Lot no. 3
BESSIÈRES (Jean-Baptiste). Correspondance de 138 lettres, 1805-1813, soit 135 lettres adressées à son épouse Adèle, 2 lettres à son fils Napoléon Bessières (volume III, n° 250 et 254), et une lettre à son beau-père (volume III, n° 241). S’y ajoutent 140 lettres et pièces, dont 133 de sa femme à lui adressées sur l’ensemble de la période.
Soit au total 278 lettres et pièces, montées sur onglets dans 3 volumes in-folio, chagrin vert sombre, dos lisses filetés avec aigles impériales dorées, filet doré encadrant les plats, étui (reliure moderne).
IMPORTANTE ET MAGNIFIQUE CORRESPONDANCE D’UN MARECHAL EN OPERATIONS, DONT DE RARISSIMES LETTRES DE RUSSIE Le maréchal Bessières relate la longue pénétration du territoire russe face à des troupes ennemies refusant d’abord la bataille, puis écrit LE SOIR MEME DE LA BATAILLE DE BORODINO, et envoie des lettres de MOSCOU DONT IL DECRIT L’INCENDIE.
Il évoque également ses autres campagnes, principalement en AUTRICHE en 1805 et 1809 (il annonce la mort de Lannes) et en ESPAGNE en 1808 et 1811.
LE MARECHAL BESSIERES OU LA « BRAVOURE FROIDE » (NAPOLEON IER)
Remarqué pour ses hauts faits dès 1792, Jean-Baptiste Bessières (1768-1813) fut un des maréchaux sortis du rang. Remarqué par Bonaparte en Italie, il se vit dès lors confier la direction de troupes d’élite, d’abord la compagnie des Guides, puis la cavalerie de la Garde qui mena des charges légendaires, notamment à Wagram : il y fut blessé d’une chute quand son cheval fut tué sous lui par un boulet, ce qui fit dire à Napoléon : « Bessières, voilà un beau boulet, il a fait pleurer ma Garde ». En Russie, il se distingua particulièrement à Malo-Jaroslavetz, le 24 octobre 1812, en chargeant les Cosaques pour dégager le quartier impérial menacé. Il fut tué durant une reconnaissance, la veille de la bataille de Lützen, alors qu’il venait d’être placé à la tête de l’ensemble de la Cavalerie de la Grande Armée. Maréchal dès 1804, Jean-Baptiste Bessières était un homme sûr et de sang-froid, intègre, sévère mais juste, soucieux d’être utile et évitant la bravoure de parade. Dans ses « dictées de Sainte-Hélène » Napoléon Ier revint sur ce « soldat, homme de bien et citoyen honnête homme », dont il appréciait les vertus antiques de courage, de loyauté et d’intégrité : « Bessières était d’une bravoure froide, calme au milieu du feu , il avait de très bons yeux, il était fort habitué aux manœuvres de cavalerie [...]. Bessières était un officier de réserve plein de vigueur, mais prudent et circonspect. On le verra dans toutes les grandes batailles rendre les plus grands services ». L’empereur lui fut particulièrement reconnaissant de la manière dont il remplit la tâche difficile qui fut la sienne en 1808 : « Bessières a mis mon frère Joseph sur le trône d’Espagne ».
Campagne de Russie, 1812 (volume III, n° 237 à 270)
– Mayence, 12 mai [1812] : « ... NOUS VOILA A MAYENCE, MALGRE LA CHALEUR ET LA POUSSIERE. L’EMPEREUR Y EST ARRIVE LONGTEMPS AVANT TOUT LE MONDE, parce qu’il y a eu des réparations à faire en route aux autres voitures... Nous allons dans un pays où le climat pourra bien être quelquefois variable... » (volume III, n° 239).
– Dresde, 17 mai 1812 : « ... On attend demain l’empereur et l’impératrice d’Autriche, tout nous annonce quelques jours de Cour et de fêtes. Je suis fort aise de toutes ces entrevues , l’impératrice a très bien supporté le voyage. J’avoue que je craignois qu’elle n’en fût indisposée. L’EMPEREUR EST BIEN PORTANT. QUANT A NOUS DONT LA SANTE EST SANS CONSEQUENCE, NOUS NOUS PORTONS BIEN OU MAL, SELON QUE NOUS SOMMES BIEN OU MAL TRAITES... » (volume III, n° 240).
– Dresde, 26 mai [1812] : « ... Le séjour de Dresde a été plus long que l’on ne croyait, il est probable que l’arrivée du roy de Prusse retardera le départ jusques à la fin de la semaine... » (volume III, n° 241, avec apostille autographe signée du beau-père du maréchal).
– Dresde, 28 mai [1812] : « ... Cette marque d’estime m’a infiniment flatté de la part de l’empereur d’Autriche. L’impératrice Marie-Louise restera à Dresde encore quelques jours, elle ira ensuite à Prague où elle restera quelque temps... » (volume III, n° 244).
– Dresde, 29 mai [1812] : « ... Nous partons aujourd’hui. L’empereur m’a permis de passer quelques jours dans ma terre pendant le temps qu’il séjournera à Thorn [Bessières avait reçu une dotation à Kruszwica en Pologne]... » (volume III, n° 243).
– Thorn [Torun, dans l’actuelle Pologne], 6 juin [1812] : « ... J’ai été passer quelques jours à Crucewice [Kruszwica dans la Pologne actuelle]. C’est une vaste terre grande comme une province, et qui ne rapporte rien... L’EMPEREUR PART CE SOIR POUR DANTZIG. MOY JE N’Y VAIS PAS, JE VAIS ATTENDRE SA MAJESTE A OSTERODE. Jusques à ce que nous soyons arrivés à Conisberg [Königsberg, c’est-à-dire Kaliningrad dans l’actuelle Russie], il y aura des lacunes dans ma correspondance, parce que les estafettes ne partent pas régulièrement, et que le passage de l’armée a interrompu momentanément le service des postes... » (volume III, n° 246).
– Schippenbeil [Powiat Bartoszycki dans l’actuelle Pologne], 15 juin [1812] : « Je ne t’ai pas écrit depuis Torhrn [Torun dans l’actuelle Pologne] , il m’eût été difficile de te faire parvenir ma lettre, parce que n’ayant pas accompagné l’empereur à Dantzig et à Königsberg [Dansk dans l’actuelle Pologne et Kaliningrad dans l’actuelle Russie], je me suis trouvé éloigné de la ligne des estafettes. JE NE DOIS REJOINDRE SA MAJESTE QU’A INSTERBURG [TCHERNIAKHOVSK dans l’actuelle Russie] le 8... » (volume III, n° 247).
– Gumbinnen [Goussev dans l’actuelle Russie], 19 juin [1812] : « ... J’AI REJOINT HIER L’EMPEREUR... » (volume III, n° 248).
– Kowno [Kaunas dans l’actuelle Lituanie], 24 juin [1812] : « NOUS AVONS PASSE LE NIEMEN CE MATIN... J’espère que cette campagne sera bientôt finie... Je ne t’écris pas aussi souvent que je le désirerois, le passage de l’armée influe momentanément sur les communications , nous restons nous-mesme quelquefois trois ou quatre jours sans nouvelles de Paris... » (volume III, n° 249).
– Wilna [Vilnius dans l’actuelle Lituanie], 4 juillet [1812] : « ... Tu te plains de ce que je t’écris rarement. C’est l’effet des circonstances , les communications sont souvent interrompues à cause de la marche des troupes... » (volume III, n° 251).
– Wilna [Vilnius], 8 juillet [1812] : « ... L’ENNEMI EST DE L’AUTRE COTE DE LA DUINA. JUSQU’ICI IL N’A FAIT QUE BATTRE EN RETRAITE. Vous devez bien politiquer à Paris , ici nous laissons la politique, et nous nous occupons beaucoup de soigner nos estomacs qui, sans être difficiles plus qu’à l’ordinaire, craignent toujours de manquer du nécessaire... » (volume III, n° 252).
– Gloubokoïé, [juillet 1812] : « Je te donne de mes nouvelles... Depuis mon départ de Vilna je n’ai pu t’écrire parce qu’en route on n’expédie pas des estafettes... Je me porte très bien. J’arrive un peu fatigué... » (volume III, n° 268).
– Witebsk, 1er août [1812] : « ... Toujours en marche, et continuellement à cheval depuis notre départ de Vilna, je n’ai pu te donner de mes nouvelles aussi souvent que je l’aurois voulu. NOUS VOILA A VITEBSK. NOUS ESPERIONS UNE BATAILLE , LES RUSSES SE SONT ENCORE RETIRES , AINSI, A L’EXCEPTION DE QUELQUES AFFAIRES PARTIELLES, TOUT S’EST PASSE EN MANŒUVRES ET EN MARCHES... » (volume III, n° 255).
– Witebsk, 6 août [1812] : « ... IL FAIT ICI UNE CHALEUR EXCESSIVE... nous nous reposons depuis huit jours et nous en avions besoin. L’ENNEMI SE RETIRE TOUJOURS... » (volume III, n° 256).
– Witebsk, 11 août [1812] : « ... JE VAIS MONTER A CHEVAL POUR ALLER SUR LE NIEPER OU L’EMPEREUR PORTE SON QUARTIER GENERAL. Mais je vous écrirai dans trois jours parce que alors nous serons arrivés, et que tant que nous marchons il faut renoncer à donner et recevoir des nouvelles... Sçais-tu que nous sommes bien loin l’un de l’autre... il faut espérer que ce ne sera pas long , nous le désirons autant que vous, mais NOUS N’AVONS DE VOLONTE QUE CELLE DU MAITRE... » (volume III, n° 257).
– Smolensk, 24 août [1812] : « ... J’aurois voulu t’écrire longuement, mais je ne le puis encore aujourd’hui, JE VAIS MONTER A CHEVAL AVEC SA MAJESTE... » (volume III, n° 258)
– Dorogobouj, 27 août 1812 : « NOUS VOILA TOUT A FAIT SUR LA ROUTE DE MOSCOU... Je t’écris à 60 lieux de cette capitale. Il y a loin d’ici à Paris. Je supporte très bien la fatigue et quoique je couche au bivouac le plus souvent, cela ne fait rien à ma santé... JE T’ECRIS SOUS UN HANGARD, ASSIS SUR UN BANC ET SUR UNE TABLE QUI SE RESSENTENT L’UN ET L’AUTRE DU PAYS. J’AI MES CHEVEAUX A DROITE ET A GAUCHE SOUS LE MEME TOIT, ET J’ATTENDS APRES LE DINER... que je trouve paresseux quand j’ai faim. SA MAJESTE A DES BONTES POUR MOY, AUQUELLES J’AI ETE TRES SENSIBLE. EN ARRIVANT DE SMOLENSK J’AVOIS MES EQUIPAGES EN ARRIERE. SA MAJESTE ME FAISOIT APPELLER POUR DEJEUNER ET DINER AVEC ELLE. ON NOUS PROMET QUE NOUS SERONS BIEN A MOSCOU. IL ME SEMBLE QUE C’EST LA OU DOIT FINIR CETTE GUERRE... L’armée défile , nous partirons probablement cette nuit. Demain je serai de 8 lieux plus loin de toy. J’espère que nous faisons assés la guerre et du chemin pour que nos enfants restent tranquilles et en repos... » (volume III, n° 260).
– Gjat, 2 septembre 1812 : « ... Tu es ingénieuse à te tourmenter. Il faut cependant être raisonnable et ne pas croire que les boulets tombent toujours, là où on ne tire pas le canon, car je t’avoue en vérité que j’ai fait trois cents lieux sans en avoir vu un seul... IL SEROIT BIEN SINGULIER QUE NOUS ARRIVIONS A MOSCOU SANS BATAILLE. NOUS N’EN SOMMES PLUS QU’A QUARANTE LIEUX. JE TE DIRAI QUE TOUT LE MONDE DESIRE UNE BATAILLE, PARCE QUE L’ON CROIT QU’ELLE FINIROIT LA GUERRE... » (volume III, n° 261).
Sur le champ de bataille de Borodino
– « DU BIVOUAC », 8 septembre [1812], « A 4 HEURES DU MATIN » : « NOUS AVONS EU HIER UNE GRANDE BATAILLE... Je me porte très bien. Je t’ai dit souvent que je fairois l’épitaphe du monde. Touts les maréchaux se portent bien. Mon frère [le général Bertrand Bessières] a été blessé légèrement à l’épaule. Il est avec moy et montera à cheval dans quelques jours. Ecris à ma sœur , rien ne lui manque, il va très bien, sa blessure ne signifie rien quoiqu’il ait un peu de playe. Tout ce qui m’entoure se porte bien. La Garde n’a pas donné. LES RUSSES ONT EU UNE BONNE FROTTEE... » (volume III, n° 262).
À Moscou
– Moscou, 17 septembre [1812] : « Je ne t’ai pas écrit depuis notre arrivée à Moscou... parce que, LA VILLE ETANT EN FLAMMES, IL A FALLU DEMENAGER BIEN SOUVENT, et être longtemps à cheval. FIGURES-TOI PARIS EN FLAMMES , ON NE PEUT SE FAIRE UNE IDEE D’UNE PAREILLE HORREUR. Il faut que ce gouverneur soit un grand scélérat... » (volume III, n° 263).
– Moscou, 20 septembre 1812 : « ... NOUS SOMMES A MOSCOU MAIS NOUS N’AVONS PLUS QUE DES RUINES, A L’EXCEPTION DE QUELQUES QUARTIERS ECHAPPES AUX FLAMMES. IL FAUT QUE CES GENS-LA SOIENT BIEN BARBARES POUR BRULER LEUR CAPITALE. J’ai pris un parti que tu goûteras. Je n’ai presque plus d’équipages, je me suis décidé à m’en défaire. Le vice-roy [Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie] les prendra probablement. Je ne garde qu’un fourgon et une caisse d’argenterie. Si cela s’arrange, cela te sera payé à Paris. Il faut... sçavoir se passer de ce qui n’est pas nécessaire. Je suis assés mécontent de ma Maison. LE PILLAGE DEMORALISE TOUT, ET MOY, JE N’AIME PAS QUE MES GENS S’EN MELENT. Si je revois bientôt les bords du Rhin je te promets maison nette... » (volume III, n° 264).
– Krasnoïé, 2 octobre 1812 : « Je ne t’ai pas écrit depuis le 20 7bre... parce que J’AI ETE DETACHE PENDANT QUELQUES JOURS AVEC UN CORPS D’ARMEE... J’espère rentrer ces jours-ci à Moscou et je te dédommagerai de mon silence... Le vice-roy [Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie] a pris une partie de mes équipages et de mon argenterie. La notte a dû être envoyée à Paris. Je pense que le tout se monte à quarante mille francs au moins. Il faudra avoir soin de faire retirer cet argent... Ces fonds me serviront à remplacer ce que j’ai cédé... Il a dû être envoyé un inventaire des objets cédés. Les deux voitures ont été prises pour 10,000 ff. chacune... » (volume III, n° 265).
– Smolensk, 10 novembre [1812] : « Voilà bien longtemps que je ne t’ai écrit... Depuis le départ de Moscou, c.-à-d. depuis près d’un mois, je n’en ai pas eu l’occasion. NOUS AVONS APPRIS LES FOLIES ET LES EXTRAVAGANCES DE QUELQUES BRIGANDS A PARIS [LA CONSPIRATION DU GENERAL MALET]. Tu sens l’impression que cela nous a fait , nous trouvons fort extraordinaire que tout cela soit arrivé sans qu’on l’ait sçu. Nous voilà à Smolensk, et bientôt plus rapprochés, j’espère. IL FAIT UN TEMPS AFFREUX, NEIGE ET GLACE SONT LES ROSES DU PAYS... » (volume III, n° 266).
– Witebsk, 16 décembre 1812 : « Je me porte très bien... il me tarde beaucoup de t’embrasser, toy, mon fils et notre famille... » (volume III, n° 267).
– Posen [Poznan dans l’actuelle Pologne], 27 janvier [1812] : « ... Je te prie... de te tranqquiliser sur mon compte. Je me porte bien, et tu sçais bien que je ne suis pas de complexion à faire de fortes maladies. J’ai vu que le Corps législatif devoit être convoqué le 1er février. J’espère que cette fois-ci je pourrai voir messieurs les députés de Prayssac à mon aise [lieu de naissance du maréchal]... LE PAUVRE FAJOL EST MORT A KONISBERG [Königsberg, Kaliningrad dans l’actuelle Russie]... » (volume III, n° 269).
– Posen, 29 janvier 1813 : « Le général Lanusse [Pierre dit Robert Lanusse] est parti hier pour Paris... il te remettra probablement cent louis que je lui ai prêté pour son voyage parce qu’il n’avoit que du papier et n’avoit pas pu se procurer de l’argent. Ainsi j’augmente mon petit trésor, comme tu vois, et je suis sûr de ma gardienne. Ce qui ne m’empêche pas de dormir. Je n’ai pas voulu de reçu, comme tu sens bien... LE PRINCE EUGENE, QUI A MILLE AMITIES POUR MOY, VEUT QUE JE TE DISE QU’IL ME PARLE QUELQUEFOIS DE TOY, ET QU’IL T’ESTIME ET T’AIME BEAUCOUP... » (volume III, n° 270).
Couronnement de Napoléon en Italie, 1805 (volume I, n° 1 et 2)
– Préparatifs du couronnement de l’empereur comme roi d’Italie à Milan en avril 1805, et revues des troupes et dîners avec l’empereur.
Campagne d’Autriche, 1805 (volume I, n° 3)
– Nördlingen, 20 vendémiaire an XIV-7 octobre 1805 : « ... Une partie de l’armée a passé le Danube. L’empereur est [à] Donauwett [Donauwörth] où nous allons demain... »
Premier séjour en Espagne, 1808 (volume I, n° 79 à 98, 100 à 102, 104 , volume II, n° 105 à 110, 139, 140)
– Observations sur le pays et ses habitants, railleries contre les prêtres et moines (volume I, n° 85 et 93), bataille de Medina del Rio Secco (15 août 1808, volume I, n° 95), Duroc et sa femme (s.d., volume II, n° 140).
Campagne d’Autriche, 1809 (volume II, n° 111 à 132)
– Vienne, 1er [juin] 1809 : « ... NOUS VENONS DE FAIRE UNE GRANDE PERTE... LE MARECHAL LANNES EST MORT HIER DE SES BLESSURES. L’ÉTAT A PERDU UN GRAND SOUTIEN, L’ARMEE UN DE SES BONS GENERAUX, ET L’EMPEREUR UN DE SES MEILLEURS AMIS... » (volume II, n° 112).
– S.l., probablement 1809 : « ... NOUS MARCHONS TOUJOURS , NOUS AVONS EU HIER UNE BELLE AFFAIRE : LES AUTRICHIENS ONT ETE ROSSES... » (volume II, n° 120).
– Wolkersdorf, 9 juillet 1809, trois jours après Wagram où Bessières fut blessé : « ... Nous sommes à Volkersdorf où le quartier général de l’empereur est établi. L’on poursuit l’ennemi qui se retire en désordre... Je ne me sens presque plus de ma contusion... » (volume II, n° 123).
– S.l., 10 juillet 1809, quatre jours après Wagram : « ... Demain nous serons probablement à Brünn. ON RAMASSE DES PRISONNIERS DE TOUS LES COTES. Les affaires vont au mieux. Ma contusion ne me fait presque plus soufrir, et pour mieux dire je ne m’en apperçois que lorsque je descends de cheval... » (volume II, n° 124).
– SUR LE CHAMP DE BATAILLE DE ZNAÏM, 12 juillet 1809, le lendemain des combats : « ... Je me porte très bien, et suis entièrement rétabli. Il vient d’être signé une suspension d’armes d’un mois pendant lequel temps on traitera sans doute de la paix... » (volume II, n° 125).
– Vienne, 27 juillet 1809 : « Voilà deux jours que nous dînons ensemble avec le vice-roi [le prince Eugène] et le maréchal Duroc... aujourd’hui j’ai eu le plaisir de les avoir chez moy... cela nous a rappellé à touts trois notre jeune temps. Il y a six ans que nous ne nous étions pas trouvé réunis. Nous avons ensuite été prommener, à pied en habit bourgeois, et nous SOMMES CONVENUS QUE LES PLAISIRS DE VIENNE NE VALOIENT PAS CEUX DE PARIS... Je ne me suis jamais mieux porté. je traîne un peu ma cuisse en marchant, mais du reste cela va très bien. Je ne m’en sentirai pas du tout, j’espère, dans quinze jours... » (volume II, n° 130)
– Il dément les rumeurs de blessure concernant son aide de camp Élie Baudus (juin 1809, volume II, n° 117), dément les rumeurs sur l’état de santé de l’empereur (juin 1809, volume II, n° 118), évoque la reine Hortense (août 1809, volume II, n° 131).
À Lille et sur les côtes flamandes, 1809 (volume II, n° 133 à 137, 142 à 149).
Second séjour en Espagne, 1811 (volume II, n° 138, 141, 150 à 158, 160 à 176)
– Bayonne, 24 janvier 1811 : « ... L’EMPEREUR... VIENT DE ME DONNER UN GRAND COMMANDEMENT... ON M’Y VERRA ARRIVER AVEC PLAISIR EXCEPTE LES FRIPONS , j’ai été d’autant plus sensible à cette marque de confiance de la part de S. M. qu’outre le commandement militaire il m’a donné un très grand pouvoir dont je ne me servirai que pour ses intérêts et le bien du pays qu’occupe mon armée... » (volume II, n° 155).
– Il parle également de ses efforts d’apaisement auprès de la population (17 février 1811, volume II, n° 157), évoque le roi d’Espagne Joseph Bonaparte (10 juillet 1811, volume II, n° 167).
En Allemagne avant la campagne de Saxe, 1813 (volume III, n° 271 à 276)
– Francfort, 17 avril [1813] : « L’empereur est arrivé à Mayence... » (volume III, n° 274). Lettre écrite deux semaines avant sa mort.
Une superbe correspondance de la maréchale Bessières à son mari offre ici un passionnant complément
– BESSIERES (Marie-Jeanne Adèle Lapeyrière, maréchale). 133 lettres à son mari, sur l’ensemble de la période (volume I, n° 4 à 78 , volume II, n°177 à 190, 192 à 226 , volume III, n° 227 à 233, 235, 236). « Modèle parfait de toutes les vertus de la femme et de la mère, de la fille et de la sœur », selon la duchesse d’Abrantès, Marie-Jeanne Adèle Lapeyrière épousa le futur maréchal Bessières en 1801, et lui donna un fils unique baptisé Napoléon. ELLE LIVRE ICI SES ANGOISSES DURANT LES CAMPAGNES DU MARECHAL, notamment après AUERSTÆDT (octobre 1806, volume I, n° 22 à 25), après EYLAU (février 1807, visites, à l’impératrice pour s’enquérir du maréchal et à la femme du colonel DAHLMANN mort à la bataille, volume I, n° 9 à 12), ironise amèrement sur l’enchaînement interminable des campagnes (novembre 1806, volume I, n° 39), encourage son mari qui dit avoir perdu la confiance de l’EMPEREUR à la suite d’une injustice (probablement 1811, volume II, n° 184), évoque DUROC et sa femme (27 février 1811, volume II, n° 196), annonce la naissance du ROI DE ROME et parle des échos parisiens des exploits de Bessières (mars 1811, volume II, n° 208), évoque le roi de Rome, l’impératrice MARIE-LOUISE et PAULINE BONAPARTE (26 mars 1811, volume II, n° 209), évoque la reine HORTENSE (22 juin 1811, volume II, n° 222).
Lettres et pièces diverses
– BESSIERES (Jean-Baptiste). Note comptable autographe. S.d. 1 p. in-12 (volume II, n° 159).
– BESSIERES (Mathurin). Lettre autographe signée à la maréchale Bessières. S.l., [mai ou juin 1813]. SUR LA MORT DE SON FILS LE MARECHAL : « Que puis-je vous dire, ma chère, ma bien chère Adelle, de consolant d’après la perte que nous venons de faire vous et moy... Personne n’est moins propre que moy à donner des conseils dans une pareille circonstance. Je vous reporterai ceux qu’on me donne jusques à satiété, pris de la raison et de la religion, tout cella est bien bon sans doutte , mais mon fils a été tué, ma chère fille, quel sacriffice... » (volume III, n° 277).
– BESSIÈRES (Napoléon). 2 lettres autographes signées adressées à son père le maréchal. S.d. (volumes II, n° 191, et volume III, n° 234).
– BESSIERES (Bertrand). Lettre autographe signée au père de la maréchale Bessières. Naumburg, 14 juin 1813. 3/4 p. in-4, adresse au dos. SUR LA MORT DE SON FRERE LE MARECHAL : « Je suis bien sensible aux sentiments exprimés dans votre letre. J’ai fait une grande perte... mais j’ai peu conu le boneur , mais ma belle-sœur pauvre femme. Jusqu’à présent je n’ai pas eu le courage de lui écrire. Je vous prie de lui remetre la letre ci-jointe. Je crains encore son extrême sensibilité... » (volume III, n° 278).
– DUROC (Géraud-Christophe-Michel). Lettre autographe signée « le Dc de Frioul » à la maréchale Bessières (volume I, n° 103).
– [NAPOLEON Ier]. Manuscrit intitulé « Poème en faveur du héros de l’Europe [Napoléon] » (volume I, n° 99).
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