Lot no. 59
Corneille VAN CLÈVE (1645-1732) Léda et le cygne. Bronze, patine noire. France, fin du XVIIème siècle. Haut. : 63 cm. Dimensions annexes : Long. : 22,5 cm - Prof. : 21 cm. Corneille Van Clève est issu d'une famille d'orfèvres flamands. Ses années de formation demeurent peu connues jusqu'en 1671 où il arrive à Rome. Il y étudie l'œuvre du Bernin, séjourne ensuite à Venise et regagne Paris à l'automne 1678. Une très brillante carrière, au service du Roi, s'ouvre dès lors à lui ; elle ne s'achèvera qu'en 1720. Son talent s'exprime aussi bien dans le marbre, le bois et le stuc que dans le bronze, qu'il fondait et ciselait pour les collectionneurs, à l'instar de cette Léda et le cygne. Peu d'éléments nous sont parvenus sur ce groupe, mais on peut toutefois affirmer que le modèle est antérieur à 1699. En effet, le seul autre exemplaire connu figure sur la liste d'achats de 1699 de Raymond Leplat pour le Prince-Electeur de Saxe Frédéric-Auguste Ier (1670-1733), roi de Pologne sous le nom de Auguste II, dit Le Fort ; il est conservé dans les collections de Dresde (Skulpturensammlung, Kunstsammlungen Dresden). Léda est représentée debout, dans un bel équilibre, légèrement penchée en avant, dans une attitude d'une sensualité contenue. Elle incline la tête et regarde le cygne, dans lequel Jupiter s'est transformé pour la séduire. Elle tient dans sa main droite le cou du volatile comme pour le retenir. Toutes plumes dehors, il s'enroule autour de ses hanches. Le mouvement en spirale imprimé par l'oiseau est prolongé par un drapé presque froissé qui, tout en légèreté, vient souligner le haut du corps dénudé de Léda. La composition, d'un baroque maîtrisé, imprégnée du “ grand siècle ”, est d'une rare élégance. La belle technique dans la sculpture du modèle en cire est inscrite dans le bronze, très perceptiblement rendue par une fonte exemplaire, ample et précise, très peu, voire pas reprise à froid. Notre bronze est fondu d'un jet, solidairement d'une base presque carrée, par la méthode de la cire perdue. La fonte est exemplaire. On note simplement de très petits manques de métal, caractéristiques des fontes les plus anciennes. Le travail de sculpture dans la cire, avant la coulée du métal, a été particulièrement soigné, notamment pour la coiffure et le plumage du cygne. La finition de la statuette laisse apparaître la profondeur de la patine, obtenue par des applications successives. La couche la plus superficielle a l'apparence d'une “ laque ” noire, partiellement usée, dont les transparences dévoilent de subtiles nuances rouges. Références complémentaires : Von allen Seiten Schön, Bronzen der Renaissance und des Barocks, Edts Braus, Berlin, 1995, p. 584. French sculptors of the 17th and 18th centuries, vol. III et IV, François Souchal, Cassirer, Oxford, 1981. “ Die Bronzen Augusts des Starken in Dresden ”, Walter Holzhausen, Jahrbuch der preussischen Kunstsammlungen, vol. 60, 1939, pp. 157-186. L'identification du sujet et son attribution à Corneille Van Clève est proposée par l'auteur grâce à une gravure de Louis Desplaces le représentant et portant le titre “ Léda fait par Cornelis van Clève ”.
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Classic furniture
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Catalog
12/20/2006
Offered by Piasa
33 (0)1 53 34 10 10