Lot no. 9
DEIBLER (Anatole). Ensemble de 14 carnets
- «... s'adressant aux exécuteurs : Bonjour messieurs, faites votre devoir !» (Emile David, exécuté à Saint-Nazaire, 21 mars 1892). - «Au moment de son exécution, il se refusa à marcher, il fallut le porter» (Joseph Vacher, exécuté à Bourg, 31 décembre 1898). - «Au cimetière, un professeur de la Faculté de Lille lui enlève la glande thyro•de, pour la greffée sur une jeune fillette atteinte de paralysie, l'opération réussie parfaitement, l'enfant est sauvée» (Henri Olivier, dit «le Tigre», exécuté à Lille, 24 mars 1925). - «Au moment de l'exécution, Couliou s'écria d'une voix forte : «Vive l'anarchie ! Mort aux vaches !»« (Yves Couliou, exécuté à Aix, 31 octobre 1925). - «Arrivé devant la guillotine, il se raidit et, à très haute voix, dit : «Peuple dunkerquois, je suis innocent»« (Félix Bergeron, exécuté à Dunkerque, 25 juillet 1930). - «Après avoir fumé un cigare, plusieurs cigarettes, et absorbé 2 verres de cognac, il se laissa entraver docilement, et marcha d'un pas ferme vers la guillotine. Au moment de basculer il cria d'une voix forte : «Au revoir les amis ! Mort aux vaches !»« (René Roos, exécuté à Beauvais, 28 août 1930). - «... mais lorsque les deux aides le poussèrent sur la planche bascule, il se plia en deux en se jetant à gauche de la planche fatale, et se débattit pendant 2 à 3 secondes en criant : «Non ! Non ! Non ! Pas ça !» La chute du couperet lui coupa la parole» (Pasquale Passera, exécuté à Saint-Mihiel, 24 octobre 1931). - «Il marcha d'un pas ferme vers l'échafaud. Aussitôt après la chute du couperet, la foule qui assistait de loin à l'exécution se mit à applaudir. L'avocat de l'assassin qui se trouvait devant la porte de la prison leur cria : «C'est indécent d'applaudir ainsi !»« (Emile Delano‘, exécuté à Coutances, 17 juin 1933) ; etc.
Ravachol.
Anatole Deibler a oeuvré comme assistant puis comme exécuteur en chef durant la période des grands procès touchant les radicaux et anarchistes : il a ainsi tranché ou aidé à trancher la tête à Auguste Vaillant (exécuté n°57, 1894), Emile Henry (n°62, 1894), Jeronimo Santo Caserio (assassin du président Carnot, n°24, 1894), Mécislas Charrier (n°255, 1922), Paul Gorguloff (assassin du président Doumer, n°16, 1932), etc., sans oublier le célèbre Ravachol (n°39, Montbrison, 11 juillet 1892) : «Montbrison. Cour d'Assises de la Loire. Audience du 23 juin 1892. Le nommé Koenigstein François Claudius ; dit Ravachol, né à St-Chamond le 14 octobre 1859 ; est condamné pour : 1¡ Incendie et pillage dans la maison de campagne des époux Loy, à la Côte, près de St-Etienne, commis dans la nuit du 28 mars 1891. 2¡ Violation de sépulture de la baronne de La Rochetaillée, dans le cimetière de St-Jean-de-Bonnefonds, commune de Terrenoire, commise en vue de voler les bijoux pouvant se trouver sur le cadavre de la morte. Violation commise dans la nuit du 14 au 15 mai 1891. 3¡ Vol et assassinat de l'ermite de Chambles, Jacques Brunel, vieillard de 92 ans qui vivait solitaire au milieu des montagnes, et qui passait pour avoir un pécule assez rond. Crime commis au hameau de Notre-Dame-de-Grâce, territoire de la commune de Chambles dans l'après-midi du 18 juin 1891. 4¡ Double assassinat de la dame Marcon, âgée de 76 ans, et sa fille Marie âgée de 49 ans, quincaillières rue de Roanne 13 à St-Etienne, double crime commis le 27 juillet 1891. 5¡ Auteur présumé d'un double assassinat sur la veuve Faure agée de 68 ans. Double crime commis à La Varizelle près de St-Chamond le 29 mars 1886.
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