Lot no. 190
190 Moulin Rouge (La Goulue). Affiche. 1891. Lithographie. [1190 x 1885] ; Delteil 339 ; Wittrock P1 (a). Impression en couleurs. Épreuve en trois feuillets de vélin mince raboutés (respectivement de hauteur 265, 810 et 810 mm), avec la première lettre : en tête à gauche " MOULIN ROUGE / MOULIN ROUGE / MOULIN ROUGE » ; puis à droite « CONCERT / BAL / TOUS LES SOIRS / LA GOULUE », sans lettre en pied, hormis en bas à droite l’adresse de l’imprimeur Ch. Lévy. Marge de 20 mm à gauche et à droite. Timbre d’affichage en bas à droite. De toute rareté dans cet état (avec cette lettre) : 2 épreuves connues dans des collections publiques selon Wittrock. 12 000 - 15 000 € Épreuve anciennement entoilée, tendue sur deux baguettes en tête et en pied. Le bandeau supérieur est un ajout destiné à combler le bandeau d’origine manquant ou détérioré : il a été refait sur vélin plus fort que les deux autres morceaux, les lettres et le fond au crachis sont peints. Ondulations et traces de plis. Importante fracture avec restauration visible sur la tête du deuxième personnage en ombre chinoise au fond en partant de la gauche. Petit manque dans la ligne noire du bas du jupon de la Goulue, sommairement restauré au moyen d’un fragment de papier provenant d’une autre épreuve. Petit arrachement en surface au bord inférieur dans le bas de la redingote de Valentin le Désossé. Petits accidents divers et fractures en surface (notamment dans les cheveux de la Goulue). La Goulue (de son vrai nom Louise Weber, 1866-1929) était une danseuse de cancan populaire. « Louise est prise en main par Charles Zidler et Joseph Oller qui ouvrent leur bal du Moulin-Rouge, place Blanche, dès 1889. Louise fait la connaissance de Jules Étienne Edme Renaudin (1843-1907). Ce fils d’avocat fut marchand de vin avant de devenir une célébrité de la danse, sous le nom de scène de Valentin le Désossé. Ensemble ils dansent le "chahut" et deviennent un "couple de danse" apprécié. » (Wikipédia). « Cette affiche, volontairement brutale, volontairement simplifiée, ramenée aux traits essentiels, fit immédiatement sensation. On était jusque-là habitué aux affiches […] où une figure mutine se retroussait avec une pudeur feinte, dans des tonalités vertes, jaunes et roses héritées, disait-on, du XVIIIe siècle. Ici, Lautrec, se souvenant des Japonais et aussi des nabis, ses amis, fait flamboyer le pantalon de la Goulue qu’on voyait "tous les soirs", comme le dit l’affiche, au Moulin Rouge. Le scandale de ce linge blanc n’était d’ailleurs qu’une atténuation sensible du spectacle lui-même dont les petits journaux de l’époque ont bien souvent parlé. Au premier plan, l’étonnant partenaire de la Goulue, un danseur amateur, fou de la danse, parent déchu d’une famille de notaires et tenancier de bar à côté de la place des Victoires pendant le jour. Cette façon de silhouetter ses modèles est alors une caractéristique de Lautrec, afin de rendre leur visage plus expressif… » (Adhémar, p. X). Les deux personnages que l’on voit de profil à gauche sont le photo-graphe Sescau, ami de Lautrec, et le Dr Gabriel Tapié de Céleyran (comme dans la lithographie Le Promenoir, n° 175). On y reconnaît aussi la silhouette étrange de Jane Avril à leur droite.
Pictures credits: Contact organization
Prints and lithographs
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Catalog
06/29/2021
Offered by Brunel - Dejean de La Bâtie
06 75 46 57 20