Lot no. 9
DEIBLER (Anatole). Ensemble de 14 carnets Violette NoziĂšre. Anatole Deibler semble avoir regrettĂ© de voir lui Ă©chapper Violette NoziĂšre, cette «jeune vicieuse» condamnĂ©e Ă  mort pour parricide puis grĂąciĂ©e : «Paris. Cour d'assises de la Seine. Audience du 12 octobre 1934... Elle met le contenu de 20 cachets dans le verre Ă  son pĂšre, 10 cachets dans le verre Ă  sa mĂšre. Les malheureux parents boivent le poison... La criminelle assis sur le lit de ses parents attend patiemment. A minuit elle fouille sa mĂšre inanimĂ©e, et, sous la jupe, dans une poche cousue Ă  la ceinture, elle prend le billet de 1000 f qu'elle y savait cacher ; dans l'armoire elle va chercher 2000 f, et elle s'en va... AprĂšs 36 heures d'absence, elle rentre au domicile de ses parents, rue de Madagascar. Elle ouvre le robinet Ă  gaz, attend que l'air soit irrespirable et court appeler le voisin M. Mayeul... Pendant 7 jours l'abominable jeune fille fait une noce Ă  tout casser ; elle raccroche des jeunes gens au Champ-de-Mars ; l'un d'eux avise la police. On l'arrĂȘte, le commissaire de police fait une enquĂȘte. La malheureuse mĂšre rĂ©chappe Ă  la mort, seul le pĂšre succombe... Au prononcĂ© du jugement la condamnant Ă  mort, au moment oĂč les gardes l'emmĂšnent, elle se dĂ©bat rageusement : «Laissez-moi ! Laissez-moi ! C'est honteux ! J'ai dit la vĂ©ritĂ© ! On l'emporte ; elle gesticule, elle griffe, elle mord, elle hurle. «Vous n'ĂȘtes pas pitoyable ; c'est honteux ! Je maudis mon pĂšre ! Je maudis ma mĂšre !» Le dĂ©fenseur de la misĂ©rable rĂ©ussit, au comble d'imbĂ©cilitĂ©, Ă  faire signer Ă  10 jurĂ©s un recours en grĂące» (carnet de «Condamnations annĂ©es 1934 Ă  1939»). La jeune femme inspira un hommage collectif au groupe surrĂ©aliste (publiĂ© Ă  Bruxelles en 1933) et un film Ă  Claude Chabrol (en 1978). AndrĂ© Spada. «Le nommĂ© Spada AndrĂ©, ĂągĂ© de 37 ans... l'un des plus fameux bandits de la Corse est condamnĂ© par la Cour d'assises de la Corse (Ă  Bastia), le 5 mars 1935, pour avoir commis de nombreux crimes, sur des gendarmes et civils, ainsi que de nombreux vols... Enfin, le gouvernement se dĂ©cida Ă  donner la chasse aux bandits. C'est l'envoi de tanks, de mitrailleuses. Les rois du maquis traquĂ©s se cachent. Tour Ă  tour ils sont tuĂ©s ou pris. Longtemps, le bandit Spada Ă©chappe aux poursuites. Mais, dĂ©sormais, il est seul, sans abri, sans amis. Sa famille elle-mĂȘme Ă©vite de le rencontrer pour Ă©chapper aux persĂ©cutions... Cette vie de bĂȘte traquĂ©e influe sur son esprit. Un jour, il apparaĂźt Ă  Coggia oĂč vivent ses parents. Les habitants, Ă©pouvantĂ©s, le voient se promener en chemise, la tĂȘte couronnĂ©e de fleurs, un crucifix Ă  la main. Il se proclame le bras de Dieu. Son pĂšre et sa mĂšre nĂ©gocient sa reddition. Le matin du 28 mai 1933, une expĂ©dition de police prenait livraison, au domicile de la famille Spada, d'un pauvre hĂšre, craintif, hagard, l'oeil terne. C'Ă©tait le fameux Spada, prostrĂ© et simulant la folie... Mais il fut reconnu pour un simulateur par 3 savants spĂ©cialistes de Marseille Il n'en continua pas moins Ă  simuler la folie, voulant marcher pieds nus, et s'entretenir avec Dieu. Le matin du jour de son exĂ©cution, Ă  son rĂ©veil, il ne trahit la moindre Ă©motion. Il s'assit sur son lit et tranquillement, aux paroles d'encouragement qui lui Ă©taient adressĂ©es par ses avocats, il rĂ©pondit : «Soyez sans crainte. Du courage, j'en aurai». Il ne voulut pas conserver ses vĂȘtements de prisonnier et il manifesta le dĂ©sir d'endosser le complet neuf qu'il portait lors de sa comparution... Puis, comme Ă  l'ordinaire, il fit sa toilette... et dit aux personnes prĂ©sentes :» Voir suite de la fiche descriptive lot suivant
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02/05/2003
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