Aristophil 31 - Sciences
Catalogue
18 juin 2020 à 02h00
75002 Paris - France

160 lots

Lot 502
MÉTÉORITE. Météorite pallasite Fukang. La météorite Fukang, l’un des plus merveilleux legs fait par la voûte céleste à l’humanité, dispose d’une histoire mouvementée, à l’instar des pierres précieuses historiques des Indes, qui, ornant précédemment les tiares des divinités, s’en allèrent rejoindre les gardes des sabres ou les couronnes de nos rois et empereurs. Ainsi, alors que s’éteignait le dernier millénaire, un notable chinois acquit une mystérieuse masse météoritique de quelques 1003 kilogrammes dans la province chinoise de Xinjiang. Il fit fractionner, tailler ce trésor en 5 masses : un premier volume d’où est issu notre bel exemplaire, une masse principale de quelques 900 kg, une masse de 20 kg, deux autres enfin de 31 kg chacune dont l’une se trouve désormais localisée dans les collections de l’Université de l’Arizona. La rare et splendide plaque ici présentée est vraisemblablement la plus fine et la plus élégante de toutes celles, au nombre de quatre, qui furent produites, ceci au terme d’un polissage particulier et d’un certain allègement en matériau. Elle est de surcroît parfaitement identifiée par les plus grands collectionneurs et spécialistes mondiaux comme étant une coupe de la fenêtre de quelque 19 x 63 inches pratiquée dans la plus belle zone à olivine de la météorite, au cœur même de sa masse la plus précieuse. Notre tranche, véritable ciel d’argent constellé d’une myriade de pierres semi-précieuses, est l’un de ces joyaux de l’Espace, qui réapparaît au gré des fluctuations des grandes collections internationales. Une des faces révèle, dégagées à l’acide, les figures dites de Wildmanstatten. La météorite est fournie avec sa valise de transport. 46 x 86 cm environ.
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18/06/2020
Proposé par Ader
Lot 522
ALAIN Émile Chartier, dit (1868-1951) philosophe. MANUSCRIT autographe signé « Alain », Propos d’un Normand, [1909] ; 2 pages in-8. Réaction au discours de réception du mathématicien Henri POINCARÉ à l’Académie française (28 janvier 1909). Ce Propos d’un Normand a été publié dans La Dépêche de Rouen du 2 février 1909. Alain critique vivement « l’illustre POINCARÉ » pour ses remarques d’historien sur la science, qui témoignent, comme ses livres, d’un mépris pour les hommes. Alain n’aime pas ces livres qui découragent la réflexion... « Je vous recommande principalement des considérations sur la géométrie, qui ont fait le tour des Revues. Des hommes ingénieux se sont avisés d’écrire des géométries sur des suppositions arbitraires, mais non pas absurdes, comme par exemple que par un point hors d’une droite on peut mener plus d’une parallèle à cette droite. De telles géométries ne sont pas d’accord avec l’expérience. Mais Poincaré, partant de cette idée qu’elles ne sont pas absurdes, conclut qu’elles sont aussi vraies que la géométrie ordinaire, laquelle, selon son expression, est seulement plus commode que les autres. On imagine ce qu’un curé peut tirer de là, s’il est seulement un peu physicien »... Alain rejette ce « Pragmatisme » comme un « méchant raisonnement »... Et de conclure : « si Poincaré avait écrit pour instruire le peuple, il ne serait pas de l’Académie ».
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18/06/2020
Proposé par Ader
Lot 525
ARCY Patrice d’ (1725-1779) mathématicien, ingénieur et maréchal de camp d’origine irlandaise, naturalisé français par Louis XV (Académie des Sciences). manuscrit autographe avec planche de 5 schémas, Principe general de Dynamique qui donne la Relation entre les Espaces parcourues autour d’un point fixe et les temps quel que soit le système de corps que l’on considere et quelles que soient leur actions les uns sur les autres, [1746] ; 10 pages petit in-4, plus un feuillet de 28 x 34 cm sur papier vergé, sous chemise cartonnée titrée Trigonometrie (salissures à la chemise). Mémoire pour l’Académie des Sciences, avec une planche de 5 figures dessinées à la plume. Mise au net de ce mémoire lu en 1746 à l’Académie des Sciences, et publié sans ses figures dans la partie Mémoires de l’Histoire de l’Académie royale des sciences […] avec les Mémoires de mathématique & de physique tirés des registres… (Imprimerie royale, 1747, pp. 348-351), avec quelques variantes, dont un développement de la deuxième « Remarque » et la résolution de quelques problèmes de dynamique. « Soient A, B, C, &ca un système de corps qui ont reçu chacun des impulsions quelconques et qui agissent les uns sur les autres d’une façon quelconque, soit par des fils, des lignes inflexibles ou par des loix d’attraction &ca. Soient de plus Aa, Bb, Cc, &ca les arcs que ces corps decrivent dans le meme tems, je dis qu’en tirant d’un point fixe O pris a volonté les lignes OA, Oa. OB, Ob. OC, Oc. &ca la somme du secteur AOa multiplié par la masse du corps A plus BObxB plus COcxC &ca fera une quantité proportionelle au tems »… Provenance Papiers d’Émilie du CHÂTELET (Christie’s Paris, 29 octobre 2012, n° 10).
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18/06/2020
Proposé par Ader
Lot 529
BAILLY Jean Sylvain (1736-1793) savant et astronome ; premier Maire de Paris, il mourut guillotiné. L.A.S. « Bailly », Nantes 21 novembre 1792, à Madame LE FAIVRE ; 4 pages in-4. Belle et longue lettre où Bailly, retiré à Nantes avec sa femme, se défend d’avoir jamais émigré. [Après le retour de Louis XVI et de sa famille de Varennes, le peuple s’assemble sur le Champ-de-Mars le 17 juillet 1791 pour réclamer la déchéance du Roi. Bailly, maire de Paris, appuyé par La Fayette et la Garde Nationale, proclame la loi martiale et fait tirer pour dissiper les attroupements. Dès lors sa popularité est perdue. Il est cependant réélu maire, mais il cède la place à Pétion le 18 novembre 1791. Il se retire alors à Nantes où il séjournera quelque temps.] Il rassure son amie : « la preuve légale ne peut manquer. Je ne suis pas sorti du roiaume ; ainsi il faudra bien que la preuve se fasse. Je vais vous rendre compte de tout, vous indiquer les moyens, et vous voudrez bien faire faire par mon neveu les recherches et les demarches necessaires. Sorti de la mairie le 18 9bre 1791, j’ai été sur le champ à Chaillot »... Suit l’itinéraire exact, daté pour chaque localité, suivi par Bailly depuis le 29 novembre 1791 jusqu’à la fin de juillet 1792 : Le Havre, Chaillot, Versailles, Vitry, Fontainebleau, Sens, Troyes, Melun, Pithiviers, Tours, Blois, Poitiers, Niort, Fontenay et Nantes où il parvient le 27 juillet 1792. Il s’agit pour Bailly d’apporter la preuve que, selon le décret du 8 avril « qui donnait aux émigrés un mois pour rentrer », il est en France depuis le 9 mai : « Le nouveau decret est formel à cet égard. Il s’agit donc de prouver ma residence dans la republique depuis cette époque, et d’après l’itinéraire que je viens de vous donner, vous voiez qu’il ne s’agit que de recueillir les faits. Vous avez mon certificat qui remonte au 27 juillet. Voila une partie de l’intervalle ; je joins ici mon passeport visé dans les municipalités les 14 et 25 juin, les 9, 20, 25, 30 juillet. Voila encore une partie de l’intervalle et nous remontons au 14 juin. Quant au reste de la preuve voici plusieurs moiens de la faire »... Bailly préconise, avec force détails, plusieurs moyens pour établir la preuve de sa non émigration : son certificat de résidence établi par le commissaire de police de la section des Champs-Élysées ; les demandes à faire à la section de Chaillot, où il résidait dans sa propriété, ce dont peuvent témoigner le curé et « tous nos fournisseurs, surtout le boucher dont le livre fait foi » ; sa présence à quatre séances du jury d’accusation, dont doit témoigner le procès-verbal... « Nous n’oublirons jamais le service de veritables amis que vous nous rendez et nous le sentons d’autant plus à chaque nouvelle peine que nous vous donnons et à M. Le Faivre. Il n’y avait que vous deux qui pussiez nous secourir, et efficacement, dans cette circonstance tout à fait affligeante ». Car il ne veut pas se mettre entre les mains de l’abbé MAURY : « il me donnerait à coup sur l’absolution de la main gauche »...
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18/06/2020
Proposé par Ader
Lot 534
BECQUEREL Henri (1852-1908) physicien, il découvrit la radioactivité. manuscrit autographe signé en tête « Henri Becquerel », La Radio-activité de la matière, [vers 1905] ; 5 pages in-4 avec d’importantes ratures et corrections. Conférence faisant l’historique des travaux sur la radioactivité depuis 1896. « Au commencement de l’année 1896, en réalisant diverses expériences avec les sels d’uranium dont j’avais étudié depuis longtemps les propriétés optiques exceptionnelles, j’ai observé que ces sels émettaient un rayonnement invisible, qui traverse les corps opaques pour la lumière et les métaux, de même que le verre et d’autres substances. Ce rayonnement impressionne une plaque photographique, et décharge à distances les corps électrisés. Le phénomène ne paraît influencé par aucune cause extérieure connue. Il est entièrement différent de la phosphorescence ; il ne s’affaiblit pas avec le temps d’une manière appréciable même au but de plusieurs années, et est émis spontanément sans cause excitatrice apparente »… Becquerel décrit l’avancée des recherches dans les dernières années du siècle, due aux travaux de Lord Kelvin, MM. Beattie, de Smolan, Thomson, Röntgen, Crookes, Debierne et Giesel, et des CURIE, résumant les propriétés physiques de la radioactivité et le rôle de l’actinium. « Il résulte de cet exposé rapide qu’un ordre nouveau de phénomènes a pris naissance par l’étude d’une propriété nouvelle de la matière »…
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18/06/2020
Proposé par Ader
Lot 535
BECQUEREL Henri (1852-1908) physicien, il découvrit la radioactivité. MANUSCRIT autographe, Conférence du Museum, 21 février 1906 ; 3 pages oblong in-4 sur papier ligné, sous chemise autographe. Conférence donnée au Muséum et à Saint-Cyr, consacrée à la phosphorescence et aux rayons X. Ce document débute par des notes sur des travaux anciens ou récents de ses prédécesseurs, dont Du Fay, Edmond BECQUEREL, et RÖNTGEN. En marge, il esquisse une introduction : « Il existe des phénomènes dont l’étude semble être traditionnelle au Muséum. La phosphorescence est de ce nombre. Du Fay s’en occupa en 1724. Il y a 50 ans mon père commença une série d’études qui n’ont pas été interrompues depuis. Si je vous montre aujourd’hui qq-unes de ces vieilles expériences c’est que les idées qu’elles font naître vont nous conduire jusqu’aux découvertes les plus récentes »… Ainsi : « Phosphore de Bologne (1602). Préparations E.B. Longue persistance. Diapasons lumineux. Action chimique. Courte persistance. Phosphoroscope. Description. Rubis 1/10 de seconde. Sels d’Urane 1/100. Lumière violette et ultraviolette, terre d’Urane. Esculine. Phosphorescence instantanée. Spectres de phosphorescence. – Tableaux. Tubes E.B. Tubes de Crookes. Rayons cathodiques. Longue persistance. Terres rares (Urbain). Analyse spectroscopique. Phénomènes de la décharge. Rayons β, δ, χ. Rayons X. Röntgen (fin 1895) »… 8 croquis à la plume illustrent l’exposé…. Becquerel va parler de l’uranium, du polonium et du radium (« 1898. Recherches de Mme CURIE »), de l’électroscope, de la déviation par champ magnétique et de l’inertie électromagnétique, ainsi que des théories de la gravitation (petits tableaux des rayons β et χ, en marge), et de l’émanation, « phénomène primordial » constaté par Rutherford… Il doit aborder ensuite des généralités de la radioactivité, faisant référence à Elster, Geitel, Rutherford, Ramsay et Zeeman…. En guise de conclusion : « Les électrons sont aussi éloignés dans un atome que les planètes dans le système solaire. Un électron est beaucoup plus petit, qu’un moucheron microscopique volant dans le vaisseau d’une cathédrale »…
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18/06/2020
Proposé par Ader
Lot 540
BORN Max (1882-1970) physicien allemand, naturalisé britannique. MANUSCRITS autographes pour Atomic Physics, [vers 1952] ; 65 pages in-4, enveloppe kraft à en-tête de la Physical Society à Londres avec étiquette autographe ; en anglais. Chapitres nouveaux et additions pour la cinquième édition de son ouvrage Atomic Physics. L’ouvrage avait paru pour la première fois en 1933 en allemand sous le titre Moderne Physik. Il s’agit ici de la 5e édition, en anglais, d’après la traduction de John Dougall révisée par l’auteur (London, Blackie et Son, 1952). Les manuscrits présentent de nombreuses ratures et corrections, avec des collages et béquets. On y relève de nombreux calculs, équations et formules mathématiques, et un tableau manuscrit. * Preface to the Fifth Edition (préface à la 5e édition, 4 p.) : « The rapid progress of research in atomic physics has made the previous editions rather obsolete. A thorough overhaul was due. I have tried to modernise the book without interfering too much with its character as a collection of some important, brilliant, ingenious or just amusing investigations in atomic physics, without any claim to be systematic or complete »…. Born indique que la modification principale consiste en l’addition d’un chapitre entier consacré à la physique nucléaire, « nuclear physics » (qui, dans l’édition précédente, se résumait en une section), avec les appendices correspondants. Maintenir les mathématiques au même niveau que dans le reste du livre ne fut pas aisé… Etc. * Une nouvelle version de la section 9 du chapitre VI, Density of the Electronic Cloud (14 p.). * Un nouveau chapitre VII, Nuclear Physics (25 p.), ainsi divisé : 1. The size of the nucleus and α-decay ; 2 Angular momentum and magnetic moment ; 3 The deuteron and nuclear forces. * 3 appendices dont un désigné comme nouveau, XXII. Atomic Form Factor (9 p.), et deux autres sans numéro : Transition probabilities (7 p.), et The Ground state of deuteron (4 p.) ; plus divers passages à insérer pour mettre à jour l’ouvrage.
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18/06/2020
Proposé par Ader
Lot 542
BOVELLES Charles de (1478-1567). Geometrie en francoys. Cy commence le Livre de lart et science de Geometrie… (Paris, Henri Estienne, 1511). In-8 (20 x 13,4 cm), 40 f. (a8-e8), maroquin brun, cadre intérieur de même peau, contre-gardes de papier vélin, orné de roulettes et dentelles dorées, dos à nerfs, tranches dorées (Cuzin). Rarissime édition originale du premier manuel de géométrie publié en français, abondamment illustré de figures gravées sur bois. Charles de Bovelles, auteur prolifique de son époque, s’intéresse, outre à la géométrie, à la grammaire, la théologie et la philosophie. Avant cette édition en langue vernaculaire, il a déjà publié plusieurs traités de mathématiques en latin comme l’Introductio in geometriam (Paris, Estienne, 1501) ou le Mathematicum opus quadripartitum (Paris, Estienne, 1510). C’est à la demande de ses amis, comme il le souligne dans la préface de l’édition de 1542, et pour être accessible aux praticiens de l’architecture, qu’il se lance dans cet ouvrage. Il est confronté à la pauvreté du vocabulaire français en cette matière et adapte une série de termes latins dont la presque totalité sera conservée jusqu’à nos jours. Ce livre a donc une importance particulière pour l’histoire des sciences, pour l’étude de la linguistique, mais également parce qu’il est l’un des très rares livres de son époque à ne pas avoir été produit pour un public d’élite mais bien pour « les hommes du commun ». Le spécialiste et éditeur de Charles de Bovelles, Jean-Marie Nicolle, ne mentionne que deux exemplaires de cette édition ; deux autres ont été localisés dans des bibliothèques publiques françaises (Rouen et Blois), un à Gand, mais aucun à la Bibliothèque nationale de France ou dans d’autres grandes institutions étrangères. Traces de cire sur la reliure, plats légèrement convexes.
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18/06/2020
Proposé par Ader
Lot 545
BROGLIE Louis de (1892-1987) mathématicien et physicien. 4 L.A.S et 2 L.S. « Louis de Broglie », 1939-1949 ; 10 pages formats divers, une enveloppe. 8 avril 1939, remerciant pour la belle édition allemande de son livre Matière et Lumière… 13 mars 1942, proposant à un éditeur d’éditer son cours à l’Institut Henri Poincaré « sur la théorie générale des particules à spire dans lequel j’ai rassemblé toutes les conclusions des recherches que je poursuis sur ce sujet depuis quelques années »… 3 juin 1945, [à Henriette CRAPONNE-EUDEL], sur sa réception à l’Académie française : « La cérémonie a été très belle et j’en garderai un souvenir très émouvant Ce sont des journées qui comptent dans la vie. Comme vous, j’ai regretté que Monsieur Maurice DONNAY ait disparu trop vite pour pouvoir illuminer de sa présence mon entrée officielle à l’Académie. Bien que je l’aie connu peu de temps, j’avais pu apprécier la finesse de son esprit et l’aménité de son caractère »... 14 mars 1948, à Édouard GUILLAUME à Neuchâtel, dont il juge les raisonnements erronés, « en contradiction avec les fondements mêmes de la théorie de la Relativité. Quant à l’ouvrage de BERGSON Durée et simultanéité, je demeure persuadé qu’il repose sur une méconnaissance complète des idées Einsteiniennes »… 26 octobre et 9 novembre 1949, 2 L.S. à François de Flers pour sa contribution en faveur des Amis des Sciences.
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18/06/2020
Proposé par Ader