Lot no. 81
CHINE Exceptionnelle aiguière dite à la Fontaine magique. Période et marque Jiajing (1522-1566). (Bon état général, un éclat restauré au bec verseur et cheveu de cuisson partant sous la base). H : 31 cm. Modèle célèbre dont il existe plusieurs exemplaires de par le monde : Palais de Topkapi à Istanbul, British Museum et Victoria and Albert Museum à Londres, Musée de Hambourg, Museum of Art de Philadelphie et Musée Guimet à Paris. De forme dite piriforme à haut piédouche, celle-ci possède son col d'origine de forme cornet, alors que sur la plupart des autres modèles, le col a été rodé ou accidenté et adapté de montures métalliques. La forme élancée de l'anse et du bec à pans coupés décorés de flammes, de feuilles dressées et de fleurs, la rendent particulièrement élégante. Le décor en bleu et blanc figure une fontaine, l'eau jaillissant de différents déversoirs sur plusieurs niveaux. A sa base, se tient un animal mythologique dit Qilin (certaines variantes ne possédant pas l'animal, mais seulement les pieds de la fontaine). Motifs de fleurs et d'oiseaux autour du piédouche. Sous le talon, rare marque de règne Jiajing (on rencontre sur ces pièces la plupart du temps des marques de vœux). Plusieurs hypothèses expliquent l'origine de ce décor de la Fontaine magique. La première selon Sir David Persival, contestée aujourd'hui, suggérait que ce décor trouvait ses origines dans la fontaine créée par l'orfèvre français Guillaume Bouchier et offerte au grand Monghol Manghu-Khan à Karakorum en 1295. Selon John A. Pope il s'agissait plutôt de la représentation d'un prototype de la fontaine crée sous la Renaissance italienne. Certains y ont vu un décor symbolique influencé par les Jésuites en Chine, d'autres encore défendent l'hypothèse selon laquelle les fontaines étaient alors l'apanage des jardins clos ottomans ; il est de toute façon avéré que ces pièces étaient fabriquées pour l'exportation et on en trouve d'ailleurs un certain nombre à Topkaki (Turquie) ainsi que dans l'ancien sanctuaire d'Ardebil à Téhéran, ce qui illustre parfaitement les liens d'échange et de commerce caractérisant les relations privilégiées durant le règne de l'empereur chinois Jiajing (1522 - 1566) avec son contemporain le sultan Soliman le Magnifique (1520 -1566) Une intéressante nature morte, signée du peintre hollandais Willem Kalf (1619 - 1693), actuellement au Musée Tyhssen Bornemisva à Madrid, représente une de ces aiguières adaptée d'une monture en vermeil. 65 000 / 80 000 €
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Ceramics, pottery and earthenware
About the sale
Catalog
06/10/2005
Offered by Thierry de Maigret
01 44 83 95 20