Lot no. 56
Ensor James 1860-1949 Belgique Gilles et Sauvage (1891) Huile et crayon sur panneau Sig. "Ensor" et sig. au dos avec titre "Gilles et Sauvage / H12 L16 / James Ensor / 27 rue de Flandre ostende" 12 x 16 cm Au dos tampon de cire de la Galerie Georges Giroux et étiquettes d'expositions "Hommage à Ensor" Gal. Georges Giroux, Bruxelles 1945, no. 67 "Kunst van Heden" Salle des Fêtes, Anvers 1950, no. 80 "Rétrospective James Ensor" MRBA, Anvers 1951, no. 111 (là daté 1893) "Ensor" MRBA, Bruxelles 1999-2000, no. 103 reprod. "James Ensor. Leven en werk. Oeuvrecatalogus van de schilderijen" Xavier Tricot, Fonds Mercator, Bruxelles 2009, no. 338 reprod. "Gilles en Sauvage, een raadselachtig schilderij uit 1891" Xavier Tricot, publication web sur www.vlaamsekunstcollectie.be coll. G. Beun, Bruxelles Gal. Georges Giroux, Bruxelles 29.11.1952, no. 66 GILLES ET SAUVAGE, 1891 Quelle que soit l’étendue et la variété de l’œuvre d’Ensor, historiens et critiques d’art s'accordent pour dire que l’artiste ostendais a connu son apogée créatif entre 1885 et 1895. Les années 1880 sont une période charnière pour le jeune Ensor lorsqu'il abandonne l’académisme et explore l'opulence de son propre fantasme dans un style jamais vu, totalement original et controversé. Voilà les masques, grotesques, squelettes, personnages carnavalesques et historiques. Le renouveau pictural se révèle dans la palette claire, les couleurs contrastées et la fascination pour la lumière. Un deuxième tournant a lieu vers 1895, quand l'originalité de l'artiste semble quelque peu érodée. Il répète et copie des sujets, des compositions et des personnages. C’est à partir de ce moment-là qu’Ensor devient un artiste de renommée internationale suscitant un intérêt croissant. En plein milieu de cette période d'originalité débridée, il réalise « Gilles et Sauvage » (1891) à l'huile sur panneau. C’est un véritable joyau grâce aux couleurs vives et dansantes, aux coups de pinceau quasi arbitraires, et à l’utilisation magistrale de la lumière. La peinture encore humide, Ensor cisèle avec son crayon des têtes bruegéliennes. Les quatre personnages s'animent trait par trait, le dialogue souligné par leurs gestes. Le génie d'Ensor n'a pas besoin d'une grande surface. À cette époque l’artiste conçoit des diverses œuvres iconiques de taille limitée, qui montrent son goût pour des sujets historiques, légendaires et fantastiques tels que « Portrait d'Emile Verhaeren » (Bibliothèque royale, Bruxelles), « L'homme de douleur » (MRBA, Anvers), « Squelettes se disputant un hareng saur » (MRBA, Bruxelles) et « L’Autodafé » (ou « Philippe II aux enfers ») (collection privée). On pourrait même remarquer que l’aura mystérieuse de ces œuvres est renforcée par leur taille modeste. Une grande question se pose : qui sont Gilles et Sauvage ? Xavier Tricot, auteur du catalogue raisonné, nous propose trois hypothèses. Est-ce qu’il s’agit des chroniqueurs français Nicole Gilles (142? -1503) et Denis Sauvage (1520? -1587) ? Ou peut-être le tableau représente-t-il Pieter Gillis (1486-1553), humaniste anversois et ami d'Erasmus et Thomas More, et Jean Le Sauvage, ami de Quinten Matsijs qui a joué un rôle mineur dans « Utopia » de Thomas More. Troisièmement, Tricot se demande s’ils réfèrent aux personnages folkloriques du théâtre médiéval, tels que Valentin et Ourson (« l'homme sauvage »), qui font l'objet d'un dessin de Pieter Bruegel l’Ancien, ce dernier étant la source d’inspiration de plusieurs tableaux d'Ensor. « Gilles et Sauvage » sera toujours un mystère. S'agit-il de personnages réels, de personnages folkloriques, de personnifications psychologiques ou sociales? Qui sont les deux autres ? Le monde fantastique d’Ensor était inépuisable, tant que ses sources littéraires, scientifiques et historiques. Son nature hermétique déprive le spectateur d’un sens clair. En revanche, il nous offre le plaisir de déchiffrer l'énigme.
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Old paintings
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Catalog
03/07/2020
Offered by De Vuyst
32 9 348 54 40