Lot no. 38
BONHEUR DU JOUR « AUX USTENSILES À LA CHINOISE » Par Charles TOPINO (vers 1742-1803) Reçu maître en 1773 Paris, Époque Louis XVI, vers 1775 MATÉRIAUX Bâti de chêne, placage de bois de rose, de sycomore et d'amarante. Marqueterie de bois polychrome et bronzes dorés Estampille C. TOPINO H. 92 cm, L. 69,5 cm, P. 45,5 cm PROVENANCE Galerie Perrin, Paris Collection particulière acquis auprès de celle-ci De forme rectangulaire reposant sur quatre pieds galbés disposés en diagonale encadrant une tablette d'entrejambe, il présente en façade un large tiroir dissimulant deux caissons latéraux fermés de vantaux montés à charnière et un pupitre central à crémaillère à double face l'une marquetée, l'autre ornée d'un miroir. Il est surmonté d'un gradin à six tiroirs couronné d'une galerie ajourée de bronze doré. Le plateau, ainsi que le gradin, en parties centrale et latérales, offrent une décoration de petits panneaux de marqueterie représentant des vases fleuris sur fond d'amarante et de sycomore teinté « tabac » dans des encadrements de sycomore teinté vert. La tablette d'entrejambe présente un jeté de fleurs de bois polychromes sur fond de sycomore dans des encadrements teinté vert. Le plateau, ainsi que la tablette d'entrejambe, sont ceints d'un bandeau de bronze doré uni ; les pieds sont ornés de chutes d'acanthe et de sabots feuillagés. La ceinture est ornée d'une frise de postes en bronze ciselé et doré sur fond de sycomore teinté vert. Ce meuble dit « volant » est caractéristique de la production de Charles Topino, tant dans la forme générale que dans son ornementation. Charles Topino, reçu maître le 17 novembre 1773, eût une activité foisonnante au faubourg Saint-Antoine jusqu'à la Révolution en 1789, date à laquelle il fit faillite. Son livre-journal témoigne d'une profusion tant en qualité de fournisseur de bois et de meubles de ses confrères ébénistes (tels que J.B.II Tuart, P. Denizot, L.Boudin ou N.Héricourt) qu'en qualité de client d'autres corps de métier, tels que tabletiers, fondeurs, garnisseurs, ciseleurs, ou doreurs. Sa clientèle fut essentiellement professionnelle, quelques références à des commandes privées sont mentionnées dans son livre-journal (pour le Marquis de Gravelle, ou Madame Lasolay). Quelques inventaires de résidences royales font allusion à des réalisations de Charles Topino notamment au Château de Bellevue pour Madame de Narbonne, dame d'honneur de Madame Adelaïde, le château de Compiègne pour le comte d'Artois, ou encore le Garde-Meuble de la Reine, ainsi que celui du duc de Penthièvre. Topino travailla donc essentiellement pour les marchands-merciers et des confrères ébénistes, souvent de grande renommée. Certains meubles figurent sous leur signature, mais pourraient être attribués à Topino ; d'autres portent une double estampille. Son activité se caractérise par la réalisation d'une grande variété de meubles et principalement de « petits meubles », sans aucune connotation péjorative, tels que des tables volantes de forme ovale, en coeur, à la Tronchin, à la Félicité, des bonheurs du jour d'un grand éventail de formes (ovales, rectangulaires, avec ou sans tablette d'entrejambe, gradins avec tiroirs, casiers, systèmes à complications). Il est surtout renommé dans l'histoire de l'ébénisterie française du XVIIIe siècle pour la variété de ses références décoratives. Ainsi, il réalisa une multitude de scènes pastorales, de scènes animées chinoises ou d'architectures, et surtout il est réputé pour ses marqueteries dites « d'ustensiles à la chinoise ». Ses décors de vases, théières, jattes, écritoires, cartes à jouer et divers ustensiles semblent s'inspirer des bordures de paravents chinois en laque de Coromandel. La variété des formes alliée à la profusion de ses décors propose ainsi une quantité de petits meubles tous aussi originaux les uns que les autres. BIBLIOGRAPHIE Sylvain BARBIER SAINTE-MARIE : Charles TOPINO. Ed. de l'Amateur, Paris, 2005 Pierre KJELLBERG: Le Mobilier Français du XVIIIe siècle. Ed. de l'Amateur, Paris, 2002, p. 881 Table ovale marquetée d'ustensiles d'inspiration chinoise. Estampillée Topino. Collection privée (vente Ader-Picard-Tajan) Bonheur-du jour marqueté toutes faces. Estampillé Topino. Paris. Ancienne collection galerie Perrin Table « en chiffonnière » estampillée Topino, vers 1775. Paris, Musée Nissim de Camondo (inv.60)
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