Lot no. 178
Constant Permeke (1886-1952)
Belgique
La moisson (1932)
Huile sur toile
Sig.
110 x 135 cm
Étiquette d'exposition au dos
"Constant Permeke" Gemeentemuseum, Den Haag 2004, cat. no. 119 ill.
Gal. Willy D'Huysser, Bruxelles
CHALEUR ÉTOUFFANTE
C'est le mois d'août, le temps du moisson. Le champ de blé scintille dans la chaleur. Le ciel, plein de soleil, est encore plus jaune que le blé mûr. Quelques touches de vert fraîche des arbres au loin renforcent le contraste des couleurs et intensifient le chaud. Les couleurs terroirs sont sombres et lourdes. C'est le sol qu’on fouille et gratte. Comme le paysan sur son champ, Permeke élabore sa toile avec un effort intensif. Il applique une couche de peinture épaisse, avec de lourds coups de couteau à palette et dans un mouvement de pinceau grossier qui rend la peinture tangible.
Permeke suit son instinct. Il ne s’occupe pas d’une peinture trop formelle, d’une composition sophistiquée ou d’un raisonnement esthétique. Il rapporte sur la toile les événements qui l'entourent et le sentiment qu'il en a. Permeke s'intéresse aux forces élémentaires de la nature : les nuages d'orage qui se rassemblent, les arbres rugissants, le soleil brûlant qui chauffe la terre. L’homme ordinaire y est soumis et doit s'adapter aux circonstances.
« La moisson » est un tableau bondé, ce qui est plutôt rare chez Permeke. Pourtant, les nombreux personnages ne réclament guère l'attention. Du même coloris, du même modelé brut, elles s’unifient avec la terre, le blé et l’effort. La femme sur l’avant-plan est composée de quelques traits grossiers, peints en un seul mouvement avec la récolte autour d’elle. Les arracheurs à côté ne sont que des contours. Les silhouettes plus loin sont constitués de lignes rugueuses. La terre domine l'homme. Son pouvoir imposant est indéniable et la robustesse avec laquelle Permeke dépeint cela crée un tableau monumental.
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