grand-maréchal Bertrand explique comment il demanda la permission de faire partir son épouse avec leurs enfants pour qu’ils puissent recevoir une enseignement scolaire correct. Napoléon Bonaparte refusa que la comtesse Bertrand parte avec eux, demanda que le grand-maréchal Bertrand y aille lui-même pour neuf mois. Il affirme ici « Le g[énér]al peut dire avec sincérité que jamais il n’a eu l’intention d’abandonner l’empereur, que jamais il ne l’a dit, qu’il n’a été question que d’un congé de neuf mois... » Extrait de la préface au premier volume des Mémoires pour servir à l’histoire de Napoléon dictés par lui-même à Sainte-Hélène (Paris, Imprimeurs-unis, 1847, pp. xxxvii-xli).
Crédits photos :
Osenat / Michel Bury
Militaria et armes
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L'Empire à Fontainebleau - 2ème jour
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