Lot no. 289
Belle table à écrire mécanique en acajou, de forme ovale, ouvrant à un grand tiroir contenant deux tiroirs et une tablette, libérant par un mécanisme deux autres tiroirs pivotant de chaque côté, le plateau surmonté d'une galerie reposant sur quatre pieds en gaine à cannelures réunis par une tablette d'entretoise à galerie ; pieds dévissables. Par David Roentgen Fin du XVIIIe siècle, vers 1785-1790 Hauteur : 77 cm - Largeur : 73,5 cm Profondeur : 50 cm (Petites restaurations) Références bibliographiques : - H. Huth, Abraham und David Roentgen, Berlin, 1928 ; - J. Greber, Abraham und David Roentgen, Möbel fur Europa, 2 vol., Starmberg, 1980 ; - D. Fabian, Abraham and David Roentgen, Saale, 1996. Ce modèle de table réalisé par David Roentgen dès le début des années 1780 se décline dans son oeuvre selon différentes versions. Les plus anciennes ont leur plateau décoré de marqueterie, la plupart du temps des sujets de chinoiseries d'après Januarius Zick (1730-1797). On connaît le goût du roi Louis XVI pour la mécanique ainsi que pour la virtuosité technique, deux raisons qui présidèrent à n'en pas douter, à sa décision d'acheter l'extraordinaire secrétaire à musique pour Versailles en 1779. Il s'agissait de sa plus lourde dépense en matière de meuble et il dût débourser la somme considérable de 96 000 livres. Le secrétaire prît place dans la salle à manger des retours de chasse avant d'être dans un premier temps dépouillé de son mécanisme musical puis d'être vendu en 1827, et dépecé ; ses éléments remployés dans la confection de nouveaux meubles. Le comte de Provence montra pour sa part un goût très prononcé pour les productions de Roentgen et racheta notamment un autre secrétaire à cylindre ayant appartenu à Louis XVI quand il devint roi lui-même. On trouve d'autre part décrite en 1792 chez la comtesse de Provence : une table mécanique servant de secrétaire en acajou à quatre pieds gainés, garnis de brettes, cadres, carderons, plusieurs moulures en bronze doré d'or moulu qui pourrait éventuellement être rapprochée d'un modèle similaire à la table présentée (voir Christie's Paris, le 16 décembre 2008, lot 183). La comtesse d'Artois possédait quant à elle : une table ovale à écrire avec tiroirs et tablette en bois satiné, plaqué et encadré de bois de rose avec frise à bouquet camaïeu sur quatre pieds à gaine… 400 livres. La table très proche, en marqueterie, aujourd'hui conservée au château de Versailles n'est cependant pas d'origine royale mais plus vraisemblablement une saisie révolutionnaire chez le baron Grimm (voir C. Baulez, David Roentgen et François Rémond. Une collaboration majeure dans l'histoire du mobilier européen in L'Estampille L'Objet d'art, 1996, no 305). Ces tables en marqueterie dite en camaïeu correspondent donc aux exemplaires les plus anciens. Viennent ensuite les tables en acajou dont on connaît plusieurs versions. Toutes de mêmes proportions mais avec des variantes dans le piétement (en gaine, à pieds fuselés, avec ou sans tablette, entretoise simple parfois) et dans les bronzes (chapiteaux, disques, cannelures, ou chutes). Parmi les tables à écrire comparables, voire identiques, par Roentgen ou attribuées à celui-ci, un modèle identique exécuté entre 1785 et 1790 est conservé au Palais de Pavlovsk (ill. dans J. Greber, Abraham und David Roentgen, Möbel fur Europa, vol. II, Starmberg, 1980, p. 313, fig. 620). Citons encore une autre table conservée au Städtlisches Museum de Glauchau (reproduite op. cit., fig. 621), ou encore plusieurs tables à écrire (illustrées dans D. Fabian, Abraham and David Roentgen, Saale, 1996, p. 54-55, fig. 73-75 et 78) ainsi qu'une table à écrire passée en vente chez Christie's Monaco, le 15 juin 1997. Le château de Versailles possède une table plus simple à un seul tiroir et sans mécanisme, présentant de grandes similitudes. Une table rigoureusement identique a été vendue très récemment sur le marché de l'art parisien (Christie's Paris, 16 décembre 2008, lot 183, 97 000 €). PFD
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