Lot 181
École vice-royale. Cuzco. Pérou. 17ème siècle.
La vision d'Isaïe
Huile sur toile. Reliure.
203,5 x 180 cm.
Peinture symbolique et apocalyptique sur la vision d'Isaïe du vrai Dieu et des séraphins, dont le désir est d'élever vers lui les esprits inférieurs dans la hiérarchie et d'exercer la justice divine.
Une peinture insolite et curieuse qui sert de résumé biblique et scénographique de plusieurs textes de l'Apocalypse de Jean, et d'autres des prophètes Ezéchiel ou Isaïe.
Le prophète Isaïe mentionne en 6:2 : "Au-dessus de lui se tenaient les séraphins. Chacun d'eux avait six ailes : avec deux il se couvrait le visage, avec deux il se couvrait les pieds, et avec deux il volait".
Dans le coin supérieur gauche du tableau, nous trouvons l'un de ces séraphins, qui ne peuvent être vus que par ceux qui ont été élevés à une dimension supérieure, c'est-à-dire à un état où le ciel s'ouvre à eux. Comme Isaïe, l'un des quatre prophètes de l'Ancien Testament. Les séraphins appartiennent au rang le plus élevé de la hiérarchie angélique et sont les louangeurs de Dieu, proclamant constamment sa sainteté.
Un exemple similaire peut être trouvé en Catalogne dans les peintures murales de l'église de Santa Eulalia au Musée national d'art de Catalogne, où sont représentés ces séraphins, des êtres angéliques qui entourent Dieu sur son trône. On les retrouve également dans l'art de plusieurs absides romanes catalanes.
Les séraphins ont pour mission de purifier tout ce qui les entoure, ils sont donc destinés à protéger les lieux les plus saints.
Dans la Bible, ils sont mentionnés dans une vision de Dieu qu'Isaïe a eue dans le Temple, où ils chantaient des louanges : "Saint, saint, saint est le Seigneur tout-puissant ; toute la terre est remplie de sa gloire".
Ils se protègent de la lumière de Dieu en se couvrant la tête de deux ailes, car ils accompagnent constamment le Seigneur sur le trône. Pour cela, et pour pouvoir voir la présence de Dieu, ils ont des yeux sur leurs ailes et sur tout leur corps.
Dans le coin supérieur droit, nous voyons Isaïe, qui a eu la vision dans laquelle il a été emmené sur le trône de Dieu, où ils se trouvaient (chapitre 6). Il y vit le vrai Roi et les séraphins pleins d'ardeur et de pureté, avec lesquels ils aiment le divin, désireux d'élever vers Dieu les esprits de la hiérarchie inférieure.
Ce séraphin au visage de taureau (pour Jean, ils apparaissent sous la forme d'un lion, d'un taureau, d'un homme et d'un aigle en vol) "tient une harpe" (Apocalypse 5 :8), symbole d'adoration et de louange dans l'Ancien Testament, avec laquelle ils chantent et déclarent la sainteté de Dieu, participant à la justice de Dieu, car lorsqu'il ouvre les quatre premiers sceaux et déchaîne les quatre cavaliers qui viennent détruire (on voit l'un de ces cavaliers ci-dessous au centre), leurs voix, puissantes comme le tonnerre, leur disent "Viens" (VENI...., au début du phylactère latin posé à la base du tableau) (Apocalypse 6, 1-8). Chaque cavalier répond à l'appel de son séraphin, créature puissante indiquant le pouvoir qu'il possède.
En résumé, il s'agit d'un tableau qui parle symboliquement de ces êtres et de la vision d'Isaïe, un ordre exalté d'anges dont le but principal est l'adoration et qui sont, d'une certaine manière, impliqués dans l'exécution de la justice divine.
Le tableau a peut-être été réalisé pour le réfectoire ou le chœur d'un couvent religieux cloîtré, un lieu rempli d'êtres "supérieurs" cherchant à se prosterner et à adorer l'Agneau (Apocalypse 5:13), des êtres qui cloîtrent leur vie pour vivre de près la vision d'Isaïe, pour s'asseoir sur le trône et devenir la louange, l'honneur, la gloire et la puissance de Dieu, pour les siècles des siècles (Apocalypse 5:11-12).
Le tableau indique clairement au spectateur que "le Seigneur est Dieu, et qu'il n'y en a pas d'autre que lui".
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