Lot no. 19
CONSTANT (1920-2005)
TWEE VOGELS (Deux oiseaux), 1949
Huile sur toile.
Signée et datée en haut au milieu.
82 x 63 cm - 321/4 x 243/4 in.
Provenance :
- P. Nieuwebhuys, Kerkoven
Exposition :
- La Haye, Haags Gemeentenmuseum, Constant, paintings 1940 - 1980, Septembre 1980, n°22 du catalogue, reproduit p.45
Au coeur du numéro dix de la revue Cobra, Constant proclame : « Allons remplir la toile de Mondrian, même si ce n'est qu'avec nos malheurs ». Influencé par la fantaisie débridée de Miró, cet artiste sera l'un des théoriciens importants du mouvement. Il affirme comme chacun de ses membres que la tache de couleur est tache de santé.
Avec une lucidité cruelle, Constant écrit certains des bandeaux qui orneront cette même revue dix :
1) Le réalisme, c'est la négation de la réalité
2) Qui nie le bonheur sur terre, nie l'art
3) Pas de bon tableau sans gros plaisir
4) La civilisation admet le beau pour excuser le laid
5) le meilleur tableau est celui que la raison ne peut admettre
6) L'imagination est le moyen pour connaître la réalité
Comme un leitmotiv, un murmure qui hante ses oeuvres, Constant persiste dans cette voie en fondant un autre groupe expérimental hollandais dont le noyau sera la revue Reflex.
Dans une farandole de couleurs, ses compositions-panoplies portent en elle une insurrection inhérente à tout idéal : « Il traverse Cobra en passant par l'agressivité, la vocifération, la tache, le rire, et puis laisse ceux-ci pour construire les éléments précis d'une ville imaginaire : la nouvelle Babylone » dit de lui Alechinsky.
Acidulés, ces animaux et figures infantiles portent pourtant en eux une revendication très sérieuse au bonheur, aux chimères, à l'irréalité… Parce qu'au sortir de l'horreur (nous sommes à la fin des années quarante), l'homme ne sut apaiser son angoisse que par le rire, dont le son bien souvent provient d'une plainte.
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