Vente inaugurale Pierre Bergé & associés
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25 mai 2023 à 18h30
75116 Paris - France

186 lots

Lot 15
Jean-Baptiste LEPRINCE (1734 - 1781) Jeune danseuse au turban vue de profil gauche Sanguine, petites rousseurs et tâche Dimensions : 22,6 x 17,3 cm Provenance : Selon une étiquette de vente au verso -Vente Ader 9/12/1961 sous le n.7 Reproduit pl. III - Cachet à l'encre bleue de la Collection Jacques Pardinel au verso Jean Baptiste Leprince est encore tout jeune élève lorsqu'il se voit offrir une bourse d'étude par le gouverneur de la ville de Metz lui donnant ainsi l'opportunité de rejoindre Paris et l'atelier de François Boucher. La qualité de son travail en fit l'un des dessinateurs les plus appréciés de son temps. Il gagna la Hollande puis séjourna en Russie de 1758 à 1763 et voyagea jusqu'en Finlande et en Sibérie. Il observa avec fascination la vie quotidienne russe et en rapporta quantité d'études de paysages, costumes, coiffures et intérieurs. De retour à Paris en 1762, ses « russeries » suscitèrent l'engouement et fondèrent en France une mode qui s'inscrivait dans le goût pour l'exotisme en vogue au XVIIIe siècle, au même titre que la chinoiserie ou la turquerie. Par la suite, il fut reçu à l'Académie en 1765 avec Le Baptême russe, et Diderot lui-même louait « le génie et la fraîcheur » de l'artiste. Notre dessin à la sanguine représente une jeune danseuse au turban. Le sujet est typique des productions russes de Leprince par son caractère exotique, notamment dans le costume et le physique caractéristique de ce personnage, qui apportera un dépaysement total et attisera la curiosité d'un public français unanime. Expert : Alexis Bordes
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25/05/2023
Proposé par ALEXANDRE LANDRE - PARIS
Lot 18
Jean-Baptiste GREUZE (1725 - 1805) Amour dansant Lavis d'encre grise Dimensions : 23 x 21 cm Provenance : Selon étiquette au verso : - Cachet de la Collection Chennevières à l'encre noire en bas à gauche - Vente Ader 25/05/1962 sous le n.37 - Collection Jacques Pardinel Mentionné dans Louis-Antoine Prat et Laurence Lhinares, La collection Chennevières : quatre siècles de dessins français, ENSBA, Paris, 2007, p. 504, cat. 1116, sous le titre l'Amour volant, le bras gauche levé et tenant une couronne. Fils d'un entrepreneur et architecte de Tournus, Jean-Baptiste Greuze est formé dans l'atelier du maitre lyonnais Charles Grandon (1691-1762), qu'il suit à Paris en 1750. En 1755, il devint célèbre grâce à son Père de famille expliquant la Bible à ses enfants (Paris, musée du Louvre, inv. RF 2016 3). La même année, il fut agréé à l'Académie, où il suivit les leçons de Charles-Joseph Natoire (1700-1777), et commença à exposer au Salon. Après un séjour en Italie dont il ne retiendra que le travail sur l'expression des figures, Greuze inaugure le genre nouveau des scènes de genre et bouscule la critique. L'expression des sentiments y règne : un intérêt inédit dans la peinture française, né de ses multiples dessins d'après nature. Mais Greuze est aussi un talentueux portraitiste qui multiplie les commandes et se plaît dans la représentation d'enfants. Greuze confirme ici son talent de dessinateur en représentant d'un trait rapide et souple un Amour vu de dos, en plein mouvement vers l'avant, lui donnant une spontanéité naturelle. Cette esquisse illustre le goût pour la représentation de la mythologie très en vogue à l'Académie, mais avant tout pour celle de la jeunesse, très présente dans son oeuvre. Expert : Alexis Bordes
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25/05/2023
Proposé par ALEXANDRE LANDRE - PARIS
Lot 20
Atelier de Baccio BANDINELLI (Florence 1488-1560) Écorché de profil en pied et croquis de tête coupée en bas à gauche Plume et encre brune Dimensions : 39,5 x 14,4 cm Manques sur les bords, pliures, déchirures et tâches. Doublé. Au verso, une autre silhouette d'homme à la plume (le bas du dessin est décollé du doublage). Sur un montage ancien portant les inscriptions : « 089 ; 27 ; 26 ; N°373 375 ; Michel Ange 2A ». Et au verso : « Baccio Bandinelli ; N141 ; N16 ; N150 ; 125# ; N°28 ; Donné par Monsieur le Baron de La Morenne à Paris le 10 juin 1785 Provenance : Ancienne collection du duc d'Hostun, comte de Tallard, jusqu'en 1756 (?) Ancienne collection du baron de la Morenne jusqu'en 1785 (?) On connaît plusieurs versions de cet écorché, dont l'une conservée dans les collections royales anglaises (RCIN 990395), réalisées par les élèves de Bandinelli d'après un original perdu. Expert : Cabinet de Bayser Note de la maison Alexandre Landre : Ce dessin a très probablement été vendu lors de la vente du Duc d'Hostun Tallard qui a eu lieu en 1756. Il s'agit d'une des toutes premières ventes aux enchères à disposer d'un catalogue de vente. Cette vente va entraîner la dispersion d'oeuvres des plus grands peintres, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël, Corrège, Carrache, Guido Reni, Titien, Véronèse, Tintoret, Rubens, Van Dyck, Rembrandt, Poussin… La collection du Duc d'Hostun Tallard était connue pour être l'une des plus riche après celles du Roi et du duc d'Orléans. Notre dessin aurait fait partie du lot 470 regroupant « 5 dessins dont une feuille d'anatomie ». Attribué à l'époque à Michel-Ange, il aurait par la suite été dans les mains du Baron Henry Oberty de La Morenne dont nous avons retrouvé la trace dans les archives du chateau de Sassenage (Quittances de paiements faits aux créanciers de la succession du duc de Tallard) Le dessin aurait par la suite été donné à la famille de Charles Pardinel par Georgette Catroux en janvier 1973, probablement issue de la famille de René Claude (1874 -1964) et Tristan Catroux connus comme experts en tableaux dont le nom apparaissent dans de nombreux catalogue de vente de la deuxième moitié du XXeme siècle. Nous remercions Jean-Pierre Ovion, co-auteur avec Michel Bellanger de l'ouvrage « La Collection du duc d'Hostun-Tallard, une passionnante chasse aux trésors des tableaux dispersés en 1756 » de nous avoir donné accès aux archives numérisée du château de Sassenage.
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25/05/2023
Proposé par ALEXANDRE LANDRE - PARIS
Lot 47
HEINRICH VOGHTEER L'ANCIEN (DILLINGEN, 1490 - VIENNE, 1556) L'Adoration des Mages Panneau, une planche non parqueté, peint au revers Hauteur : 110 cm Largeur : 82 cm Au revers : décor végétal d'entrelats de branche et de fruits En haut un phylactère en hébreu soutenu par des séraphins Daté 1518 en bas à gauche et une signature : Les initiales peuvent être lues comme "Henricus Satrapitanus", comme aimait à s'appeler (Emmendörfer 1998.).. Restaurations anciennes, craquelures Bibliographie : Trudy Battaille de Stappens de Nieuwenhove, "Ein verschollenes Meisterwerk von 1518 ist aufgetaucht ; Heinrich Vogtherr d. Ä. als Maler ; A lost masterpiece of Heinrich Vogtherr der Ä. dated 1518 resurfaces", brochure de 28 pages de 2008 (un exemplaire de cette étude très détaillée est au Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie de La Haye (library, n°187416), un autre est disponible à l'étude. C'est essentiellement par ses nombreuses gravures et ses écrits que Heinrich Vogtherr a été longtemps connu et étudié au 19 et 20e siècle. Comme la plupart des grands artistes de la Renaissance allemande, il était à la fois un peintre de retables, à l'occasion donnait des cartons de vitraux, un illustrateur de livres et un graveur. Son oeuvre pictural n'a été redécouvert que récemment, et notre tableau de 1518 est chronologiquement l'un des plus ancien d'entre eux à nous être parvenus (avec le Martyre de saint Érasme, Staatsgalerie Aschaffenburg, 1516). De 1514 à 1517 environ, Vogtherr a séjourné plusieurs fois à Leipzig. On suppose qu'il aurait étudié ou même travaillé à certains moments dans l'atelier de Lucas Cranach l'Ancien à Wittenberg (Saxe). Il revient à Augsbourg en 1518, dans le sud de l'Allemagne, au moment de la Diète. Deux ans plus tard, en 1520, il signe, ou plutôt il appose son monogramme, sur le contre-autel de l'église de Schwaigern, conservé au musée régional du Bade- Wurtemberg à Stuttgart (Württembergisches Landesmuseum); suivront, le Christ et la femme adultère, vers 1521, musée Wallraf-Richartz à Cologne, et deux fresques monumentales, le Jugement dernier, hautes de 8m, et l'Annonciation dans l'église de Bad Wimpfen, vers 1523, très restaurées vers 1870. Il semble qu'ensuite, il se consacre à la diffusion de la Réforme par ses activités d'imprimeur, ses gravures sur bois, ses écrits polémiques et ses cantiques, que par la peinture. La présence du calice et de l'hostie tenue par la sainte, montre une iconographie romaine, catholique, habituelle en 1518, mais on peut supposer que l'artiste ne les aurait plus représentés une fois devenu protestant. Par sa date précise, ce chef d'oeuvre de la peinture allemande se situe à un moment charnière de l'histoire politique européenne et de l'histoire de l'art. Fin 1517, Luther publie ses Quatre-vingts quinze thèses, qui mènent à sa rupture définitive avec Rome en 1521. Un an plus tard, la Diète d'Ausbourg, qui réunit les grands de l'Empire et les représentants des villes impériales, voit la présence dans la ville de notre peintre de l'empereur Maximilien, de Martin Luther qui doit s'expliquer devant le légat de Rome, mais aussi d'artistes tels que Albrecht Dürer, Bernard Strigel ou Hans Burgkmair. Durant la décennie 1510, les artistes allemands sont confrontés aux avancées récentes de la Haute Renaissance italienne et doivent réagir : on découvre ici une perspective géométrique et au second plan des palais, et les deux dômes, peut-être d'une synagogue, qui reflètent les constructions à l'Antique de la Péninsule. C'est dans ce contexte que notre Adoration des mages a été créée, diverses influences se croisent dans une formulation originale. On y perçoit, comme chez la plupart des peintres de l'époque, l'influence des gravures de Dürer, la représentation d'espèces animales précises, le type physique de la Madone s'apparente à ceux de Leonhard Beck d'Augsbourg, alors que les deux Saintes Catherine - tenant l'épée - et Barbara, élégantes et les angelots rappellent le monde de Lucas Cranach. Enfin, l'ouverture sur un paysage n'est pas sans évoquer l'école du Danube et Altdorfer. Expert : Cabinet Turquin
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25/05/2023
Proposé par ALEXANDRE LANDRE - PARIS